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A nos amours et à nos haines: buvons.

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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Silja L. Reysdóttir
CHOUETTE POULPIENNE
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MessageSujet: A nos amours et à nos haines: buvons. Sam 5 Mai - 23:04



DON'T YOU KNOW ? THERE AIN'T NO EVIL;

IT'S JUST GOD WHEN HE IS DRUNK.
Un œil. Puis le second. La légère lumière opaline, traversant timidement les persiennes poussiéreuses, avait eu raison de son sommeil profond. Son rêve venait d’éclater dans son esprit, à l’image des bulles du dernier whisky-soda qui lui avait servi de somnifère. Dans quelques secondes, les bribes d’images créées par son admirable subconscient, se retrouveraient happées par les ténèbres de l’oubli. Et, à l’instar de la soirée d’hier, elle ne se souviendrait de rien. Et c’était peut-être mieux ainsi. Silja s’étira doucement entre ses draps rêches, tel un chat paresseux. Ses muscles étaient ankylosés et sa bouche terriblement pâteuse. Mais la douleur la plus insupportable, restait celle qui tambourinait contre les parois de sa boîte crânienne. En essayant de se relever, elle eut soudainement la terrible impression que sa tête était devenue le lieu de rassemblement d’un festival de métal underground suédois. Embêtant : elle n’était pas vraiment mélomane. Tout de suite après s’être extirpée de son lit, tant bien que mal, la jeune femme tituba jusqu'à la seule petite commode qui trônait dans sa chambre. Même si le terme le plus exact et le mieux approprié pour ce genre d'endroit aurait sans doute été « cage à lapin ». Les yeux mi-clos, elle regardait les murs décrépis qui semblaient se mouvoir tout autour d'elle, comme dans un manège pour enfants. Et un tour gratuit sur le carrousel des alcooliques occasionnels, un ! Si sa vision aimait le calme des petits chevaux de bois, son cœur, lui, avait choisi de jouer aux montagnes russes. C’en était trop. Elle se jura alors, une fois de plus, qu’on ne l’y reprendrait plus. Promis, demain j’arrête de boire.

Ses yeux d’un bleu glacial et vitreux croisèrent leur propre reflet dans le petit bout de verre fêlé, suspendu à un crochet rouillé, qu'on osait encore appeler miroir. Fixant son image décomposée par la cassure de la glace, la petite blonde posa ses mains sur ses joues d'une blancheur cadavérique, déformant son visage en grimaces grotesques. Elle pointa ensuite un doigt accusateur vers son propre portrait en fronçant les sourcils et s’imagina un bonhomme sortit d’on ne sait où, s’adressant à elle sur un ton paternaliste. Silja, vilaine fille, qu'est-ce que tu as encore fait comme bêtises hier, tu peux me le dire, hein ? Elle recula d'un pas, baissa l'index qu'elle pointait sur elle-même avec un sourire niais dessiné sur sa bouche. Je sais plus, mais c’était sans doute très cool. Claque mentale. Le rictus de satisfaction disparu complètement. Elle secoua vivement la tête en soupirant. Pathétique. Silja fit un pas en avant et posa violemment ses mains à plat sur la commode en face d'elle. Il fallait être honnête : l’alcool à très haute dose, ça ne lui réussissait pas vraiment. Et a en voir ses yeux gonflés, ses cernes d'insomniaque et ce teint terriblement terne et pâle : même pas du tout. Elle passa alors la main dans sa longue crinière blonde et au bout d’une minute d’acharnement, elle abandonna l’idée de se coiffer. Promis, demain j’arrête de boire.

Se recoucher ou dormir debout : telle est la question. Elle n’avait pas réfléchit longtemps à la réponse en se roulant à nouveau dans sa couette. Home sweet home. Confortablement emmitouflée dans son petit abri, Silja rampa jusqu’à son oreiller et y posa délicatement sa tête avec un soupir de soulagement. Et pile au moment où elle ferma les yeux, un petit sourire s’étira sur ses lèvres. Rien de mieux qu’une journée paresseuse après une nuit bien remplie : elle en était persuadée. Les relents désagréables d’alcool s mis à part, cette seconde nuit de sommeil réparateur s’annonçait plutôt tranquille. Son corps entièrement détendue, elle se sentie partir dans les bras de Morphée. La chaleur du tissu contre sa peau ne fit qu’accentuer la sensation de bien-être. Elle allait s’endormir. Mais c’est bien connu : la dure réalité aime s’abattre sur les dormeurs oisifs. Comme une fatalité, on vint sonner à sa porte.
    ▬« NON MAIS C’EST PAS VRAI! »
Un cri du cœur était sorti du plus profond de ses entrailles. Mais très vite, elle s’aperçue de sa bévue et plaqua immédiatement sa main contre sa bouche pour étouffer son râle. Et si c’était encore cette vieille mégère qui venait lui réclamer son loyer comme tous les mois ? La blondinette sortit sa petite tête ébouriffée du dessous de sa couverture et fixa avec terreur le bout de porte d’entrée qu’elle apercevait depuis son lit. Pourquoi venait-on toujours lui réclamer de l’argent quand elle venait de tout dépenser au bar du coin ? Question de karma. De mauvais karma. De très mauvais karma, même. Promis, demain j’arrête de boire.

En tournant la poignée de la porte, Silja avait retenu sa respiration en tentant de se remémorer la tonnes d’excuses absurdes qu’elle avait déjà servie à sa bailleuse pour ne pas payer son loyer. Je n’ai qu’à dire que mon furet a mangé mon argent ? Non j’ai déjà dit ça y a deux mois. Petit à petit, la porte s’ouvrit laissant apparaitre l’éblouissante lumière du jour. Plissant les yeux, elle ne distingua tout d’abord qu’une ombre en contrejour. Puis au bout de quelques secondes sa vue se fit moins floue et des traits nouveaux lui apparurent. Elle se sentit rassérénée. Mais très vite le soulagement laissa place à une suspicion grandissante. Si elle passe sur le palier et me voit, je suis foutue ! Dans un ultime geste désespéré, Silja agrippa la jeune femme en face d’elle et la fit rentrer de force dans son appartement sombre et exigu et referma la porte avec hâte. Le petit bout de femme se retourna alors vers l’inconnue en plaquant son index sur ses propres lèvres :
    ▬« Chuuuuuut… »
Silencieuse, elle colla son oreille contre l’entrée et écouta attentivement. Pas de trace de la vielle, tant mieux ! La blonde s’adossa alors à la porte en soupirant longuement puis leva les yeux vers celle qu’elle avait invité chez elle sans trop le vouloir.
    ▬« Bon c’est pour quoi ? Je te préviens je donne pas aux associations parce que j’ai pas de pognon. Je souscris pas aux assurances vie parce que j’ai pas de pognon. Et je crois pas en Dieu parce que j’ai pas assez de pognon pour ça. »
Il fallait au moins voir le bon côté des choses : elle n’aurait pas à discuter pendant des heures avec son horrible proprio. Tiens et si pour fêter ça j’allais au bar, ce soir ?








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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Lill Saether
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MessageSujet: Re: A nos amours et à nos haines: buvons. Dim 6 Mai - 16:28

J’ai apporté des morceaux de lettres reliées par des empreintes de sang. Je n’en ai pas encore trouvé la pièce centrale.

Elle regarde autour d’elle, perplexe. Elle se revoit encore recevoir les lettres. Un paquet important, le condensé de tout ce qu’on a pu se dire, de tout ce qu’on a pu vivre. Les lignes s’entremêlent sous ses pas, sa silhouette élancée tangue dans la rue, comme en perdition au milieu d’une tempête. Les lieux se ressemblent, se suivent et elle voit les numéros défiler, à toute allure. Elle se sent lasse, messagère de malheur. Les visages qui viennent l’accueillir veulent se donner des airs avenants, se perdre dans la confusion de ce que les inconnus ont envie d’appeler satisfaction. Elle voit les grimaces à jamais figées, sur les poupées de cires, le marbre plissé. C’est ridicule, c’en est obscène et elle leur offre son plus beau sourire, leur remet une lettre soigneusement cachée et se va comme elle est venue.

Voleuse. De rires, de bonheurs égarés auxquels elle met fin d’une nouvelle vite expédiée, d’une missive vite consommée. Elle est la messagère de malheur et le chœur de ses martyrs dépravés n’aura de cesse d’entonner à ses oreilles ses accusations outrancières.

« Vous pouvez m’indiquer le num… »

La passante s’éloigne, comme si elle avait la peste et Lill regarde autour d’elle, consternée. L’endroit n’a pas le charme, le calme et l’espace grandiose des niveaux supérieurs. Tout semble couvert de poussière, éraflé par les ans, terni par le malheur. Tout lui rappelle l’endroit où Abel vit et elle parcourt les lieux la tête haute, le regard un acéré. Le cœur décomposé. La méfiance la frappe en plein cœur et elle retient un rire mauvais. Il n’y a jamais personne pour vraiment lui indiquer où aller, peu importe où, peu importe comment. Elle tient entre ses doigts froids la dernière lettre de la journée. C’est surement pour une demoiselle, elle voit le nom féminin. La lettre est soignée, un léger parfum y flotte. Elle est certaine qu’elle a été écrite avec affection.

Avec amour. Elle n’a pas vu son envoyeur mais elle devine des soupirs avortés, des regards brisés. Des échanges qui ne se sont soldés que par une indifférence que l’on essaie de combler. Et elle tint entre ses mains l’accomplissement des sentiments qui ne cherchent qu’à jaillir.

Ce serait touchant. Si seulement elle pouvait trouver cette adresse. Elle lève encore les yeux, chercher des yeux le numéro 27 sans pouvoir le distinguer. Tous les nombres sont présents, sauf celui-là.

Et enfin…

Son regard s’illumine. Dans une sorte de ruelle adjacente, elle distingue une vielle bâtisse où un deux précède un chiffre à moitié effacé. Plus de doute possible ! Elle s’avance pleine d’entrain, tambourine sur la porte.

Un cri qu’elle n’arrive pas à vraiment saisir lui répond et elle hésite à se manifester une nouvelle fois. Son regard est plein de désespoir quand elle fixe la missive et elle se maudit d’avoir écopé de cette tâche. Normalement, Haydrian est le malchanceux. Normalement, cela devrait lui revenir. Et pleine d’une mauvaise humeur toute neuve, créée spécialement pour l’occasion, elle se prépare à retenter sa chance, plus dynamiquement cette fois.

Ah si seulement…

Avant qu’elle n’ait pu faire un geste ou articuler un mot, elle est sortie de force du couloir miteux pour entrer dans une pièce qui n’a pas bien meilleure allure. Son regard halluciné s’attarde à peine à l’état décrépi des murs et du reste, habitué à parcourir de tels décors. Il est vite captivé par la petite blonde qui lui intime le silence et elle esquisse une légère grimace en entendant sa déclaration. Elle résiste à l’envie de se regarder pour vérifier si elle n’aurait pas l’air, par le plus grand des hasards, d’être venue mendier quoi que ce soit.

Se ressaisir, vite. Et s’empêcher de secouer la gamine pour lui dire de ne pas l’insulter.

« Je ne suis pas là pour ça, mademoiselle. »

Elle lui offre son plus beau sourire et sort de sous sa veste l’unique lettre restante. Don contenu parait évident, vraiment. Elle s’amuse en imaginant le visage émerveillé de la jeune femme en découvrant son contenu. Même si… hmm elle a l’air un peu jeune. Son regard parcourt la petite silhouette d’un air pensif. Elle n’a pas très envie de savoir, en fait. L’inconnue n’a pas l’air d’être à prendre avec des pincettes. Elle lui tend sagement la lettre, plutôt.

« Voilà pour toi. Jolie comme tu es, tu devrais avoir beaucoup de prétendants ! C’est peut-être même ton amoureux, non ? »

Trop tard. Elle n’a pas été capable de faire taire sa curiosité. Les histoires d’amour des adolescents, elle adore les suivants et a l’impression de redécouvrir ce qu’elle-même aurait pu vivre.

Au lieu de cela, il y a eu les étreintes pour oublier, l’obscurité dans sa chambre d’enfant, les soupirs pour cacher ses larmes et son envie de se noyer.

Elle ne bouge pas. De toute manière, si elle ouvrait la porte pour partir, la blondinette se jetterait surement sur elle pour l’arrêter. Et puis, elle a une de ces poignes…
Elle vient de mettre le pied dans l’engrenage.
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MessageSujet: Re: A nos amours et à nos haines: buvons. Ven 18 Mai - 18:22



LIFE WOULD NEVER BE WORTH LIVING;

IF WE WERE FORCED TO LIVE ON NOTHING BUT FOOD AND WATER;
Au moment où ses doigts rentrèrent en contact avec le papier rêche de l’enveloppe, Silja ressentit comme un frisson d’excitation parcourir son échine. Une lettre. Pour beaucoup, cela relevait de la banalité la plus parfaite. Mais pour elle c’était un événement extraordinaire. Et la raison en était bien simple : elle ne recevait jamais de courrier. Sans doute car personne n’était là pour lui écrire. Pour la première fois depuis longtemps : quelqu’un avait pensé à elle. Trop pressée de découvrir l’identité du mystérieux expéditeur, la locataire des lieux arracha le pli des mains de la jeune livreuse et s’empressa de le décacheter avec le plus grand soin.
    ▬ « Fallait le dire plutôt ! »
Elle ne prit pas la peine de s’excuser ni même de lever les yeux pour la remercier. L’ingratitude de la jeune femme pouvait paraitre rustre mais en réalité, intérieurement, elle était comme une enfant le jour de Noël. Terriblement impatiente. Affreusement heureuse. Et malgré tous ses efforts pour cacher son agitation, ses gestes restaient mal assurés et hésitants. Elle ne pouvait rien n’y faire : les derniers mots de l’inconnue résonnaient encore dans sa tête. Alors, doucement, le petit bout de femme si solide d’habitude, se mit à trembloter timidement, tel un fragile petit animal venant de voir le jour. Ma première lettre d’amour. Regard ému sur les quelques premiers mots de cette déclaration inattendue. Elle en aurait presque pleuré.

Tandis que ses yeux avides d’en découvrir plus glissaient sur les mots, sa lèvre inférieure n’avait cessé de connaitre mille et un sursauts d’émotion. À celle que j’ai toujours admirée en silence. Un timide sourire avait fait son apparition et continuait de s’élargir sur son visage enfantin à mesure que la lecture avançait. Autour d’elle le silence. Plus rien ne pourrait perturber ce moment si intense. La cité pouvait bien s’écrouler d’une minute à l’autre, elle n’en n’aurait que faire. Elle ne le remarquerait peut-être même pas. Pas la peine de préciser alors que la livreuse de bonnes nouvelles était devenue transparente pour Silja. Rien ne pourrait perturber son bonheur. Elle en était persuadée.

Le point culminant de la lettre allait arriver. Elle le sentait. Son instinct de jeune fille en fleur romantique avait refait surface. Ces trois petits mots tant attendus allaient enfin faire leur apparition. Crispée, ses doigts se refermèrent un peu plus sur le délicat papier fleuri. Elle était prête. Alicia, je t’aime. Relevant alors la tête avec une expression d’extrême béatitude gravée sur le visage, SIlja laissa échapper un long soupir languissant. Rougissant un peu, elle ne put retenir quelques mots dont on ne saurait dire s’ils étaient vraiment adressés à la postière.
    ▬ « Il a dit ‘’Alicia, je t’aime’’ tu te rends compte ? »
Il eut un temps. Un temps où le silence régna en maître sur l’étroit couloir de l’entrée. Un temps qui fut briser rapidement par une exclamation à mi-chemin entre la colère et l’incompréhension.
    ▬ « MAIS QUI C’EST ALICIA ? »
Stupide réflexe humain mais finalement compréhensible dans ce genre de situation: elle relut plusieurs fois la phrase en espérant la voir se transformer d’elle-même. Malheureusement, l’encre bleue s’était désespérément fixée au papier et ne semblait pas vouloir changer de sitôt. Décontenancée, Silja retourna l’enveloppe et se mit à lire à voix haute l'adresse de destination :
    ▬ « Mademoiselle Alicia Von Staffen, 27 rue des ….mais bordel, ça ressemble vraiment à une rue ce trou paumé ? »
Un petit rire nerveux s’échappa d’entre ses lèvres avant de s’arrêter net comme stoppé par un mur en béton invisible.
    ▬ « Bien sûr que non et tu sais pourquoi ? PARCE C’EST UNE PUTAIN D’IMPASSE ! UNE IMPASSE ! »
Elle ne s’était pas retenue. Loin de là. Peu importait désormais si la vieille propriétaire aigrie se pointait d’une minute à l’autre pour lui réclamer le loyer. Peu importait si les voisins, alertés par tout ce bruit, appelaient la police. Peu importait si l’appartement était condamné à devenir un véritable champ de bataille puis un champ de ruines. L’heure de la volte-face glaciale avait sonné entre les deux femmes. Malgré sa petite taille, Silja ne se dégonflait jamais. Fixant l’inconnue, droit dans les yeux, elle se mit à déchirer rageusement la lettre en plusieurs morceaux. Tant pis pour cette Alicia et pour son stupide amoureux à la con.
    ▬ « J’espère que tu as une bonne raison de t’être plantée…ou sinon ça va être ta fête. »
Debout devant la sortie, le visage déformé par la honte et la fureur, elle ressemblait à une reproduction miniature du fameux chien des Enfers.






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Lill Saether
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MessageSujet: Re: A nos amours et à nos haines: buvons. Lun 23 Juil - 15:35

Deux faces sur un même visage. Dans les masques désuets et grimaçants, elle n’arrive pas à saisir la réalité.

Un mouvement de recul. Elle ne peut que fixer la blondinette en se repassant dans sa tête une exclamation des plus révélatrices sur sa situation.

Et merde.

Car oui, tout cela était bien joli. Voir la jeune fille s’exalter, sourire comme elle n’aurait jamais pensé qu’elle puisse le faire face à ce petit bout de papier, c’était amusant, touchant, en un sens. Mais cette fin trop abrupte la laissait perplexe et un brin effrayée. Car elle savait que même si la fameuse Alicia serait une victime indirecte (Elle espérait que le jeune homme qui lui avait envoyé la lettre en referait une. Qui serait prise en charge par un autre. Par pitié.), elle-même risquait très rapidement de devenir de la chair à pâté et elle n’avait aucune envie de se mesurer à ce spécimen minuscule, certes, mais qui semblait plein de hargne.

Bien joué, Lill. Encore une fois tu montres ton étonnante capacité à mettre les pieds dans le plat. Bien sur, ça donne un peu de piquant à la vie mais c’est franchement ennuyeux quand tu as face à toi une jeune fille déçue. Y a pas à dire, tu as une fois de plus fait preuve de génie et tu dois ramasser les pots cassés. Quitte à t’en écorcher toi-même les doigts.

« Je me suis trompée… »

Joli début. Elle regrette ses mots à peine prononcés, consciente qu’ils ne feront que l’enfoncer davantage. D’ailleurs, elle a un mouvement de recul en voyant l’aura de fureur autour de la fille…. du démon s’intensifier. Merde, merde, merde. Qu’est-ce qu’elle a encore fait ?

Tu te dis vaguement, Lill, que tu pourrais effacer sa mémoire. Un simple petit geste, tout serait oublié et t’excuserais platement, sur le pas de la porte, en disant que tu as frappé par mégarde. Mais tu ne peux pas te permettre de gaspiller ainsi tes propres souvenirs pour une bévue pareille et tu sens que tu vas devoir te débrouiller seule pour que les sourcils blonds cessent de se froncer, pour que sa bouche cesse de se crisper et que, par les fondateurs !, elle n’ait plus envie de te tuer.

« Je suis désolée, vraiment. L’adresse route n’était pas trouvable autre part, la rue s’arrêtait avant le numéro et il n’y avait plus qu’ici que… »

Hrm. Sa voix retombe, dans un marmonnement indistinct et elle entortille une mèche blonde autour de son doigt, avant de baisser la tête vers son interlocutrice. Un peu curieuse. Elle a l’impression d’être spectatrice, hors de son corps. Elle voit Lill qui se dépatouille misérablement et la petite blonde qui tremble de fureur et elle a envie de rire, parce que c’est grotesque. Et cette Lill qu’elle observe, un brin amusée, donne le coup de grâce.

« C’est joli chez toi. »

Mais tuez-la…

Fin des dégâts. Il est temps d’arrêter le massacre et de revenir sur le droit chemin, Lill. Tu en as assez fait et le fou rire nerveux qui menace de te gagner ne doit absolument pas éclater. Ça t’en couterait, vraiment et tu n’as aucune envie d’abîmer ton visage, même si ce serait avec d’adorables petits poings.

« Bon, mademoiselle euh…. Je ne sais pas votre nom. Bref ! Il ne faut pas m’en vouloir, dites-vous que c’est la faute de cette organisation ridicule des rues qui fait que les braves postiers se perdent ! Rendez-vous compte, pour trouver une adresse, il faut passer par une centaine de chemins différents, chercher des numéros dans le désordre ! Heureusement que je connais un peu Déméter sinon ç’aurait été l’enfer mais comme quoi, je ne connais pas tout puisque j’ai fait une erreur. »

Elle a un sourire d’excuses, absolument charmant mais légèrement hors propos. Elle n’est plus à ça près, de toute manière.

« Mais je suis prête à vous dédommager ! Je sais qu’il sera difficile de trouver un arrangement qui vous rendra … Bref, vous me comprenez mais je tiens vraiment à me racheter ! »

Elle évite tout jugement, toute once de pitié ou de compassion dans sa voix. Elle n’en éprouve aucune, de toute façon et elle-même n’aurait pas aimé en recevoir à ce moment précis.

Mais c’est ton plus gros problème, Lill. Tu penses aux autres comme s’ils étaient toi et tu es trop bavarde. Alors, tu laisses couler, tu fatigues, tu te pares de tes artifices et de tes conversation superficielles.

« Ce que vous voulez. » Elle esquisse une légère grimace. « Enfin, dans les moyens du possible ! »

Elle se penche un peu vers elle, le regard scrutateur.

« Venez. Allons d’abord boire un verre, si vous voulez, nous discuterons mieux autour de quelque chose de frais. Et si vous voulez me frapper, vous pourrez toujours le faire dans un bar, ça évitera d’abîmer votre chez-vous. »

Conclusion on ne peut plus pertinente. C’est sans ménagement qu’elle se met derrière la jeune fille, pose ses mains dans son dos et la pousse à avancer vers la sortie. En évitant précautionneusement les bouts de papiers.

Perdue pour perdue… Autant le faire jusqu’au bout.



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