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S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill

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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Andras Noriega
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MessageSujet: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Dim 6 Mai - 15:33



Tout est parti de ses mots, dits un peu trop precipitamment, un peu trop impatiemment.


Et la journée terminera aussi mal qu'elle avait commencé. Enfin, qui sait ?
    ▬ Monsieur, nous avons un problème.
Il t'a tiré de tes calculs, de ces chiffres trop nombreux qui dansaient devant tes yeux et tu as perdu la ligne que tu suivais attentivement. En réalité, tu ne l'as même pas écouté, même pas ignoré, puisque ton esprit se noyait au milieu du calcul de tes comptes. Ah, quelle plaie ! Toi, ce que tu voulais, c'était aller sur scène, mais ces satanés numéros te retenaient à ce bureau, comme s'ils n'en finiraient jamais de s'imprimer sur ces bouts de papier devenus trop blanc pour tes yeux irrités. La soirée d'hier s'était allongée, encore et encore, pour finalement s'arrêter aux alentours de sept heures -du matin, précisons-le au cas où. Tu n'avais presque pas dormi déjà le jour d'avant, mais tu t'étais dit que tu te rattrapera ce soir, que tu sortirai doucement vers vingt-deux heures pour te réfugier dans ton lit. Oh, et puis tant pis, tu fera la paperasse plus tard ! Ce ne fut que quand tu t'es retourné que tu remarqua ton employé, mais tu as filé droit vers une table pour enlever une nappe salie par un quelconque client d'il y a quelques heures. Un bruit de vaisselle, de porcelaine qui se fracasse contre le sol et se répercute dans ta tête, tel un écho, jusqu'à ce que tu comprenne que c'est toi qui l'a fait tombé, cette assiette. Il faut que tu fasses une pause, Andras. Tu soupire, t'assois, prend ta tête dans les mains, et pour peu, tu te serai endormi sur place. Aller, dis-toi que les premières heures sont les plus dures ! Tu as l'habitude, maintenant, non ? Et puis tu pense au passé. Cinq ans déjà que tu es à la tête de ce cabaret, cinq ans déjà que tu additionne nuits blanches et quelques heures de sommeil pour le bonheur de tes clients. Ou alors pour leur débauche totale, allez savoir. Tu soupire, mais tu te dis aussi que ce n'est pas pour rien -après tout, n'habites-tu pas à la porte d'Athéna ? Bien évidement, ton objectif reste plus grand, mais tu sais attendre. Tu te relève pour aller chercher de quoi nettoyer, la tête enfoncée dans tes pensées ponctuées de moments de vide, ne regardant pas autour de toi, jusqu'à ce que tu le percute. Relèves la tête, mets ton masque, et souris.
    Oh, Maxime. Désolé, désolé, désolé, j'ai eu un moment d'absence, apparemment ! Alors, comment vas-tu ? Tu as bien fait de prendre libre, hier soir, c'était vraiment fatiguant et je --
Et tu bailles. Et tu parles trop. Et puis, ça t'es égal. Tu n'attends pas de réponses, marche comme un zombie vers un objectif déjà oublié quand il t'apostrophe.
    ▬ Nous avons un gros problème. Alizia est malade. La grippe. Elle ne pourra pas danser ce soir.
Alizia. La star, leur préférée. C'était pour elle qu'ils venaient tous, pour elle qu'ils se pressaient au places toutes près de la scène, pour elle et pour ses si belles jambes qu'ils se déplaçaient.
Ah, oui, problème.
Tu relève les yeux vers lui, doucement, mais ta tête fourmille déjà d'idées pour remplacer le chaînon manquant. Seulement, on ne remplace pas Alizia.
    Une autre danseuse peut-elle prendre sa place ? Peut-on encore changer de programme ? Chant, sketch, cirque, ce que tu veux, mais n'y a-t-il pas quelqu'un ? Appelle donc --
Décidément, tu ne finis pas tes phrases, aujourd'hui, car le téléphone juste à côté de toi t’interrompt. Tu réagis vite, la difficulté t'as comme réveillé, tu prends ta voix de velours, celle qui donne toujours cette impression de douceur -celle aussi qui brosse les clients dans le sens du poil. Tu décroches, avance comme toujours le nom de ton cabaret, dit perpétuellement bonjour, de cet ton mélodieux qui laisse l'autre entendre le sourire sur ton visage. Tu t'attends à une réservation pour un dîner, juste devant la scène, pour voir la "Grande Alizia" et tu ne sais pas vraiment encore quoi répondre à ça, tu te contente d'attendre pour le moment. Mais ce n'est pas un client. Ce n'est pas un artiste, ce n'est pas celui qui t'approvisionne en nourriture, ce n'est rien de ce que tu t'imaginais, puisque c'est une voix angoissée qui t'as répondue. Et tu sais à qui elle appartient avant même d'avoir entendu trois mots. Lill. C'est la confusion, dans ton cerveau, tu ne fais rien puisque tu ne sais pas comment te placer. Ton employé t'observe, tu ne peux pas faire un faux pas alors tu gardera la voix réservée au client. Tu l'écoutes, tu sens l'urgence dans ces mots qu'elle essaye pourtant de dire le plus naturellement possible, mais tu sais déjà pourquoi elle t'appelle. Après tout, c'est ton boulot, non ? Et puis, ça fait un bout de temps que tu n'as pas enlevé tes gants. Elle te dit que c'est impératif, qu'il faut vite en finir, que c'est plus compliqué que ça, qu'il faut qu'elle te voit. Soit. Tu la laisse parler ; quand elle a finit sa tirade, tu lui réponds le plus simplement du monde.
    Très bien, je vous réserve une table. Bonne journée, madame.
Tu raccroches, mais ça te laisse pensif. D'habitude, elle n'est pas aussi pressée, pas aussi agressive, d'habitude, il n'y a pas de plan spécial ni même quelqu'un qui t'aide, parce que tu travaille seul dès qu'on t'as donné un nom. Mais pas aujourd'hui. Et tu soupires. Tant pis.
    Maxime ? Rappelle tous les clients, danseuses et compagnie. Excuse-nous et dis-leur qu'on est fermé, ce soir, et une fois que c'est fait, rentre chez toi, va te reposer. On ne peut pas remplacer Alizia.
Tu mens. Bien sûr, que tu aurai pu inventer autre chose, faire venir une autre fille appréciée, demander à d'autres artistes de se présenter sur scène ou bien tout simplement annuler le spectacle. Cette affaire va te faire perdre de l'argent, mais peut-être que tu perdras beaucoup plus si tu ignores Lill. Tu entends les excuses de ton employé, les derniers froissements de nappes, la dernière assiette rangée et tu es seul. Seul, au milieu des tables de bois, seul, à côté du bar, seul, à regarder la scène vide. Tu attends, tu t'endors, et tu ne sais pas à quelle heure elle viendra. De toutes manières, la porte est ouverte.




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Lill Saether
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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Dim 6 Mai - 17:06

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Quand résonne le rire du malin se noient sous mes yeux la cruauté de nos actes.

Elle se tord nerveusement les mains, fait les cent pas. Elle a quitté le quartier, le visage brûlant, l’air un peu hagard. Elle sait ce qu’elle doit faire, exactement. Elle sait ce qu’elle risque, ce qu’elle a à perdre. Et dans son esprit qui s’embrouille, il y a seulement une chose, un nom qui résonnent. Andras. Lui seul peut l’aider. Lui seul peut effacer sa faute, jeter un voile sur ses erreurs. Elle est nerveuse, reçoit quelques regards surpris et décide de mettre fin à tout ça. Il se fait tard mais elle doit l’appeler, l’avertir. Ils doivent se dépêcher.

L’urgence la gagne, l’étouffe. Elle emprunte une ruelle déserte, sort son téléphone, en panique, en essayant de se calmer. Lill ne perd jamais ses moyens. Mais Lill ne s’est jamais mise dans une telle situation, auparavant. Il n’y a pas que son sort qui en dépend. Et les responsabilités la fuient, et elle les exècre. Elle ne peut pas s’en sortir seule.

« Passez-moi votre patron, s’il vous plait. C’est pour une urgence. »

Sa voix est forte, tendue. Elle veut qu’on se dépêche. Elle veut que tout prenne fin et son attente s’éternise. Elle le maudit, l’espace d’un instant, parce qu’il n’est pas là tout de suite, parce qu’il lui fait perdre ce temps précieux qu’elle est obligée de calculer par sa propre faute. Elle est injuste, au fond. Il doit essuyer les bavures mais en réalité, c’est elle qui trainera les pleurs lourds de sang et d’injustice derrière elle. Mais il le faut, il le faut.

Et elle se justifie comme elle peut, sous ses dehors de rébellion, sous son sublime étendard de renouveau. Ils se corrompent. Comme eux et quand les cris d’agonie résonneront, elle ne voudra pas être là pour en savourer la douleur amère.

« Andras. J’ai… j’ai fait une erreur. »

Elle cherche en même temps dans ses poches, sort une cigarette. Elle a du mal à l’allumer, ses doigts tremblent et son regard s’obscurcit. La panique lui obscurcit la vue. Maintenant que tout est passé, il n’y a plus qu’un voile noir, qui repose. Elle perd sa douce assurance parce qu’il n’est plus, parce qu’elle se retrouve seule face à elle-même. Plus personne à défier. Plus de jeu. Restée seule, au bord du plateau, Lill reconnaît bien plus facilement les difficultés. La réalité de ce qu’elle est en train de vivre.

Elle souffre, soulagée, la fumée. Mais elle reste tendue. Sa voix a des accents urgents, presque violents. Comme si elle voulait lui transmettre l’importance de ce qu’il se passe, l’étendue de ce dans quoi elle les a tous enfermés. Fautive, jusqu’au bout. Coupable, gravé dans sa chair et dans son esprit.

« J’ai besoin de toi. C’est important, vraiment. Je… »

Sa voix s’étrangle. Elle reprend son souffle, expire. Un semblant de calme retrouvé. Elle en tremble, se consume mais elle ne doit pas flancher, pas faillir. Pas comme ça, pas maintenant. Son monde tourne, violemment, se fixe sur un objectif clair. Elle annihile le reste. Elle garde en tête cet endroit, cet homme qui est seul capable de les aider. De les sauver, à présent.

« Je peux venir te voir ? Tu sauras tout en détail. Maintenant. Sinon c’est trop tard. »

Son accord et elle raccroche, soulagée.

………………………


Son attente dans l’ascenseur lui a paru interminable et c’est presque en courant qu’elle entre dans le cabaret. Elle prend à peine garde au décor familier, se faufile discrètement dans le lieu ouvert et sans protection. Les sourcils froncés, elle se rend jusqu'à la pièce où elle avise enfin les cheveux blonds et familiers. Elle ne peut s’empêcher de se sentir soulagée à la vue d’Andras. Sans fausse compassion, elle lui tapote l'épaule, jusqu'à ce qu'il se réveille et lève la tête vers elle. Elle effleure à peine ses traits d’un regard reconnaissant, avant que ses yeux n’accrochent les mains gantées.

Elle ne veut pas savoir. Elle n’a pas besoin de savoir, peu importe comment il fait. Elle a juste besoin de son aide.

Il l’invite à prendre un siège et elle obtempère, docile. Calmée un moment. Un court répit, parce qu’elle sait ce qui repose sur ses épaules. Elle le regarde sans s’embarrasser de convenances, lui expose le problème sans y mettre une quelconque forme. Le temps presse et il ne tient qu’à eux de courir pour rafler la victoire avant que les aiguilles ne les rattrapent.

« Je ne t’ai pas dérangé pour rien. Juré »

Elle reprend ses airs de gamine, un court instant, avant de s’arrêter. C’est indécent mais un fou rire nerveux manque de la gagner. La peur l’assaille. Vite, vite. Avant qu’ils ne s’égarent.

« Kaze Hazama a découvert que j’avais un lien avec… nous. Je t’expliquerai les détails par après mais je n’ai pas eu d’autre choix que de lui donner deux noms. Il faudrait que tu élimines Hallow et Ashford. »

Elle pianote de ses doigts sur la table, impatiente. Elle n’attend même pas sa réplique, elle a eu le temps de réfléchir et se lance.

« Je vais vite falsifier du courrier. Une lettre urgence pour se rendre au Département Scientifique. Je compte sur toi pour qu’une fois là, tu t’occupes de leur cas. Il n’y aura plus qu’à prétexter un dysfonctionnement d’un appareil pour les faire exploser et pouvoir détruire la trace de mes lettres. Tu sais quoi faire pour accomplir un travail propre. »

Elle parle de leur vie comme d’un fil à couper. Sans regrets, sans regarder en arrière. Ils ne seront que les froides victimes de ses erreurs. Mais elle préfère sacrifier ces quelques pions plutôt que de faire sombrer leur empire.

Et tôt ou tard, nous irons les rejoindre.



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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Lun 7 Mai - 17:18



C'est de ses peurs que tu nourrira ta hargne.


Un rêve.
Il y avait un champ. De blé. Enfin, tu crois. C'est flou. Comme dans un rêve, à vrai dire. Logique, te dit ton esprit, mais tu ne l'écoute pas. Tu regarde les germes du céréale bouger au gré d'un vent imaginaire, et tu ne vois que ça, partout où tu regarde, tout en avançant. Quand tu te retournes, tu ne vois pas la trace de ton passage dans les blés, tu te perds à aller à droite puis à gauche, mais ce que tu ressens, c'est une liberté inconditionnelle. Mais, Andras, tu es seul. Seul. Ça te rappelle une mauvaise impression, un pincement au creux de ton estomac, l'envie de courir jusqu'à l'horizon dans l'espoir de croiser quelqu'un, mais plus tu avance, plus les tiges s'entremêlent aux ronces, plus leurs épines griffent tes jambes et lacèrent ta peau. Tu t'échappe,tu continue, toujours tout droit, mais la végétation s'enroule autour de tes chevilles, te clou sur place, sans que tu ne puisse rien faire. Et Andras, tu es seul. Bientôt, tu ne peux plus avancer, les nuages s'amassent au-dessus de toi, le vent te pousse vers la gauche et, peu à peu, tu tombes. Tu cries, aussi. Mais Andras, tu es seul, non ?
Tu te réveille en un sursaut, ne réagis pas au contact répété sur ton épaule, tu te contente de cligner des yeux à plusieurs reprises pour oublier le semi-cauchemar que tu as fait, l'effacer un peu de ta mémoire. Tu relève la tête, t'attend à voir un de tes employés, prépare déjà une excuse pour t'être rendormi avant de te rappeler l'appel. Plus de Maximes prêt à se plier en quatre, plus personne, en fait, à part Lill, qui passe déjà à autre chose. Même pas le temps d'admirer tes dents impeccablement blanche, exposées en un sourire. Bah. Tu passe tes mains devant tes yeux, frotte un peu tes paupières de tes mains comme le ferait un enfant avant de grommeler un "bonjour" à peine reconnaissable. Aller, ne bailles pas, Andras, ça te ferai paraître pour un mal élevé.
Tu lui présente une chaise, à côté de toi, avant de la fixer. Tu sais que, si tu commences à parler, tu ne t'arrêtera pas, alors tu attends qu'elle ouvre la bouche, qu'elle se confie. Tu la regarde, comme elle le fait pour toi, décrivant chaque détail, et même si tu aurait pu laisser ton masque tomber, tu continue de sourire. Elle a besoin de ça, un peu de réconfort, de confiance, de stabilité. Tu sais que toi, tu ne lui offrira que la surface de tout cela, mais ça te semble déjà beaucoup, pour quelqu'un d'aussi fragile que Lill en ce moment. Après tout, tu comprends, non ? Oui. Tu l'écoutes, attentivement, tu cherches à paraître léger, avec ton regard doux, parce que Lill est perdue, parce que Lill n'a pas besoin d'être mise sous pression, parce que Lill doit te faire confiance, savoir que tu arrangera ce mauvais pas. Elle ressemble un peu à une enfant, avec cet air craintif sur le visage, et une ombre plane derrière. Elle te fait un peu penser à elle, quand elle était confrontée à une araignée de cinq centimètres, mais ça ne te fais plus rire.
La jeune femme en face de toi te cite des noms, certains plus connus que d'autres, mais ce qui t'intéresse surtout, ce sont deux choses. D'abord, vous êtes repérés. Enfin, Lill l'est. Tu ne doutes pas de sa loyauté, tu sais que, si ça ne tenait qu'à elle, elle n'hésiterait pas à se fermer comme une huître ; mais il y a un autre problème. Enfin, tu ne sais pas grand-chose dessus, plutôt des rumeurs sur la grande famille Seather, des bruits de couloirs comme il y en a tant dans ton cabaret, mais l'existence d'un frère serait problématique. Sans t'en rendre compte, tu envisage même froidement d'éliminer le "problème", sans même y porter plus d'attention que ça. Tu es une arme, non ? D'ailleurs, la seconde partie t'intéresse bien plus. Deux cibles, ça attire de suite ton attention, et tu sais que tu dois faire vite. Hallow et Ashford. Ces deux noms danseront dans ta tête pour les prochaines heures, mais avant que tu ne planifie un quelconque plan, elle reprend. Son plan, il n'est pas mauvais, même si, à la fin, ça revient au même. Deux corps, deux morts, et le clan de ce Kaze saura autant que vous que ce ne sont pas des accidents. Il n'empêche qu'éliminer les deux en même temps est mieux que ce que tu ferai en temps normal ; mais tu penses surtout que Lill veut apporter sa pierre à l'édifice, effacer un peu par elle-même son erreur. Elle s'arrête enfin de parler, tu sais que c'est à toi de dire quelque chose, mais malgré tout ce qu'il te passe par la tête, tu attends un peu, avant de lui saisir le menton et de la regarder droit dans les yeux. Tu veux la convaincre, voir au fond de ses prunelles l'éclat de confiance qu'elle doit t'accorder.
    Lill. Calme-toi. C'est comme s'ils étaient déjà mort.
Oh, Andras, tu sais ce qu'il se cache derrière des "comme si", tu sais que ce n'est sûrement pas assez, qu'elle ne sera soulagée qu'une fois cette besogne effectuée, mais tu tente quand même. Et puis tant pis.
    Tu as déjà un horaire à me donner ou est-ce simplement le plus tôt possible ? Tu sais, ça m'arrangerait pour m'organiser, puisque je ferme ce soir, mais comme Alizia est malade, il faut absolument vite réparer ça, histoire de ne pas perdre plus d'argent déjà et ...
Mais de quoi tu parles, Andras ?! De choses et d'autres, peut-être pour la rassurer avec une routine, peut-être pour parler ou peut-être juste parce que tu ne peux pas t'empêcher de jacasser. Un sourire gêné pour se faire pardonner et tu reprends plus sérieusement. Tu ne veux pas vraiment aborder ça, mais il le faut. Il faudra aussi en parler à Lauritz, et ça, ça ne te réjouit pas spécialement, mais ça devient urgent.
    Et, Lill, il faudra faire quelque chose. Tu sais, pour ce problème. Tu veux un peu d'eau, peut-être ? Il fait sec, ici.
Tu regrettes déjà d'avoir prononcé ces mots, mais c'est trop tard. Tu parles trop, Andras, trop légèrement de sujets trop sérieux pour toi, et s'il y a bien des personnes que tu ne veux pas blesser, c'est bien ta seconde famille. Elle en fait partie. Tu te lève, vas au frigo, ramène deux petites bouteilles, même si elle n'en veut pas. Les horaires, et s'il le faut, tu es prêt à partir sur-le-champ.




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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Mar 8 Mai - 11:47

Les paroles se creusent, se vident. Et l’amertume les enveloppe, se fait un nid dans leur cœur noirci.

Elle s’agite, encore. Son regard accroche les yeux bleus, bleus, trop bleus et elle a envie de les détourner. Elle a envie de lui dire qu’elle n’a pas besoin de ça, pas besoin de mots rassurants. Qu’elle veut simplement qu’il efface cette erreur, parce qu’il est le seul qui peut l’aider, parce qu’elle n’a rien d’autre à faire si ce n’est observer. Elle se force à ne pas détourner le regard, à ne pas flancher parce que même au plus bas, il y a toujours cette étincelle de défi qui sommeille.

Même si elle sait qu’avec lui, il n’y a de toute façon pas d’utilité à faire semblant, à se mettre sur un piédestal pour tenter de sauvegarder les apparences. Parce qu’elles sont tout, qu’elle n’est rien face à ce regard qui la vrille, face à cet esprit qui se dérobe toujours.

« Je te fais confiance, je te fais confiance. »

Elle le souffle, du bout des lèvres, tout bas et cède finalement, baisse les paupières. Elle laisse ses explications, ses mots, s’écouler. Pour cacher, tenter de combler les creux que la panique a violemment creusés. Elle en ressent la brûlure et les mots sont apaisants, inutiles. Comme à chaque fois. Elle ne retient pas un léger sourire, entre amusement et indulgence. Envers elle, envers lui. Envers eux qui s’échouent sur les mêmes voiles, qui se retournent le cœur à vouloir sauver ce qui ne peut l’être. Le lourd fardeau est posé sur les épaules et à chaque fois, en levant le regard vers lui, elle a l’impression qu’il les écrase. Chaque jour un peu plus.

Mais la confusion peut s’en aller, il n’y a rien qui reste si ce n’est sa certitude. Il l’aidera, comme il le fait toujours et il n’y aura plus de faux pas qu’elle accomplira.

« Ce soir. Avant qu’ils n’aient tout fermé. S’ils sont attrapés, tout est fini. »

Elle le siffle, presque. La nausée la reprend, elle manque de chanceler et le siège la retient. Ses mains s’y incrustent, violemment, comme des griffes. Elle a besoin de se raccrocher à quelque chose. Un support matériel, quelque chose à broyer, à déchiqueter, pour que les cris angoissés de sa conscience arrêtent de lui vriller le cerveau. Elle en a la gorge sèche, les yeux irrités et la boule qui se forme dans sa gorge ne l’aide pas. Parler lui ferait mal. Agir la perdrait. Elle ne sait pas ce dont elle a besoin, elle se perd simplement à vouloir retrouver pied.
C’est l’air absent qu’elle le regarde partir, revenir. Automate. Elle s’irrite, a envie de lui dire d’arrêter la mascarade. Mais elle prend sagement la bouteille, acquiesce d’un signe de tête. Elle boit une gorgée, sans se presser. L’eau lui semble amère et elle regrette, immédiatement. Sa gorge semble rester hermétiquement close et c’est une torture, le liquide est glacé. Elle en aurait presque envie de pleurer.

« Ce n’est pas ce que je voulais. »

Un murmure, elle baisse les yeux. Elle n’a pas envie de croiser son regard, pas maintenant. Elle ressent trop le poids de sa culpabilité, encore. Elle a joué trop gros, avec trop d’inconscience. Et les retombées l’assaillent, la brûlent, là où elles semblent toucher son esprit égaré. Elle n’a pas besoin de réconfort, pas besoin qu’on lui dise qu’elle est coupable. Totalement. Mais elle ne peut s’empêcher de le lui dire. Juste pour marquer le coup, pour laisser une trace, qui sera de toute manière vite effacée. « C’est ma faute. » Comme une constatation plate, un regard en arrière parce qu’il n’y a rien d’autre à en dire. A trop jouer avec le feu, elle s’en est brûlée et elle se rend compte qu’elle ne supporte pas bien la morsure de la chaleur ardente sur sa chair.

Parce qu’elle reste un peu trop fragile. Un peu trop sûre d’elle et les chutes n’en sont que plus douloureuses. Elle n’est rien d’autre qu’une gamine qui voit le sol se dérober sous ses pieds. Elle n’a de prise nulle part et ce qu’elle prenait comme acquis, la douce sécurité d’avant, tout s’envole. Il n’y a plus que cet homme brisé, en face d’elle. Il n’y a plus que ces préparations hasardeuses, pour voler quelques vies innocentes. Quelques brèves existences qui ont eu le malheur de croiser la sienne. Et elles s’effacent, s’envolent, château de cartes qu’ils balaieront.

« Je peux passer des coups de fil pour toi. Trouver une remplaçante. Ou ce que tu veux, tu avais déjà des soucis, je t’en rajoute. »

Elle s’empêche de trembler, prend un air malheureux à moitié faux avant d’éclater de rire.

« Pardon, vraiment. Je me sens vraiment coupable. Tu le sais, hein ? »

Elle a besoin de quelques coups dans le vide, d’un peu de paroles dérisoires pour cacher sa faiblesse, son immonde faiblesse. Et elle sait qu’avec Andras, elle pourra l’afficher sans qu’il ne cherche à ne pas la voir, sans qu’il ne cherche à la mettre en évidence par une cruauté toute humaine. Si le miroir se recouvre de poussière, elle peut bien montrer sa laideur.

Elle sera toujours atténuée, quoi qu’il se passe.



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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Mar 8 Mai - 14:05



Et puis tu restera l'immuable appui, brisé depuis tellement longtemps que tu es le plus sûr d'entre eux.

Dans ton jeu, dans tes pauvres apparences si fragiles, ce sont à tes yeux auxquels tu offre le plus d'importance. On dit que ce sont les fenêtres de l'âme, pour toi, c'est la façon la plus directe de faire croire tes mensonges aux autres. Une pincée de confiance en soi, un éclair de gentillesse sur fond de compassion, et le tour est joué. C'est si simple que ça ne t'amuse plus, du moins plus assez, mais que faire d'autre ? Et as-tu vraiment le choix ? Tu connais la réponse, ça ne t'empêche pas de toujours y repenser, tout en te confortant toujours dans la solution que tu as jugée la meilleure. Et puis, parfois, tu te prends tellement à ton propre jeu que tu confonds ceux qui te prennent pour leur ami et ceux qui le sont réellement. Mais pour celle en face de toi, Andras, tu n'as pas besoin de jouer la comédie, tu n'as pas intérêt à jouer de ses sentiments contradictoires, tu n'as pas envie de la descendre. Malgré ça, tu continue à la fixer, avec ton iris palpitante, et l'autre, morte depuis ce jour-là. Tu sais que Lill ne l'avouera jamais, mais tu sais aussi combien tu aurais aimé que quelqu'un te comprenne et, en même temps, combien tu voulais rester seul dans ton malheur, combien tu rejetais la faute sur eux ; alors qu'au fond, n'était-ce pas un peu la tienne ? N'y pense pas. Tu vas encore te mettre en colère, et ça, ce n'est bon ni pour toi, ni pour elle. Alors tu te contente de la fixer, pour qu'elle soit honnête avec elle-même, pour qu'elle assume un peu, pour que, comme tu le croit -trop- aveuglément, elle se relève.
Mais elle baisse les yeux. S'empêche de te reléguer le fardeau. Tu peux facilement le supporter, toi, mais ce n'est pas ce que tu cherche. A toujours ignorer nos fautes, on les empire en les traînants comme de lourdes chaînes ; tu ne veux pas qu'elle soit handicapée par elles, tu ne veux pas que vous faiblissiez, tous ensemble. Parce que sinon, elle ressemblera à quoi, ta vengeance ? A un ridicule groupe de personnes brisées et sans ambitions. Et ça, tu ne peux accepter. Mais elle te fait confiance. C'est ce qu'elle t'a dit, juste avant de baisser les yeux, non ? Alors soit fier de ça, et ne la déçoit pas. De toutes manières, tu n'en as jamais eu l'intention. Et puis elle sourit. Rien que ça, même s'il est un peu moqueur, même s'il est un peu conciliant, ça te fait plaisir. Comme quoi il ne t'en faut pas beaucoup.
Ce soir. Ca t'arrange, en quelque sorte, puisque tu n'as pas besoin de rester ici, au cabaret, jusque tard dans la nuit, puisqu'il n'y aura personne. Sa voix est de nouveau tendue, pressée, tu sais que demander des détails l'agite, mais tu en as besoin. Et si elle veut travailler avec toi, elle devra être impartiale, envers toi comme envers elle-même. Tu vois ses doigts devenir blanc à cause de la pression qu'elle exerce contre la table, mais tu continues de la fixer, puisqu'il faut qu'elle affronte sa culpabilité, puisque tu lui donne une alternative plus douce que si elle était seule. A elle de voir si elle prend ta solution ou non. Un coup sec vers l'arrière et déjà trois gorgées d'eau froide sinuent dans ton oesophage, tu attends, attends des mots, une réaction, quelque chose en plus. C'est à elle de s'ouvrir, pas à toi de la forcer pour qu'elle se referme d'un coup.
    Ce n’est pas ce que je voulais.
Ca te fait rire, parce que tu ne t'y attendais pas, parce que cette phrase te semble vraiment enfantine, parce qu'elle t’apparaît comme un double-sens. Tu préfères lui répondre sur la signification légère, car l'autre te semble un mauvais sujet. Enfin, pour le moment. Qui voudrait être obligé de parler d'une erreur toute fraîche qui coûtera la vie à deux personnes ? Sûrement pas elle. Sûrement pas maintenant.
    Oh, désolé, alors, le bar t'est grand ouvert, si tu veux du choix, mais évite de tout vider !
Tu rigoles légèrement, comme si vous ne parliez pas de meurtres, comme s'il ne se passait rien. Mais c'est trop tard, puisqu'elle baisse de nouveau ses yeux. Tu lui laisse autant de temps qu'elle le désire, mais tu sais aussi qu'au bout d'un moment, tu devra doucement l'obliger à parler. A éviter de trop gros remords. Alors tu attends. Encore. Ta bouteille se vide, peu à peu, tu commences à jouer avec elle sans bruits ; tu ne veux pas interrompre Lill dans ses pensées. Et puis, enfin, elle te parle. Plaisante. Rit. Ce rire paraît un peu forcé, un peu nerveux, mais tu l'accompagne tout de même, plus naturellement. Elle s'excuse, mais toi, tu ne veux pas de ça. Tu veux juste qu'elle reconnaisse son erreur pour ne plus la refaire, pour apprendre, comme toi on t'a enseigné à haïr certaines personnes.
    Tu n'as pas à t'excuser, comme je l'ai dis, cette salle sera fermée, ce soir. Tout le monde est déjà prévenu, ce serait dommage de les déranger encore une fois pour leur signaler qu'ils peuvent venir pour voir une artiste non désirée, mmh ?
Oui, tu enverra juste des invitations pour une soirée spéciale pour tous ceux qui voulait voir la star du cabaret. En même temps, tu n'as pas vraiment d'autres choix que de te racheter aux yeux de ta clientèle.
Tu partais déjà dans tes pensées remplies d'idées, de chiffres et autres danses ou costumes, quand elle parle à nouveau. Tu ne t'y attendais pas, tu ne sais pas comment réagir, pas trop quoi dire ; malgré les mots légers qu'elle a utilisé, tu sens une pesanteur s'installer. Toi, tu quitte ton sourire, tu montre que tu n'as pas de masque, que tu es bien honnête. Ce n'est pas la seule fautive.
    Je sais.
Mais quoi rajouter d'autre ? Est-ce que tu dois la réconforter ? La rudoyer ? L'ignorer ?
    Mais ce n'est pas que ta faute. Tiens, il faut que je demande à Lynda si elle a besoin d'un coup de pouce pour éliminer deux trois gêneurs, si tu vois ce que je veux dire. Comme ce Kaze, par exemple. Ce serait une bonne chose de faîte ! Bien, j'attends ton feu vert au niveau de la lettre et je suis prêt à partir. Mais, Lill, ce n'est qu'une simple erreur, pas besoin d'être aussi angoissée. Ce sera réglé, terminé ce soir. Tu dois aussi m'expliquer comment est-ce qu'ils ont su, mmh.
Tu te lève, prends les deux bouteilles et renverse le reste de celle de la jeune femme dans un pot de verdure quelconque, tout en gardant un oeil sur elle et ses réactions. Histoire de la surveiller un peu.




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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Mar 8 Mai - 20:20

Sonne l'heure, tombe le sable dans le puits sans fond. Et leur destin bascule pour laisser voir les ténèbres.

UUn sourire narquois étire ses lèvres et elle décide de le prendre au mot, même si l’amertume reste toujours sur sa langue. Elle a l’impression de sentir le poids s’affaisser, se solidifier, à chacune de ses paroles. Comme s’il appuyait dessus ou, au contraire, l’allégeait selon ses envies. Elle n’aime pas le pouvoir qu’il peut avoir sur elle, parfois et c’est à la fois rassurant et effrayant. Donner une prise à quelqu’un comme Andras est dangereux. Mais elle a besoin de lui, vraiment, même avant, même toujours, elle ne ressent pas le besoin de camoufler derrière ses mensonges et son assurance ce qui peut la faire faillir.

Même si Lill reste mauvaise perdante, mauvaise tout court, parfois. Elle n’est pas face à n’importe qui, elle ne peut pas faire n’importe quoi. Ses pas se tracent, se confondent et quand le vent les balaie, elle en distingue seulement un contour flou qu’il a vite fait d’engloutir de son ombre.

« Je te vole un verre de bourbon. »

Elle a l’air d’une fillette qui s’amuse à boire dans le vert de son grand-frère pour gouter pour la première fois à de l’alcool. Juste de quoi continuer sur la même lancée que lui. Elle n’a aucune envie d’aborder le sujet tout de suite. C’est trop frais, trop douloureux et quand elle remplit son verre et le vide à moitié, elle ressent la douce chaleur qui allège un peu son trouble. Pourtant, elle le délaisse, vite. Elle doit garder les idées claires, elle a une chose à faire pour que tout se passe bien.

Elle ne peut plus faillir, elle l’a déjà trop fait et ce qui a commencé sous le signe des secrets dévoiles doit se finir par un bain de sang. C’est un juste équilibre. Et il en est le poids principal, pour faire pencher la balance.

« Très bien. Tu connais le mieux ton travail, je suppose. »
Elle marque une pause, entortille une mèche de cheveux blonds autour de son doigt. Son regard s’assombrit, à ses mots et elle lui lance un regard lourd de reproches. Pour avoir remis le sujet sur le tapis. Pour avoir à nouveau fait voler en éclat sa brève tranquillité. Même si elle sait que tôt ou tard, elle devra se confronter à lui. « Je… »

Une hésitation. Elle croise son regard, cherche à y lire quelque chose qui l’encouragerait ou la ferait définitivement renoncer. Mais elle n’a pas le cœur à parler tout de suite. Elle est trop prise par ce qui les attend, elle est trop nerveuse par ce qu’elle devine, l’ombre qui plane, le danger qui guette. Sa décision est prise.

« Je te dirai tout, après. Je ne veux pas perdre de temps. Je vais partir dès maintenant et tu peux déjà te mettre en route. Ils arriveront peu après, de toute manière. »

Sa voix prend des accents feutrés et elle se relève. Elle ne tremble plus. Elle est déjà un peu plus calme. Avant de franchir la porte pour repartir, elle se retourne vers lui.

« Merci, Andras. Je serai là à ton retour. »

Elle lui offre un sourire un peu moins faux, un peu plus démuni. La machine est lancée.

……………………………

Sa silhouette se fais discrète, ombre, dans les rues qui doucement s’obscurcissent. Elle rôde entre les maisons, offre un sourire éblouissant à ceux qui passent. Sa sacoche bien accrochée, elle y tient une précieuse lettre. La première a déjà été donnée et la seconde attend sagement qu’elle la donne à sa destinataire. Le contenu s’entremêle à son angoisse. Une invitation, funeste invitation, pour venir chercher une machine qui serait utile à son travail. Elle s’adapte à ses clients, s’amuse de voir qu’elle peut si facilement jongler avec eux.

Elle en a besoin, là, tout de suite. Et les futurs cadavres ne lui tiendront pas rigueur de sa douce mascarade.

« Oui, c’est urgent. »
« Merci mademoiselle, j’y serai. »

Un sourire sur les visages. Elle s’en va calmement, effleure les personnes qui l’auraient vue, esquisse des sourires railleurs en emportant son image au loin. Aucune preuve, tout est scellé. L’ascenseur qui l’accueille à nouveau la retrouve plus calme. Elle peut un peu s’alléger le cœur.

……………………………

La porte claque et elle s’y adosse. L’obscurité a gagné la pièce, Andras est parti. Le verre d’alcool est toujours posé sur la table et elle s’y assoit, sans aucun bruit, va chercher le reste de la bouteille.

Autant combler l’absence.



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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Jeu 10 Mai - 22:09

Sujet intermittent



Abaisse tes cartes mais garde ton masque.

Elle sera là. Non, elle doit y être. C'est tout ce qui t'occupe les pensées, inlassablement ; tu n'arrive pas à te fixer sur autre chose. Tu as pris bien plus longtemps que prévu, la pauvre heure anticipée en était devenue trois, et il était déjà dix-neuf heures. Tu as mis trop longtemps, Andras, bien trop longtemps ; mais que pouvais-tu faire ? Faucher compagnie à Amadeus et paraître suspect ? Ne pas l'approcher et rater ces informations peut-être capitales dans le futur ? Non, non, non. Tu as bien agis, Andras, arrête donc d'être si négatif. Lill est là, au cabaret. Où serait-elle, sinon, hein ? Partout. Lill peut être partout sans que personne ne le sache. Et toi, tu angoisse sûrement pour rien, maintenant que tu peux laisser libre cours à tes sentiments, maintenant que tu n'as plus à jouer la carte du pauvre innocent, placé au mauvais endroit, au mauvais moment. Et tes pas résonnent dans ces rues dominées par le crépuscule, proportionnels à ta crainte, ton ombre s'allonge sur les murs clairs, à l'image de ton rôle ; tu arrives dans la rue, prends tes clés et monte rapidement à l'étage où doit t'attendre Lill. Tu lâche un soupire de soulagement devant la porte, puisqu'ici, tu es à l'abri. La clé tremble un peu dans ta main, mais tu as oublié que tu as laissé ouvert. Comment Lill aurait pu revenir, sinon ? Idiot.
La poignée tourne avec ta main et la porte se dérobe à ton regard ; il te semble que ton coeur rate un battement, mais c'est bien elle, avachi près du bar, un verre à côté d'elle. Tu refermes précipitamment, t'adosse un instant contre le bois et laisse ta tête aller en arrière. Tu te dis que tu as été vraiment idiot, à t'inquiéter pour rien. C'était le plan, pourquoi ne l'aurait-elle pas respecté ? Elle n'est pas stupide -ou du moins, pas à ce point. Toi, par contre, ça ne fait aucun doute. Sur ces réflexions, tu ouvres les yeux, redresse la tête et souris, ton oeil unique fixé sur elle. Comment dire que tout s'est merveilleusement bien passé ? Enfin, tout dépend du point de vue.
    Désolé pour le retard. Ça a dû te paraître interminable, j'en suis vraiment, vraiment désolé, mais j'ai eu une occasion en or. Je ne pouvais pas la laisser passer, tu sais ! J'ai rencontré un Elu. Cancer. Et l'explosion s'est bien déroulée, même un peu trop : il ne reste presque rien de l'entrepôt. En même temps, avec tous les gaz inflammables et autre pétrole qu'il devait y avoir, normal que ça ai bien sauté !
Tu t'approches, pose ton sac et ton manteau sur le bar, avant de t'intéresser à la bouteille ouverte. D'un coup, tu prends une gorgée directement au goulot -tant pis pour les bonnes manières, tu es content, c'est tout ce qui compte.
    Hé bien, tu n'as pas trop perdu ton temps, toi ! Je reviens tout de suite, excuse-moi un instant.
Tu files dans un couloir afin d'arriver dans ton bureau, dans lequel tu change de chemise. Celle que tu portais juste avant te paraît sale et pour le moins fripée, tu préfère une neuve, qui sent bon le propre. T'approchant du miroir, tu détache ensuite le bandeau qui te cache l'oeil, le déroule pour dévoiler son funeste fardeau. Un instant, tu te fais happer par les souvenirs hantant le fente qui t'a enlevé la vue -ça ne semble guère plus long que cinq secondes, et pourtant tu vois des images par centaines se déverser dans ton cerveau. Et tu te dis qu'aujourd'hui, tu as bien agi.
Fermant ta paupière gauche car tu ne voulais pas mettre ta lentille par-dessus l'oeil, tu reviens chez Lill. Elle n'a pas bougé de sa chaise, mais toi, tu t'installe sur un canapé, bien plus confortable qu'une de ses chaises hautes du bar. Tu laisse le silence régner pendant quelques instants, puis tu le brise avec ses mots qu'elle attendait sûrement avec appréhension. Il faut pourtant bien passer par là ..
    Lill. Dis-moi.
Tu te tais, même si tu aurai voulu rajouter d'autres phrases. Tu imagines que c'est dur, pour elle, qu'elle aura du mal à trouver les mots. Alors tu attends. De toutes manières, ce n'est pas comme si tu étais pressé.






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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Ven 11 Mai - 23:04

L’éclair illumine son visage blafard. Sa culpabilité aux éclats rougeoyants.

Elle se tortille les mains, essaie vaguement de garder contenance. Tout dans son esprit qui s’embrume peu à peu sous le coup de l’alcool clame un calme que son cerveau ne veut pas encore reconnaître. Il se dérobe, il se heurte à son angoisse diffuse, à ce sentiment qui étouffe peu à peu sa rationalité. Et le temps passe, s’égrène. Et les aiguilles défilent lentement, comme un spectacle rouillé, comme des grains de sables ralentis par le vent.

Elle sait que l’échéance sa proche. Elle craint sa venue comme elle l’attend. Avec un peu d’espoir, avec un peu de peur. Elle n’attend pas qu’il puisse la sauver. Elle n’attend pas qu’il puisse tout effacer. Elle attend qu’il accepte le sacrifice, qu’il leur offre un peu de répit et son esprit s’épuise à vouloir lutter.

Elle regarde fixement la table, l’air un peu perdu, un peu hagard. Sa concentration vacille en même temps qu’elle se calme. Elle se sent un peu plus sereine à chaque goutte d’alcool supplémentaire dans son sang, un peu plus complète à chaque seconde qui lui assassine l’âme. L’attente est infinie, douloureuse et elle ne peut s’empêcher de crier silencieusement sa détresse à l’horloge qui la harponne de son tic-tac incessant.

« Reviens, Andras … »

Elle rit toute seule, comme une gamine attrapée en pleine faute et elle détourne les yeux des aiguillent qui la nargue. Trois heures. Et elle voit la poignée se tourner, elle voit la chevelure d’or apparaître, l’œil malicieux devenu terne.
Elle s’empêche de courir vers lui, de vérifier qu’il va bien, de lui demander si tout s’est bien passé, de lui dire qu’elle regrette, encore, encore, toujours mais qu’il faut la pardonner parce qu’elle a failli.

« C’est une bonne chose. On a eu de la chance, au final. »

Elle reste évasive, la voix un peu pâteuse et le regarde se servir à même la bouteille. Elle a envie d’éclater d’un rire hystérique parce que la situation est absurde. Ils parlent de cela comme de la pluie et du beau temps et elle n’arrive même pas à entièrement se dire que c’est réel. La culpabilité la ronge comme un acide : quand elle aura définitivement atteint l’os, c’est qu’il sera trop tard pour faire machine arrière.

Mais Lill n’en arrivera pas là. Lill n’abandonne pas même en cours de route et elle préfère s’enfoncer dans les dédales de sa folie plutôt que de revenir sur ses pas. Stupidement fière.

« Tu as mis longtemps, en fait. J’ai eu un peu peur. Même beaucoup. C’est ridicule, non ? »
Elle rit, sent des larmes perler à ses cils. La faiblesse ne doit pas se manifester maintenant, envahir ce calme qu’elle a de nouveau regagné après de longs efforts. Elle respire, regarde Andras. Et elle se lève, prend ses mains gantées dans les siennes pour les serrer, un peu trop fort. Elles sont l’arme. Celles qu’ils utilisent pour faire ces injustices qu’ils veulent pourtant arrêter. Ils se prennent à leur propre piège et ils ne peuvent pas s’échapper des mailles du filet qui les enserrent, les étouffent.

Elle garde profondément ancrée dans sa gorge les dures marques de leur asservissement.

« Je me sens stupide. C’était comme un jeu… »

Elle secoue la tête. Elle ne peut pas tout lui avouer, pas comme ça. Il y a des choses qu’elle doit garder secrètes, pour son bien, peut-être. A qui ? Elle ne sait pas. Elle n’a jamais pu être sincère et regarder Andras, voir ce qu’ils font la blesse, plus qu’elle n’aurait pu le penser.
Elle souffle. Se jette à l’eau.

« Il m’a vu utiliser mon don. Il… avait su que je n’avais pas leur puce. Alors forcément, il a voulu remonter à la source. »

Elle baisse la tête, relâche ses mains pour s’asseoir à côté de lui. Fautive, entièrement. Ses épaules semblent fragiles, sous le poids qu’elle s’inflige. Qu’elle leur inflige, tous. Mais elle se convainc qu’il le faut, elle se dit qu’elle a bien fait. Elle le doit, pour continuer à garder la tête haute, encore, encore, alors que les sombres pluies des engeances s’entremêleront à ses larmes.

« Je ne pouvais pas me trahir… Donner ces noms et les éliminer discrètement était la seule solution. »

Elle se mordille la lèvre, s’agite. A nouveau. L’alcool se dissipe, la brume a vite fait de repartir. Et l’éclair lancinant revient.

« C’est la vérité, Andras. Je ne pouvais pas faire autrement. »

Sa voix se brise. Elle est lasse, lasse. Elle se sent des années de culpabilité sur les épaules.

Mais elle n’est qu’une enfant.



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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Dim 13 Mai - 10:40



Et tu te rends compte que la comédie t'ôte peu à peu tous tes sentiments vraiment humains.

Sur ton canapé, tu restes de marbre. Même face à ses mots, même face à ses larmes, ta bouche reste désespérément droite et ton visage toujours aussi froid. Qu'est-ce que tu dois faire, Andras ? C'est toi, toi et ta curiosité, la cause de tout ça. C'est à toi aussi de tout réparer, mais mais mais ... Tu ne sais pas. Tu hésites, terriblement, entre le visage froid qui lui fera mal une fois pour toute ou la compréhension chaleureuse qui éloignera seulement aujourd'hui ce sentiment dévorant. Jusqu'à présent, tu as toujours été doux, dois-tu changer ? Tu garde le regard dans le vide, alors que tu te prends ses paroles de plein fouet, alors que tu la vois approcher. Elle te demande du réconfort, Andras, ça se voit au fond de ses yeux, à ses phrases, à ses gestes ; alors tes mains, tu les replis sur les siennes, même si sa poigne te tord la paume, même si elle t'écrase les os. Et puis tu reste silencieux, tu la laisse prendre son temps, choisir ses mots, faire face à son erreur. Après la blessure viendra le baume.
Un jeu. Un simple jeu, ça paraît si innofensif, dit comme ça ; mais dans ta tête, tu te rappelle toujours la règle n°1 : être sûr de gagner face à l'adversaire, le tout devant paraître juste, évidemment. Lill n'a pas les mêmes lois, les mêmes habitudes et elle est tombée dans le piège de la confiance qu'elle avait en elle-même -enfin, ça, c'est ce que tu penses, mais qu'en sais-tu ? Elle continue de parler, par salve, peu à peu. Il n'y a pas vraiment de détails, surtout de vagues faits, mais ça te suffit largement pour saisir la situation. Et pour comprendre qu'elle s'en veux, terriblement.
Mais toi, tu hésite toujours. C'est étrange, tu ne sais jamais comment réagir, avec Lill. Du moins, lors de situations aussi délicates, quand tu te sais capable d'en faire des miettes ou au contraire une arme sans pareille. Et toujours, toujours, toujours cette même question. Qu'est-ce que tu vas faire, Andras ? Qu'est-ce que tu peux faire ? Ton regard froid, tu le pose sur elle, juste à côté, parce que tu ne sais pas quoi faire d'autre, parce que tu choisis de faire un peu des deux solutions. Parce que tu n'arrive pas à choisir, parce que tu n'arrive pas à juger, deviner, ce qui serait le mieux pour elle. Parce que tu as tellement l'habitude de faire semblant qu'en face de pareil problème, tu perds tes moyens. Et pourquoi ne pas jouer la comédie ? Idiot, elle n'a pas besoin d'un pilier qui n'en est pas un.
Le temps s'allonge, de ton point de vue, et tu estimes que tu l'as suffisamment fixée. Au tour du réconfort. Du moins, avant que tes paroles viennent à nouveau tout briser. Ton bras s'enroule autour d'elle, l'attire vers toi, enfin, plutôt vers ton épaule. Pas de contact -c'est la règle ; alors tu essaie tant bien que mal de faire passer cette énergie, lui faire sentir que tu reste là. Même si ton oeil vif l'a transpercée quelques minutes plus tôt.
    J'en suis sûr. Sinon, tu l'aurais fait, mmh.
Ce n'est pas une question, ce n'est pas non plus une simple phrase déclarative, même toi, tu ne sais pas ce qui se cache derrière ça. A elle de choisir ce qu'elle représente à ses yeux. Tu recule un peu son visage, histoire de le voir, avant de sourire. Encore ce foutu sourire crée de toutes pièces, puisque tu ne sais toujours pas quoi faire.
    Et le principale, c'est que tout soit réglé, non ?
Tu hésite à enchaîner, à fissurer la gentillesse dont tu as fait preuve ; mais ne dois-tu pas le faire ? Tu ne sais pas, ne sais jamais, c'est toujours le même refrain dans ta tête. Qu'est-ce que tu va faire, Andras ? Ta pupille se baisse et tu continue, rapidement, avant de pouvoir regretter, avant de changer d'avis.
    Et puis, tout le monde fait des erreurs.
Qu'est-ce que tu raconte, Andras ?! Tes phrases changent au gré de tes doutes, ton visage garde cet air lisse, froid, et puis le silence s'installe. Pourtant, tu dois le chasser, obligatoirement.
    Lill. Tu es en danger, non ? Ils te connaissent, maintenant. Ils vont venir te chercher, tu crois ?
C'est ça, en fait. Tu as peur. Et puis tu te mords la lèvre, tu voudrai effacer tes paroles qui ne vont que plus la torturer. T'es stupide, au fond, à hésiter toujours en sachant que seule une des deux solutions te contentera. Disons qu'on te pardonne parce que c'est toi, Andras. Et puis tu attends, fixant le sol et te mordant toujours la lèvre, dans la peur d'une de ses réactions autant que dans la peur du futur.




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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Mer 16 Mai - 13:21

Les non-dits s’amoncellent, le masque se brise. Aux intentions néfastes se mêle le sacrifice.

Ses pas résonnent, à moitié étouffés, dans la pièce, alors qu’elle se lève. Elle marche, fait demi-tour, sans s’entraver, nerveuse. Les regards qu’elle lui lance sont pleins d’un reproche amer. Elle a l’impression que ses mots jettent de l’eau mais rallument à la fois le brasier de son inquiétude. Ils ne veulent rien dire, ils sont creux. Mais ils se tortillent, pourtant, se font un chemin jusqu’à sa conscience meurtrie. Leur acide en dévore lentement la raisons, les nerfs solides. Ils laissent un esprit disloqué, abandonné à son humeur passagère. Et ses pas se font plus rapides, un rythme soutenu et douloureux, lancinant, qui la laisse sans souffle, étrangement hagarde.

« Je n’ai pas besoin de ça. »

Son regard est dur, quand elle le pose sur lui.

Lill ne supporte pas sa faiblesse, celle des autres. Elle les accepte, vaguement. Elle en fait un joyeux feu de bois qui consume un peu ses propres hontes, qui étouffe ses propres rancœurs. Il ne restera, au final, qu’une fumée âcre, qu’ils recracheront tous, l’amertume aux lèvres et la bile au ventre. Une trace ténue parce que la vraie flamme s’en sera allée, parce que la faiblesse restera à jamais gravée sur les corps offerts. Et elle en garde les traces, indéfiniment.

Elle soupire, s’arrête face à la chaise donc elle serre fort le dossier. Ses articulations blanchissent et elle accuse le coup, se déteste d’en demander tant de sa part alors qu’il en a déjà bien assez fait. Il a gommé ses erreurs. Elle ne peut pas attendre qu’il efface tout le reste. Elle ne peut pas attendre qu’il lui accorde un pardon qu’elle n’a pas vraiment envie de rechercher parce que même si le mal est fait, il n’y a rien qu’elle regrette. C’est eux qu’elle doit sauver, uniquement eux alors le reste n’importe pas.

Et pourtant, pourtant, elle en a la nausée. Elle ne les a jamais vues, ces personnes. L’innocence se perd et quand elle croise le regard bleu, elle en a le souffle coupé, comme toujours. Elle se sent lâche. Sale. Et il n’y a jamais qu’elle qui pourra un jour se faire face à elle-même.

« Je sais que ce n’est qu’une erreur. Je sais que c’est fini. Mais… »
Elle serre les dents, détourne ses yeux de lui parce qu’elle les sent se remplir à nouveau de larmes. Elle ne voulait pas ça. Elle n’est qu’une gamine qui a voulu jouer et qui est tombée dans les abysses tête la première. Elle n’est qu’une fillette qui a cru pouvoir s’en sortir, faire plus mais qui finalement ramasse les débris de ce qu’elle a elle-même cassé. Un jouet qu’elle a brisé en mille-morceaux. Un jouet dont elle n’a pas vraiment besoin mais qui laisse une marque indélébile.

C’est le propre des enfants. Sa possessivité est sans limites, ses caprices sans fin. Elle veut tout et même si elle a une demi-victoire, elle aurait voulu l’avoir sans se salir les mains. Elle tombe de haut. Mais elle n’en a pas fini de chuter.

« Non, oublie. C’est au mieux. Tu as fait un bon travail. »

Elle s’incline légèrement. Un remerciement futile alors qu’elle a envie de pleurer. Elle décide de ne pas chercher plus loin, de garder les masques et les convenances. Parce que c’est ce qui est le moins blessant et parce qu’elle préfère panser elle-même ses blessures inexistantes.

Oui, mais il n’en décide pas ainsi. Il l’enterre de ses mots et elle suffoque. Raison contre abandon. Il gagne, inlassablement.

« Surement. Je ne sais pas. Ils croient pour le moment que je ne suis qu’une cliente. Je trouverai, un moyen. Si le pire se passe, je n’aurai qu’à intervenir. Tu sais… »

Elle n’aime pas parler de ce don maudit. Elle n’aime pas en évoquer le double-tranchant, le sang versé par sa propre mémoire. Elle lisse un pli imaginaire sur sa robe, s’assoit à nouveau à côté de lui. A bonne distance, comme si elle voulait se rassurer.

« Et puis il n’y a que moi qui soit concernée. Maintenant. Ils ont été emportés, le lien avec vous tous est rompu. S’il le faut je… »

Elle s’arrête, détourne le regard. Distrait, comme si elle ne s’intéressait déjà plus à la conversation. Mais son cœur tambourine fort contre sa poitrine, pourtant. Son BOUM BOUM BOUM est rassurant, lui donne le vertige en même temps. Elle a l’impression de tomber avant l’heure.

S’il le faut, j’emporterai tout avec moi.

Les dés sont jetés. Il n’y a que leur chute, à tous, qui pourra la sauver.



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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Mer 16 Mai - 22:26



Elle te fait sourire alors que, dedans, tu te ronges les sangs.

Elle te refait cet effet de gamine non contentée par ce qu'un adulte lui offre, voulant toujours plus mais refusant de l'avouer pour ne pas passer pour totalement égoïste - tout ça parce que maman a dit d'être polie. Oui, vraiment, son comportement si changeant te fait rire, silencieusement, douloureusement. Sa façon de faire les cents pas, cette manière de lâcher cette phrase d'un air presque dédaigneux ... « Je n’ai pas besoin de ça. » Alors, Lill, de quoi as-tu besoin ? Tu sais, Andras aimerai bien comprendre, lui aussi. Il est un peu perdu, face à tes agissements, face à ce regard dur, puisqu'il ne sait toujours pas quoi faire pour t'aider. Tu sais, pas besoin de le fixer comme ça, puisque c'est lui qui gagne toujours ces batailles-là. Sa pupille bleu claire est trop tranchante pour toi, même si tu y met toute la dureté dont tu es capable. Mais tu sais, il ne te juge pas encore. Andras préfère attendre que tout soit fini, qu'il puisse définitivement statuer, une fois pour toute. C'est ça, oui : tout dépend de toi. Si tu te penses assez forte pour y arriver seule, si tu prends appui sur lui ou si tu laisse tout tomber. Lui, toutes les solutions lui vont. C'est toi qui décide. Alors, qu'est-ce que tu fais, Lill ?
Et toi, Andras, tu te contente de rester inutilement sur ton fauteuil, à l'observer, à attendre un tu-ne-sais-quoi auquel réagir. D'ailleurs, tu ignores toujours quoi faire, comment redresser la situation, mais maintenant, tu sais pourquoi tu n'arrives jamais à mettre le doigt sur la solution : il n'y en a pas. Ah, Lill. Tu veux l'aider ? Elle croit que tu pues la compassion. Tu la laisses seule ? Elle se consume d'elle-même. Alors, qu'est-ce que tu peux faire, à part attendre une échappée où te glisser ? L'écouter. Silencieusement, avec respect, en attendant qu'elle se dévoile d'elle-même, sans que tu ne fasse rien pour l'y obliger. C'est à elle de lancer les dés, à elle de voir si elle veut un double six ou deux chiffres totalement obsolètes. Une nouvelle phrase, de nouveaux mots, de nouvelles déclarations. Alors comme ça, elle pense vraiment que tout est terminé ? Ses yeux disent le contraire, tu le sais bien ; mais tu ne peux pas l'obliger à abaisser ses piques si elle ne te laisse pas de pistes. De porte. D'un début de code. Et puis, elle se défile à nouveau. Tu n'arrives plus à la fixer dans les yeux, elle les baisse et tu n'insiste pas. A quoi bon ? Tu te l'ai déjà dis. C'est elle qui choisit, toi qui donne de petits coups de pouce au gré de ta curiosité, mais à nouveau, elle recule après s'être timidement avancé dans ses propos. Vous tournez en rond, ridiculement. Toi, qui ne veux pas lui forcer la main. Elle, qui n'ose pas avouer sa faiblesse. Idiots.
Le sujet change. Elle parle un peu plus, moins gênée, mais bientôt reviennent les orties sur lesquelles elle hésite un peu trop à marcher. Tu comprends ses phrases, mais le sens derrière elles semble pourtant s'échapper peu à peu de ton cerveau. C'est son dernier morceau de phrase qui retient toute ton attention, tout cet air grave que tu arbore, tout cette attitude troublée que tu n'as pas l'habitude de porter. Tu hésites, encore, encore, encore. Ne pouvait-elle pas être un peu plus simple ? Ne pouvais-tu pas juste garder tes apparences sûres de toi ? Peu importe, puisque maintenant, tu es là, devant elle. Et c'est à ton tour de lancer les dés. Double as ou main sans gain ?
    Tais-toi, Lill. Ou plutôt finis tes phrases, complètement. Tes sous-entendus, tes suspensions dont on ne peut pas deviner la fin, ça me tue. Arrête d'esquiver tes aveux, parles-en ou dis-moi tout simplement que tu refuses. Mais ne commence pas pour les suspendre avant la fin.
Tu poses tes mains sur tes tempes, cache ton visage. Tu as dis tout ça sans ta voix assurée ; elle semblait plutôt cassée, rauque, éraillée. A l'image de ton esprit : fatigué et surtout indécis.
    Et il ne faudra pas. On fera tout contre. On est une espèce de famille, non ? Moi, en tout cas, je vois ça comme ça. Il n'est pas question que ce soit toi qui paye, pas toute seule. Tu comprends ?
Oui, tu comprends, Lill ?


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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill Lun 23 Juil - 15:41

Volent en éclats les confessions et se mélangent, le gris et le noir. Mais les ténèbres subsistent.

Elle comprend, elle ne comprend que trop bien alors elle hoche la tête. Et c’est une erreur, de croiser à nouveau son regard, de le voir tel qu’il est vraiment, à ce moment précis. A bout de patience. Fatigué. Brisé par cette même vague qui s’abat sur elle, sur eux tous. C’est une erreur, de tenter à nouveau de parler, d’ouvrir la bouche. Parce qu’elle en est incapable et tout ce qu’elle peut faire, c’est enfin laisser les larmes rouler sur ses joues.

Tu es faible, si faible, Lill. Tu t’attends à pouvoir résister à la situation mais tu t’en détournes, tu fuis et quand tu ne fuis plus, tu montres ce visage inondé, ce côté de toi qui ne fait que demander une aide que tu finis toujours par rejeter. Tu es pitoyable, dans ta sottise, dans ton envie de bien faire, dans ton simulacre d e paradis, d’idéaux entreposés là pour cacher ton égoïsme.

Vengeance clame son esprit mais son corps est à bout. Ses nerfs ne suivent plus et les larmes ne s’arrêtent pas. Elle baisse la tête, pour cacher son regard, n’ose pas bouger, pas souffler un mot. Elle sait que sa voix serait entrecoupée de sanglots et elle sait qu’elle n’a pas envie de s’infliger cet affront supplémentaire. Foutue fierté.

Mais c’est Andras alors tu peux la jeter aux orties, non ? Tout lui dire. Baisser ce poids sur tes épaules. Tu sais que c’est uniquement ton fardeau, que si tu le lui dis, il ne pourra le partager. Mais les mots, les regrets jetés dans les airs seront emportés par les cieux cléments.

« Très bien, très bien. »

Sa voix se calme, même si elle reste un peu cassée. Elle ose un regard vers lui, prend une inspiration qui la fait trembler des pieds à la tête.

« Une seconde. »

Elle se relève, reprend la bouteille d’alcool pour se resservir un verre. La boisson la réchauffe et son regard est un peu flou, un peu rassuré. Elle n’a rien à perdre, absolument rien. Elle a déjà tout perdu, de toute façon.

« Je n’ai pas l’intention de vous obliger à essuyer le poids de ma faute. Je t’ai demandé ce service parce que les risques en étaient limités mais ne compte pas laisser qui que ce soit continuer. »

Elle fixe ses yeux sur le siens. Sa voix s’adoucit, cette fois et une certaine tendresse se lit dans ses iris dorés.

« Je ressens la même chose que toi. Je n’ai pas envie que qui ce soit paie pour mes erreurs. C’est pour cela que si jamais tout tourne mal, j’effacerai la mémoire de toutes les personnes ayant des soupçons. Peu importe combien ça peut me voler de ma propre mémoire. »

Elle hésite un peu. Incertaine de ce qu’elle peut lui révéler ou pas. Sa bouche s’assèche mais elle résister à l’envie de boire à nouveau un verre d’alcool. Elle veut garder les idées claires, peu importe à quel point ce sera douloureux. Peu importe à quel point elle pourra regretter de lui avoir dit cela.

Mais c’est justement parce que c’est Andras que tu te le permets, Lill. Il ne te jugera pas. Il ne tentera jamais de t’enfermer dans leurs idées de justice trompeuse, il ne tentera jamais de te détourner de toi-même. Il veut seulement que tu te dévoiles et peu importe à quel point tu te montreras déjà corrompue, brisée, cela n’importera pas. Vous l’êtes tous, un peu, beaucoup et ce sera ave soulagement que tu mettras un peu de sel sur tes plaies béantes. Pour ne pas les oublier. Parce que tu sais que tôt ou tard, tu n’auras plus que cette douleur, en toi.

Sans te souvenir d’où elle pourra venir.

« Et si le pire survient, je deviendra quelqu’un d’autre. Je n’aurai qu’à faire disparaître la mémoire de celle qui a été Lill Saether. Si je deviens quelqu’un d’autre, on ne pourra plus rien tirer de moi. Si je deviens quelqu’un d’autre, je n’aurai plus de lien avec vous. Tout pourra continuer, alors, et l’obstacle disparaîtra. »

Elle souffle. Elle se sent plus sereine, plus légère. Le silence lui répond un court moment et elle ferme un peu les yeux, s’empêcher de verser quelques larmes qui se seraient égarées sur son cœur palpitant.

Quand elle le regarde à nouveau, elle a de nouveau son sourire assuré, malicieux, au visage. Elle s’avance, se penche, jusqu’à poser quelques doigts tremblants sur les mains gantées.

« On est une famille, après tout. Il faut bien qu’elle subsiste. Tu comprends ? »

Une légère pression sur sa main et elle se relève sur son siège. Elle a envie de partir. Parce qu’elle sait qu’ils en sont enfin arrivés au point crucial. Et même si elle a lancé les bases, elle a peur de la suite.

Lâche, jusqu’au bout. Elle ne peut profiter que de ses rares moments de sincérité. Avant de sombrer, irrémédiablement.



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MessageSujet: Re: S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill

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S’égarent vos vies pour que justice soit rendue et tombent les sacrifices ▬ PV ;; Lill

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