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Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh

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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Andras Noriega
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MessageSujet: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Mar 22 Mai - 13:26



Nos regards trouvent enfin réponse après tant de temps.

    Bonsoir !
La lumière s'arrête, t'éblouit autant que toi, tu les illumines de ton sourire. Comme chaque soir, chaque instant sur cette estrade de bois, sur cette scène enveloppée de tissu rouge, il est vrai. Sans fioritures, sans exagération, sans mensonges, simplement véritable. Parce que tu as toujours rêvé d'être ici, à la place des artistes, parce que ce souhait te rend heureux même s'il n'est pas pleinement contenté. Les applaudissements polis fusent, et même s'ils ne te sont pas particulièrement adressé, tu continue de sourire, en réponse. Et pour leur montrer que tu vas bien, pour continuer à faire de ce masque joyeux ton vrai visage. Pour continuer à les berner. A vrai dire, c'est aussi cette pensée qui te fait rire. Tu couvres la salle de ton regard, vois des yeux friands de danseuses, entends des acclamations, des impatients, et toutes les tables sont prises. C'est tout à fait normal : c'est le retour d'Alixia, la grande danseuse du Cerasis Flore, celle qui fait tant rêver ceux aux premiers rangs, celle qui les renvoit à la réalité tout aussi sec, mais aussi celle qui alimentera toujours des soupirs désespérés. Ils sont là pour elle, mais toi, tu fais comme s'il n'y avait pas cette impatience dans l'air et continue d'observer chaque visage. Tu repère les ivrognes qui ne vont pas tarder à être invité à sortir, les nouveaux et leurs étoiles dans les yeux, les habitués que tu connais -de vue, du moins.
    Merci à tous d'être venus, et permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue, ici, au Cerasis Flore !
Un autre sourire, ponctué de l'arrivé, derrière toi, de quelques jeunes danseuses, dans leurs costumes pailletés à dominance rouge, leurs visages portant un maquillage de la même couleur, rendant leurs traits triangulaires ; tels de froids robots rouge passion. Tu sais que c'est un choix risqué, que certains ne vont pas apprécier, mais tu prends les devants, tu joue, mise. Et puisqu'Alixia sera là, tu ne risque pas très gros.
    Sans plus vous ennuyer de mes paroles, je vous prie d'accueillir notre très chère Alixia, qui, pour votre plus grand plaisir, est de retour parmi nous !
Le rideau derrière toi se soulève, dévoile la star de la soirée et aussitôt, un brouhaha envahit le cabaret. Elle est magnifique, comme toujours, ses longues jambes soulignées par son justaucorps, sa taille de guêpe encore affinée, son air hautain, sublimé par le maquillage, est même encore plus attirant que d'habitude. Tu lui tends la main, l'invite à s'avancer, même si tu sais qu'elle l'aurait déjà fait d'elle-même, et les applaudissements fusent de plus belle. Bien remise de sa maladie, tu avais dû pallier rapidement à la soirée annulée, mais ça s'était plutôt bien déroulé. Et te voilà, là, devant ces personnes n'attendant que d'être émerveillées, à côté des artistes tremblantes d'impatience et, sans plus tarder, tu leur souhaite une bonne soirée et t'éclipse, laissant la scène au bons soins d'Alixia.

Et puis voilà comment se déroulait, chaque soir, la même histoire dont tu ne te lassais jamais.
Tu t'incorpore à la foule, lance des conversations, dis bonsoir, offre quelques verres, avec ce maudit sourire sur le visage. Comme d'habitude. Tu te mêle aux serveurs, fais semblant de t'inquiéter du bonheur de tes clients, parle de tout et de rien. Comme d'habitude. Et tu attends le bon moment pour t'approcher de ce qui t'intéresse. Tu l'as vue, quand tu étais sur la scène, assise à sa table, au fond, comme d'habitude. Tout était si habituel que tu te demandais si tu allais vraiment briser ce perpétuel rituel -mais tu le devais. Parce que ça avait assez duré. Parce que tu dois bien apporter quelque chose en plus aux dealeurs -autre chose que la mort qui habite tes mains. Après tout, n'es-tu pas un des mieux placés pour apporter des informations ? Peu importe. Tu te rapproche de sa table, apostrophant telle personne, échangeant quelques propos avec une autre, toujours en glissant vers le fond. Et puis, tu y es. Elle est seule, assise, alors tu fais comme si tu venait un peu égayer sa soirée, ce foutu sourire si parfait aux lèvres.
    Bien le bonsoir, Mademoiselle ! Excusez-moi, il me semble que nous n'avons jamais réellement pris le temps de parler, me trompe-je ? Dans tous les cas, cette erreur m'est impardonnable, pour une habituée telle que vous ! La mythique cliente de la table trente-deux ... A vrai dire, c'est une des seules que je ne réserve qu'en cas de dernier recours, toujours en attente de votre venue et, pourtant, je ne suis jamais venu vous voir. Vous m'en voyez vraiment désolé ...
Tu interromps ton bavardage un moment, fais un signe à un serveur qui comprends directement ton message, puis te retourne vers elle. Le Scorpion. Sa chevelure rouge te rappelle bien cet animal, son rôle t'évoque son poison. Et tu sais qu'elle aussi, derrière ses longs cils, est dangereuse. Le tout est de savoir lequel de vous deux l'est le plus.
    Permettez-moi de me racheter à l'aide d'un verre ... Plutôt vodka, whisky, saké, peut-être ? A moins qu'un cocktail ne vous convienne mieux ? Choisissez donc, c'est offert par la maison. Puis-je m’asseoir un instant ?
Ta voix est douce, comme si elle voulait charmer l'animal, mais ce n'est que ton masque habituel. Tu souris à nouveau, alors que le serveur arrive à point nommé pour prendre commande, une carte tendue vers la jeune femme. Toi, tu attends, les yeux rivés vers la scène. Bientôt, Alixia aura fini et se sera au tour d'une chanteuse de faire apparition -pour une ou deux heures seulement, il est déjà tard, à moins que ce ne soit tôt ? Peu t'importe. Tu veux juste te rapprocher de l'arachnide qui t'a empoisonné la vie.




Dernière édition par Andras Noriega le Sam 26 Mai - 15:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Ven 25 Mai - 10:52



Ce lieu… Dès qu’elle a pu y entrer, elle y a, en quelque sorte, élu domicile. Décor intimiste, personnel serviable et surtout, des artistes de qualité. Un peu comme si les meilleurs talents d’Antalis s’étaient réunis dans cette salle mythique, un berceau de création à l’état pure. Tout n’est pas au goût de la jeune femme, mais le plaisir de la découverte est toujours présent ainsi que celui d’assouvir sa curiosité artistique. Elle y vient quand elle en ressent le besoin, toujours à la même table qui lui est réservée, mais jamais le même jour. Après tout, elle est une personnalité publique pour les plus connaisseurs. Son rôle n’est pas vraiment caché. La prudence reste de mise, en tout temps, à tout moment. Cela serait mentir que de dire qu’elle se sert de cette excuse pour rester seule. Mais entre égoïsme et peur de se lier aux autres, les limites qu’elle s’impose sont ancrées en profondeur.

Divertissement lointain. Je t’effleure du bout du doigt. Terroriste que je suis, je ne te quitte pas et te décrypte d’un regard faussement absent.

Andras Noriega. Leigh sait qui il est… Jeune propriétaire du Cerasis Flore. Elle ne lui a jamais parlé. Elle aurait pu prendre les devants, mais au final, elle ne l’a jamais fait. Il est parfait dans son rôle d’hôte, toujours si souriant et chaleureux… Peut-être est-ce pour cela qu’elle ne l’a jamais approché… Sachant pertinemment la puissance d’un sourire. La jeune femme n’est pas dupe, puisqu’elle aussi use et abuse de cette technique. Elle reconnaît volontiers qu’il excelle dans cet art. La scène lui sied à merveille. Éphémère illusion ou simple oubli de soi ? Le spectacle tant attendu est digne d’Alixia, mais ce soir, Leigh se fait distraite. Éprise d’un ennui versatile, elle préfère porter ses yeux sombres sur le public qu’elle observe du fond de la salle. Inconscient, mon corps se fait métronome. Vagabonde, mon humeur se joue de moi. Et il s’approche finalement, brisant l’ennui monotone. Son discours est commercial et n’égaye guère la jeune femme. Mais il sourit, alors elle aussi, en charmante invitée.

    ▬ « Bonsoir. Ne soyez pas si dur envers vous-même. Avoir ma table me comble déjà. Et votre cabaret ne désemplit jamais. De nouvelles têtes arrivent chaque soir. Alors si vous souhaitez les revoir, c’est normal que vous leur accordiez plus de temps qu’à moi… Une cliente déjà conquise… »


Elle papillonne des cils, et ne retient pas son sourire séducteur. Une main délicate part se perdre dans ses longs cheveux rouges qui contrastent avec sa robe noire. D’un geste gracile, elle les laisse retomber en cascade devant, puis croise et décroise ses longues jambes.

    ▬ « Mais je suis ravie d’avoir la chance de parler à la personne qui rend tout ceci possible… »


Son plus beau sourire aux lèvres allié à un léger mouvement de tête l’autorise à se joindre à elle. Sa compagnie n’est certainement pas déplaisante, alors pourquoi ne pas lui laisser une ouverture. Elle le dévisage, lui qui observe sa scène. Curiosité brutale, prise de risque contrôlée... Pour l’instant. Le serveur tend la carte que Leigh repousse légèrement pour commander directement un whisky, on the rocks.

La danse laisse place au chant. Le silence qui s’est installé entre eux se laisse bercer par le ravissement des autres spectateurs. Et l’alcool ambré est servi. Choc et entrechoc, les glaçons tintent discrètement avant de se noyer. Malgré la brûlure euphorisante qui vient de lui parcourir la gorge, son visage reste détendu.

    ▬ « Les trésors de votre cave m’étonneront toujours… Et en parlant de trésors, je me demandais si vous accepteriez de me faire visiter les coulisses du cabaret… Ainsi, vous seriez définitivement pardonné. »


Murmure malicieux, le scorpion s’approche de sa nouvelle cible. Pas de velours. Qui charme qui ? Des questions titillent soudainement la jeune femme. Mais elle les réserve pour plus tard. Et comme si de rien n’était, le jeu se met en place. Quelques gouttes de whisky ici et là. Une voix suave et enveloppante pour guide…

    ▬ « Il faudra que vous me disiez votre secret... »


Leigh laissa sa phrase en suspend. Bulle légère, provocation subtile. Son sourire se brisera-t-il ?

    ▬ « Où donc trouvez-vous ces perles rares ? »


Elle désigne la chanteuse sur la scène du bout d'un doigt.
Innocente et un brin capricieuse. Ce soir, la jeune femme a peut-être trouvé de quoi satisfaire sa curiosité maladive. Juste pour quelques heures, changer sa routine, oser quelques risques, mais ne rien laisser au hasard, ou presque. Quand un sourire mène la danse. Un jeu dangereux se dévoile.


Dernière édition par Leigh A. Raven le Mar 19 Juin - 15:52, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Sam 26 Mai - 16:56



Le prédateur appâte toujours sa proie pendant un temps ; l'observe au moins.

Tu entends sa voix, douce, feutrée, qui casse par son ton bas la musique envoûtante. Pourquoi ? Parce que ses mots le sont plus. Parce qu'elle continue le jeu que tu as commencé, alors même qu'elle n'est pas au courant. Elle te flatte, tu lui souris, elle fait de même, tu prends un air décontenancé, et puis elle continue. Elle sait que tes sourires de soirées ne sont façades -mais qui l'ignore ? C'est ton rôle par habitude. Mais ce soir, face à elle, tu jouera celui qui n'arrive pas à garder le sourire aux lèvres, trop impressionné par la prestance de la demoiselle à côté de lui. Le tout est dans le dosage de chaque sentiment que tu veux faire passer.
Un soupçon de charme, dans ton sourire étincelant, un peu d'assurance brisée, dans ton regard ; fais-lui croire qu'elle te contrôle, mais pas trop. Ou du moins, pas encore totalement. Laisse ta lèvre trembler quand elle joue la carte de la beauté, laisse ton regard glisser vers sa chevelure couleur passion. Ce que tu aimerai la lui arracher ... Mais pas question de céder une seule de tes pensées à tes traits, non, contente-toi de sourire le plus naturellement du monde en l'imaginant crever de douleur autant qu'elle a pu te faire mal -indirectement ou non, ça t'es totalement égal. Tu t'es assis, à côté d'elle, et maintenant, tu maintiens de ta main gantée ton regard vers la scène, comme si tu avais peur de tomber au fond de ses pupilles noires, si tu t'y plongeais à nouveau. Comme si tu refusais de lutter face à elle puisque tu sais qu'elle gagnera. Comme si tu faisais une pause, le temps de remettre ton masque d'hôte déchiré par sa présence. Tout repose dans les comme si. Son whisky arrive, toi, tu te contente d'un diabolo. Ridicule, peut-être, mais la soirée n'est largement pas finie pour toi -et ne jamais boire pendant les heures de travail, c'est une règle élémentaire. Ton regard brille de fierté face à l'artiste qui entre sur scène, tu ne peux pas t'empêcher de l'encourager d'un mouvement de tête paternel. C'est ça, oui. Ils sont tous un peu comme tes enfants. Mais tu ne dois pas te laisser distraire -pas maintenant où tout commence. Tu ris un peu, avant de parler de cette voix assurée, remplie de ce qui semble être de la bonne humeur.
    Aha, au contraire, dirais-je plutôt ! Qu'est un magnifique monument sans ses fondations ? Vous en faîtes partie, et c'est plutôt à des personnes telles que vous que je devrai accorder mon temps. D'ailleurs, ce n'est pas moi qui mérite d'entendre tant de compliments. Si vous souhaitez voir les coulisses, pourquoi ne pas saluer également quelques merveilleux artistes qui font la réputation du cabaret ? D'autant plus si cela m'excuse ...
Tu tourne ta tête, croise son regard, mais tu fais comme si tu t'étais complètement remis de son premier tour de charme. Ton sourire est mielleux, tes yeux perçants, mais tu fais légèrement frissonner ton dos, comme une réponse impossible à taire face à ses agissements, à ces yeux bruns. Foutaises. Et puis elle lance les dés, s'approche comme un fauve, observe sa proie -pour savoir si elle vaut le coup, sûrement. Son parfum t'arrive aux narines ; tu sais combien il est dangereux, pour autant, tu ne peux pas te défiler. Alors tu l'affrontes, gardant la tête froide autant que tu le peux. Et puis arrive sa voix. Tu reconnais un travail de maître - aussitôt, tu fais en sorte de voir flou, de faire trembler tes pupilles, d'être touché mais de ne pas trop le montrer. Pourtant, tu garde ton sourire, même s'il est un peu moins tiré vers le haut, même si tu y as rajouté un soupçon de fascination. Viens la suite de sa question, à laquelle tu réagis de suite. Fermes tes paupières, souris avec plus de relâchement, baisse ta tête avant de fixer la scène ; fais donc comme si elle t'avait eu. Tu es parfait dans ton rôle.
    Vous savez, les plus beaux diamants sont souvent devant nos yeux, sans même que nous ne nous en apercevions. Le tout est d'avoir l'oeil ...
Sur quoi tu la fixe. Ah, Andras, tes sous-entendus sont vraiment ridicules, mais soit. Tu te lève, lui tends ta main gantée de noir, plein de manières ; allume à nouveau ton visage d'un sourire et l'invite à te suivre.
    Les coulisses sont grandes, Mademoiselle. Je n'aimerai pas vous fatiguer en vous y retenant trop tard, ni abuser de votre temps en condamnant votre soirée à se dérouler en ma présence ... Alors que diriez-vous d'y aller directement ? Peut-être même apercevrions-nous Alixia dans sa loge, si cela vous dis.
Tu sors de ta poche un écriteau "réservé" que tu pose rapidement sur la table, avant de te retourner vers l’intéressée. Qui mène vraiment la danse ?



[/quote]
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Leigh A. Raven
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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Sam 9 Juin - 14:45


Le buste légèrement en avant, le menton délicatement posé sur sa paume de main, le regard pétillant à l’idée de découvrir un petit secret, une expression presque enfantine se peint sur son visage, mais la réponse déçoit. Des diamants qu’on ne remarquerait pas car justes sous notre nez… Réplique facile. Elle ne note même pas l’allusion et ses yeux bruns se font plus sévères, l’espace d’un instant, pour disparaître rapidement et s’illuminer d’une nouvelle lueur d’espièglerie. Elle fait la moue, un brin insatisfaite.
    ▬ « Mmm… Si vous le dites. Vous êtes l’expert. Pas moi. »

Et le doux sourire d’un enfant réapparaît. Candide et faussement naturel. Empli de malice et un peu trop chaleureux.
Leigh se redresse enfin et reprend pleinement sa stature lorsqu’il l’invite à passer en coulisses. Léger hochement de tête sur le côté, elle observe quelques secondes cette main gantée… Presque impressionnée par l’assurance qu’il dégage soudainement. Andras est chez lui, quoi de plus normal après tout. Territoire inconnu... Le danger se trouve peut-être derrière ce rideau… Mais l’excitation transcende la peur. Résister à cet appel est vain.
    ▬ « Il m’en faudrait bien plus pour me fatiguer. Et puis… J’ai choisi moi-même de venir ici y « perdre mon temps ». Vous êtes trop attentionné Monsieur Noriega. Ne vous en faites pas pour moi. »

Elle daigne enfin se lever et glisse légèrement -presque timidement- sa fine main dans celle de son guide. Mais elle stoppe soudainement et serre malencontreusement son étreinte.

    ▬ « Mais vous êtes un peu rude envers vous-même. Votre présence m’est essentielle ce soir. J’accepte donc cette condamnation avec plaisir. »

Son sourire rayonne à nouveau, alors qu’au fond, elle sait que personne n’est réellement indispensable… Même pas elle. Moi, encore moins.
Mais Leigh s’échappe de l’emprise de son hôte et se dirige d’elle-même vers l’endroit communément étiqueté « Privé ». Elle l’attend un peu, juste avant de passer de l’autre côté des lumières de la scène et le laisse la précéder. Il ouvre la marche et elle remarque… Qu’il est bien plus grand que ce qu’elle pensait. Détails sans importance, mais tout de même relevé. Observant son dos, aucune gêne ne s’empare d’elle et elle le détaille avec précision… Jusqu’à ce qu’un nouvel éclairage ne vienne marquer le nouvel environnement.

Fragments d’affiches, morceaux de décors, étalages de costumes pimpants, pléiade de miroirs de toutes tailles et du maquillage à foison sur chaque coiffeuse. Derrière l’agitation et le ballet de derniers artistes à monter sur les planches, des loges privées et d’autres pièces se dessinent. Contenant certainement de précieux trésors. D’autres décors, d’autres costumes, les instruments de l’orchestre et encore tant d’autres choses. Écrin de velours, caverne d’Ali Baba. Mais pour l’instant, c’est cette éphémère effervescence qui captive la jeune femme et qui en oublierait presque le maître de la maison. Son visage s’éclaire d’une réelle candeur et Leigh devient ingénue. Elle se meut avec délicatesse, évitant soigneusement de perturber les artistes qui se concentrent, effleure les robes brillantes d’une main distraite et jette son dévolu sur une danseuse du premier spectacle de la soirée. Retardataire, elle se démaquille encore. Délaissant son guide, l’avide curiosité s’empare d’elle. Appétit sincère des nouvelles découvertes, elle néglige aussi son propre jeu.

Le scorpion échange brièvement avec sa nouvelle cible. Banalités polies, les félicitations s’imposent sur sa prestation. Elle danse depuis qu’elle sait marcher ou peut-être même avant d’avoir su marcher, la jeune fille a oublié. Travailler de nuit ne la dérange pas, bien au contraire. Leigh approuve spontanément, elle aussi aime l’obscurité de la nuit, brisée par le firmament. Elle lui fait tester un peu de fond de teint sur son poignet, puis un rouge-à-lèvres sur le dessus de la main. Elle lui prodigue quelques conseils et Leigh écoute attentivement, réplique naturellement tout en laissant échapper quelques rires innocents. De loin, on pourrait croire à une amitié naissante. Mais bien qu’à ce moment précis, rien ne soit calculé, Raven n’oubliera jamais de placer soigneusement son mur de protection. Son sourire franc et cordial surprend, mais le ton de sa voix sème parfois le trouble.
Enfin, elle remercie la danseuse de lui avoir consacré un peu de temps et s’excuse tout en s’éloignant de quelques pas… Le regard furtif et perdu, elle vient de se rendre compte qu’elle s’était laissée emporter et l’avait oublié… Murmure incontrôlé d’une brève inquiétude.
    ▬ « Où... »

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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Dim 1 Juil - 13:57



Mais reste la question de savoir qui est qui.

Sa moue te fait sourire. Bien évidement, qu'elle allait être déçue, ce n'était pas comme si tu allais dévoiler tes secrets -du moins pas en échange d'autre chose, mais ça, elle l'ignorait. Et tu gardais sa curiosité sous le coude, appât qui la fera revenir si besoin est ; mais tu vois qu'elle change bien trop vite d'expression pour une novice. Elle fait comme si de rien n'était. Te ment. Comme toi tu le fais perpétuellement. Andras, ne perds pas la main. Reste vigilant. Et ne te laisse pas embarquer dans son manège. Le compliment glisse sur ta coquille, ne t’atteint pas, tu n'en donne d'ailleurs aucun signe, si ce n'est ton habituel sourire, celui qui te va si bien, jusqu'à ce que sa fragile main vienne rejoindre la tienne. Minime contact, pression bien plus grande ; elle se joue de toi. Te captive, malgré tout -t'oblige à porter toute ton attention sur elle. Ta tête se baisse pour observer ces deux mains qui te semblent trop loin de ton contrôle, avant que ton oeil encore valable ne la détaille intensément. Sa crinière rouge si disciplinée, son regard rendu noir par l'éclairage, tellement amusé, son nez droit, son teint pâle et ses lèvres fines. Si ça ne tenait qu'à toi, tu l'aurais rendue encore plus exquise, un voile de glace sur son corps et un air innocent sur le visage -mais ce qu'elle tient dans sa main, c'est un gant. Pas ta peau, pas ton poison. Et même si ton regard se fait ambigu, tu ne fais que sourire une fois de plus à ses paroles. Ainsi, elle accepte cette condamnation ? Soit, qu'il en soit ainsi. Reste à savoir si tu pense à la même qu'elle.
Sa légèreté t'étonne, mais tu ne le montre pas non plus, avec ce sourire chaleureux qui reste pourtant si froid dans ta tête. Tu la suis, silencieusement, esclave de son ambition, de son impatience, attendant un tu ne sais quoi pour mieux l'approcher encore. Mais tu patientera jusqu'à ce que l'émerveillement finisse son travail, jusqu'à ce qu'il te l'apporte sur un plateau doré, jusqu'à ce que tu puisse t'amuser à ton tour. Et que tes lèvres esquissent enfin un vrai sourire. La porte s'ouvre, elle entre dans ton univers. Chez toi. Le tout est de savoir si elle arrivera à sortir sans perdre quelques plumes, sans tomber dans un de ses délicieux traquenards -mais tu te dis qu'elle est trop maline pour ça. Alors tu observe, un moment, elle autant que le reste ; ces paillettes, ces couleurs, ces affiches, ces costumes, ces artistes, ces miroirs, ces lumières et ces rêves t'invitent à t'envoler loin, sans lourdeur ni états d'âme ; à simplement être libre. Tu attends, encore, que le scorpion te montre sa nature, son émerveillement, toi qui reste impassible face à tout ce brouhaha contagieux et cette agitation joyeuse. Tu te contente d'être là, simple pilier qu'on ne peut pourtant pas effacer, alors que les minutes commencent à s'écouler. Aucune parole, aucun regard, aucun geste à ton égard, elle s'est simplement laissée portée par l'endroit. Tant que l'oiseau reste dans sa cage, ça te convient parfaitement.
Tu te permets de te balader au milieu des coulisses, d'aller saluer certaines personnes, de discuter avec d'autre, toujours un regard glissant sur cette chevelure rouge. Et puis tu te balade, félicite les danseuses, admire leurs beautés délicates, leurs caractères flamboyants et leur grâce sans pareil, toujours aussi fasciné par leurs chassé-croisés, entre éthos et pathos, entre passion intérieure et froids visages, entre expression et illusion. Ça t'as toujours émerveillé ; voir combien l'être humain pouvait être si incompatible avec lui-même, comment se mentir était si facile. Même encore plus facile que feindre devant les autres. Et toi, Andras, est-ce que tu te mens ? Sûrement. Peut-être un peu moins que les autres, peut-être un peu moins bien, peut-être même que tu te l'avoue. Mais au fond, quel intérêt ? C'est aux autres, à toute cette populace pitoyable que tu mens. Et parfois, il subsiste des personnes auxquelles, sûrement las, tu avoue tout. En ce moment, c'est ce que tu redoutes. Ton sang garde cette fluidité, ton visage ce masque calme ; mais à l'intérieur, tu as peur. Peur de perdre tes moyens, peur d'échouer face à elle, peur de perdre cette bataille qui semble si anodine. Le pire, c'est que tu aime ce commencement de malaise, cette petite sensation de malaise qui t’attrape le coeur : tu joue face à un adversaire qui t'intéresse, coriace. Et dans ce genre de cas, gagner sans se battre, ce n'est pas vraiment gagner. L'heure tourne, et toi, tu continue de l'observer du coin de l'oeil. Tu as fais quelques allées et retours, est passé dans les loges, dans la salle de restauration et même dans tes appartements, mais à chaque fois que tu la regarde à la dérobée, elle reste absorbée dans sa conversation. Toi, par contre, tu ne te gêne pas pour la détailler, elle et son attitude enfantine cachée derrière des formules de politesse et autres usages. Quel dommage de gâcher ça. Patient, tu décide d'aller enlever cette lentille qui te dérange chaque jour un peu plus, celle qui cache ton organe mort, pour t'occuper, meubler le temps, piquer sa curiosité, peut-être.
Quand tu redescends dans ce monde derrière le rideau, tu la vois, perdue, délaissée par ta danseuse et déconcertée au milieu de la place désertée. Elle te semble si fragile, à l'image un coquelicot ballotté par le vent, et aussi stupide que cette comparaison soit, elle te fait irrémédiablement penser à cette fleur. Et pourtant, tu sais qu'une rose serait plus adaptée, tu sais que ce n'est pas par un total hasard qu'elle est surnommée Scorpion, tu sais aussi qu'elle ignore tout ce que tu connais d'elle. Et ton masque revient habiter tes traits, ne faire plus qu'un avec ton visage, cacher ton âme. Silencieusement, tu t'approche de son dos, hésite un instant sur le comportement à adopter avant de te décider. C'est tes cartes, Andras. Mais tu doutes de bien les manier. Tu as peur, un peu, et ce sentiment qui te dévore peu à peu ne te donne que plus envie de t'y lancer. Ah, Andras. C'est inexplicable, cette envie de douleur. Cet attrait pour ta propre descente aux enfers. Et tu souris, alors que ta bouche se rapproche toujours aussi doucement de son oreille, que ta vue se fait capturer par cette couleur rouge qui t'hypnotise tant. Elle te rappelle tant de chose. Et ta voix se fait douce, enfantine, plutôt. Prédateur caché de femmes ; victime de leurs grâces ; prisonnier de ta passion. Tu le sais. Et comme d'habitude, tu te contente de rester sans contact, à une dizaine de centimètres de sa peau -puisque tu n'a même pas le droit de la toucher. Encore une fois, tu te torture par toi-même.
    Oh, excusez-moi, Mademoiselle Raven.
On dirait un enfant qui parle. Un innocent enfant. Ta voix ne colle pas avec tes agissements, tes mots sont trop communs pour ce que tu as derrière la tête. Et tu continue avec ce comportement, quand tu te recules de deux pas avant d'annoncer ta sentence.
    Décidément, je suis un mauvais hôte ... J'espère pour le moins que l'on s'est bien occupé de vous.
Menteur. Tu fais comme si tu ne l'avais pas observée, avec ce sourire en coin, ton oeil vrillé sur elle et la paupière du second refermée. Et tu attends patiemment que sa curiosité explose.





[HRP ;; tu peux me tuer pour le retard et pour "ça", là, le truc au-dessus.]
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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Mer 4 Juil - 10:40


Une toute nouvelle intimité se profile. Les coulisses ont brusquement été abandonnées de leurs hôtes. Clients spectateurs et artistes éblouissants ont mis fin à leur rôle respectif et se fondent à présent dans la nuit noire, oppressante. Et pour eux qui en sont si proches, cette fois-ci, aucune étoile ne daigne guider leur chemin… Présage incertain.
Elle fait un léger pas en avant au contact de son souffle sur son oreille. Et quand sa voix l’atteint, elle se cabre doucement pour démasquer le visage presque enfantin d’Andras. Ce sourire irradiant toujours dessiné sur ses lèvres, elle s’y est habituée. Son attitude faussement modeste également. Elle hoche la tête et s’avance de nouveau vers lui.
    ▬ « Non, c’est moi. Je me suis laissée distraire. Et votre équipe n’a rien à vous envier. Comportement irréprochable. »

Elle insiste un peu sur ce dernier mot et ne détourne pas son regard de lui. Leigh remarque l’œil clos, mais ne s’y attarde pas. Elle ne l’évite pas non plus, mais se montre juste indifférente, préférant observer l’homme dans son ensemble… Du moins pour l’instant.

Elle passe devant lui, le frôle volontairement et entrevoit déjà le prochain mouvement.
    ▬ « Poursuivons-nous la visite ? … Est-ce par là que vos artistes accèdent à la scène ? »

La main suspendue dans les airs désigne les quelques marches du fond. Les abords de la scène paraissent sombres. Et la jeune femme se plaît à imaginer la pression éprouvée par les artistes. À quelques pas du plateau, la chute semble si facile.
Le tintement des derniers verres est presque perceptible et annonce la fermeture du cabaret.
    ▬ « Je crois qu’il n’y a plus grand monde… »

Elle le regarde à nouveau, ce sourire enjôleur qui lui répond s’étirant un peu plus sur ses lèvres. Le ton de sa voix se ferait presque provocant, alors que ses mots sont creux et sans intérêt. La banalité de leur échange polissé se révèlerait ennuyeux pour la plupart, alors que la réalité est toute autre. Dans ce simulacre, les deux êtres se toisent avant d’envisager une autre danse. Plus mordante peut-être. Pour s’adapter au fruit de son nouvel intérêt, elle sait se faire souple. Et pour un temps, au lieu d’attirer, elle se laisse capturer. Tant qu’elle ne ressent pas le danger, elle s’engouffre volontiers dans la mascarade. Et quand bien même, ce frémissement pointerait le bout de son nez, elle saura s’en défaire. Car cet obscur effroi, elle l’a côtoyé et le côtoie encore souvent. Elle jongle en acrobate extrême. Et sait qu’elle pourra toujours le lacérer sans que sa carapace ne s’effrite. Car elle possède Phoenix. Immuable protection. La peur ne se fait même plus caresse.

Attendant patiemment que son guide ne prenne à nouveau les rennes, Leigh se contente d’observer ce qui l’entoure. Le champ de bataille est plus intact qu’elle ne l’aurait cru. Et alors qu’elle le détecte, qu’elle sent qu’il s’approche subtilement, Raven reprend la parole. Elle ressert son étau, sans véritables autres intentions que d’assouvir sa curiosité. Mais tout de même… Instinctive.
    ▬ « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours connu ce cabaret. Si je ne me trompe pas, il s’agit d’un héritage familial, n’est-ce pas ? »

Il l’entraîne et elle amorce le contact, pose une main sur son avant-bras, tandis qu’elle relève un peu sa robe pour ne pas trébucher dans cet escalier.
    ▬ « Mais je me suis toujours demandée, d’où venait ce nom… Cerasis Flore ? Elle suspend sa voix suave pendant quelques secondes. Une fleur délicate… Dommage qu’elle soit si éphémère. Mais peut-être est-ce là que réside sa beauté… »

Ses derniers mots qu’elle jugeait anodins… Elle les avait prononcés si innocemment que la cruelle fatalité qu’ils renfermaient s’en retrouvait exacerbée. Et pourtant, Leigh n’envisageait pas autre chose que la simple évocation d’une pensée bienséante et souvent commune. Elle n’avait même pas regarder son interlocuteur en disant cela. Elle l’avait déjà abandonné pour finir de gravir seule, les marches qui menaient à cette lumière soudaine.
Elle se tenait à la frontière, entre éclat et ombre. Mais elle s’était stoppée nette, lui bloquant le passage, manquant presque de le renverser. Scorpius se retourna pour le dévisager sans complexe. Une main gracile se leva. Et dans un effleurement, elle dégagea les quelques mèches blondes qui recouvraient l’œil clos.
    ▬ « Est-ce que vous la sentez… Cette douleur fantôme ? »

Une lueur d’empathie traversa ses yeux bruns. Le trouble d’une peine, la désolation d’une douleur transperçante et l’absence de sensation physique réelle. Tout s’entremêla l’espace d’une seconde furtive pour s’immobiliser brusquement. L’écho lointain se mue au présent. Acte imprévisible pour les uns et inévitable pour d’autres…

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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Mar 10 Juil - 17:11


Touché ~

Ses réactions te font sourire. Aussi stupidement que ça. Pourquoi ? Parce qu'elle ne se laisse pas faire. Parce qu'elle se contrôle. Parce que les mots sont toujours aussi anodins. Et parce que ça t'amuse horriblement. Elle semble si sûre d'elle, si lassée par tes sourires, si polie que tout son comportement sonne faux. Et tu sais aussi qu'à peu de choses près, elle pense la même chose. Ce n'est pas pour autant que tu veux arrêter. T'arrêter. Et c'est elle qui prend les devants. Qui choisit. Soit. Ah, Andras. Elle veut mener la danse mais te laisse tant de possibilités pour jouer que ça ne te fait que plus sourire. Sincèrement, pour une fois, même s'il n'y a aucune différence pour les autres. Ceux qui ne savent pas. Tu la regarde s'en aller, avancer, tandis que toi, tu ne bouge pas. Tu hésite : feras-tu le gentil chien qui suit sans rien demander, l'ange qui restera sage, le charmeur qui se retient ou plutôt celui qui ne veux pas s'amuser, pour une fois ? Ou alors devrais-tu avancer, t'affirmer ? Commencer ? Telle est la question. Et tu y répondra plus tard, quand tu n'aura plus d'autre choix que d'y faire face, et la solution viendra d'elle-même. En attendant, un mélange de tout suffira.
Alors tu la suis, sans te presser, tu gardes le silence en acquiesçant d'un coup de tête, sans plus, l'observant surtout, écoutant ses paroles trop anodines. Son ton l'est moins, par contre, tout comme son sourire, et tu te demande à quoi est-ce qu'elle pense. Ce qu'elle veut vraiment. Et il n'y a pas tant de solutions. Toi, en tout cas, tu connais ton but ; reste à y arriver. Délicate situation. Arriver à ce que l'on veut, sans tomber dans le piège. D'autant plus que le sien est hérissé d'épines. Tu as au moins l'avantage de connaître un minimum ses atouts, mais tu te demande si, au fond, ce ne serait pas même mieux si tu laissais te faire capturer. En quelques sortes, ça te prouverai que tu peux encore ressentir autre chose que de la haine, même si ça ne reste que superficiel. Même si tu deviens encore plus psychopathe. Cette pensée t'arrache un rire léger, tandis qu'elle parle. Tu ne fais pas vraiment attention, bouge de nouveau la tête de façon affirmative tout en l'amenant à la scène, pensant à ce qui t'avait traversé l'esprit. C'est toujours de leur faute. Ton état. Ta vengeance. Ton jeu. Ta vie, au fond. Son contact, à travers le tissu, semble brûler ta peau, doucement, commencement du feu de ta colère intérieure.
Et sa bouche commet l'irréparable. Ton oeil revient bien trop rapidement vers son regard, tu tente d'étouffer au plus vite la flamme de haine qui y brûlait, avec succès. Mais, à l'intérieur, tu te consume. Et tu ne la hais que plus. Tu la désire entre tes mains, avec cette lueur vide au fond des yeux et cette plainte qui s'écoule de sa gorge, en un dernier spasme. Tu la veux. Tu veux qu'elle comprenne ta douleur. Qu'elle souffre autant que toi. Qu'elle soit à ton niveau, là-bas, dans les abîmes de la folie. Parce que c'est ce que tu es, Andras. Fou. Juste fou de douleur. Et elle vient de raviver la plaie que tu cautérisait avec ta haine, avec ta vengeance. Et tu décide que, si tu n'arrive pas à capturer son esprit avec tes mots, avec le tien, ce soir, tu arrachera son âme de tes mains. En souriant, en lui chuchotant tous tes troubles. Mais en attendant, tu lui dois une réponse -une réplique jouée à la perfection. Ta voix est rauque, un peu froide, et tu fais comme si tu voulais cacher ta peine. Pas comme si tu t'empêchais de l'étrangler.
    Toute beauté est éphémère. Malheureusement. Et c'est de là-même que vient ce nom, taillé à notre mesure.
Tes mots sont mélancoliques. Incompréhensible. Sauf si elle sait, mais tu en doute : sinon, pourquoi t'aurait-elle dit ça ? Ce serait contraire à ce qu'elle veut. Tss. Même les responsables ne savent rien. Ça ne te donne que plus envie de geler son âme. Plongé dans ta nouvelle obsession, tu la percute quand elle s'arrête. Le jeu va-t-il prendre un nouveau tournant ? Et lequel ? C'est tellement fragile. Tellement frêle. Tu fixe ses yeux, ne fait pas attention à sa main ; dans ton regard, on peut lire un peu d'étonnement et un soupçon d'envie que tu n'arrive pas à cacher, mais suffisamment faible, de façon à ne pas trop te trahir. Juste assez pour faire passer le message. Et sa voix. Sa douce voix feutrée. Tu serre la mâchoire, baisse la pupille, comme un enfant avouant sa faute.
    Elle n'est pas fantôme.
Mais sait-elle seulement ce qu'est la douleur, telle toi tu la connais ? Si oui, elle devrait savoir. Si non, tu te fera un plaisir de lui montrer à quel point ça fait mal. Et à quel point ça te plaît. Parce qu'aucun mal n'est fantôme, parce qu'il vous ronge tous deux, peu importe à quel point. Et tu joue le démuni, le gêné, celui qui a quelque chose à cacher. Ta tête se penche vers l'arrière, à l'abris de son regard, tandis que tu passe une main nerveuse dans tes cheveux blonds. Tics. TOC. Tac ? Ca n'a duré qu'une dizaine de secondes et, déjà, tu replante ton oeil dans un des siens, ton front non loin du sien, pouvant détailler toutes les nuances sombres de sa pupille.
    Aucune douleur n'est fantôme.
Un murmure, rien de plus, et tu t'éloigne déjà, l'invite à monter sur scène, avec ce fichu sourire qui réapparaît difficilement sur tes lèvres. Comme si tu étais troublé. Comme si.




[HRP ;; bon. Andras est un psychopathe, mais ça, c'est pas vraiment nouveau 8D /out Encore désolée pour le retard ><]
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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Sam 14 Juil - 12:16


Elle consent simplement à sa réponse d’un léger hochement de tête. Sans rien ajouter d’autres puisque cela n’est pas nécessaire. Constat triste et amer de voir à quel point ce nom convient à ce lieu, ces artistes. Pantins de soie aux paillettes flamboyantes. Rôles fugaces pour une distraction volatile.
Puis… Même elle ignore pourquoi. Pourquoi ce geste ? Si inoppiné, si importun. Comme sorti de nulle part. Comme si une autre part d’elle avait fait surface le temps d’une phrase, de quelques mots. Et lui… Son sourire s’efface. Son trouble apparaît furtivement, bien trop maîtrisé. Le calcul entrevu ne la gêne pas. Capacité stoïque à accepter tout et n’importe qui, quelque soit son attitude. Absence de réaction. Puisqu’il semble jouer constamment son rôle, qu’il en soit ainsi. Ce n’est pas elle qui lui jettera la pierre. Elle fait de même… Comme beaucoup d’autres dans la cité. Ironie d’une terre où la promesse d’un nouveau départ se pare des plus beaux mensonges. Mais les mots qu’il a choisi…
    ▬ « Pour une fois, ce que vous ditez semble sincère. Mais je n’aurais pas du poser la question. C’était déplacé de ma part. D’autant que je connais déjà la réponse. »

Une de ses mains glisse discrètement dans le bas de son dos pour dessiner les contours d’une demi lune. À travers le tissu, la brûlure d’une blessure oubliée se réveille. Son regard le fuit et s’attarde sur le plancher qu’elle foule enfin. Et elle se rapproche du bord de la scène.
    ▬ « Je n’imaginais pas ça si grand. Et les premières tables sont vraiment proches… »

Elle passe à autre chose, se retranche derrière la curiosité qui la caractérise ce soir. Les lumières se tamisent et les derniers employés s’esquivent d’un signe de main vers leur patron.
    ▬ « Cela doit être… angoissant d’être si proche du public. Les artistes ressentent forcément les réactions des spectateurs avec une telle distance. Ce n’est pas comme le cinéma, il n’y a pas d’écran pour les protéger. Là, ils se livrent, se mettent à nu en donnant le meilleur d’eux-même le temps de la représentation… Et l’échange est direct. »

Elle s’arrête un instant, effleure le rebord de la scène avec son pied comme pour jouer les funambules, alors que son regard se perd dans la salle obscure.
    ▬ « Mais je suppose que cela doit aussi être grisant. Sinon, ils ne remonteraient pas sur scène. N’est-ce pas ? »

Leigh se retourne à nouveau vers lui, le dévisage avec ce sourire enjôleur peint sur ses lèvres. Mais cela ne dure pas. Son attention est attirée ailleurs, derrière lui. Et elle s’y dirige lentement.
    ▬ « Et vous ? Vous n’avez jamais été tenté par ces projecteurs ? Vous en avez le talent pourtant. »

Sur ses derniers mots, elle s’est stoppée à sa hauteur pour le regarder du coin de l’œil. Provocante, elle joue tout autant que lui. Dévoile différents visages et se fait presque imprévisible. Insaisissable pour l’instant, elle passe son chemin et rejoint le piano à queue qui trône, solitaire et fier.

La laque noire brille un peu moins que d’habitude, mais elle la caresse tout de même. Comme si elle voulait capturer les vibrations qui pourraient s’en échapper encore. Puis, elle s’installe sans demander une quelconque permission. Le scorpion regroupe ses cheveux rouges et les glisse sur un seul et même côté, sans quitter des yeux ce blanc et ce noir qui s’entrelace. Une main gracile, un doigt confiant et la note tinte. Et une nouvelle musique envahit le cabaret…



La mélodie résonne et enveloppe chaque chose. Douceur magnétique et pourtant, elle n’use pas de son don. Et Leigh termine, appuie délicatement ses mains sur les touches avant de lâcher prise…



[HRP : Mêm… Même pas peur d’un psychopathe >.<’ À moi de m’excuser pour avoir mis longtemps à répondre, mais j’ai mis du temps à choisir la musique et quand j’en écoute… bah je me laisse vite entraîner u_u’ ]


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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Lun 16 Juil - 17:33


Tu brises ta carapace pour qu'elle puisse s'y inviter.

Ta mâchoire se serre, ton sourire se flétrit, devient mélancolique, reste malgré tout. Parce que tu es comme ça, souriant. Parce qu'au départ, ce n'était pas un jeu. Parce qu'avant, ça réchauffait le coeur de ta soeur. Et parce que maintenant, tu joue l'homme brisé qui ne veut pas le reconnaître, le regard fiévreux de défi et en même temps totalement morne. Ton ancien rôle s'effrite pour laisser place à celui-ci, plus profond et déjà plus vrai. Elle connaît la réponse. C'est ce qu'elle vient de te dire. Et tu ne répond pas, ton silence est bien assez parlant. Et dedans, tu brûle d'envie de l'étrangler. De la faire taire. Mais tu la laisse griffer une fois de plus ta blessure, tu sens la douleur serrer ton coeur et ta salive embraser ta gorge. Avec délice. Parce que tu n'aura jamais assez mal. Parce que ta vengeance ne sera jamais assez forte. Parce que Mei vaut bien plus que ça et parce que tu n'es plus qu'une arme, alors tu souffre sans rien dire, sans réagir. Parce que tu le mérite et parce que ça t'aide à te glisser dans ton rôle. Mais est-ce que tu joue vraiment, Andras ? C'est toujours la même question ; est-ce que tu ne deviens pas quelqu'un d'autre ? Est-ce que ça n'annulera pas ta haine ? Non. C'est ce que tu pense, ce que tu veux, mais auras-tu toujours la même hargne vis-à-vis de ça ? Seul l'avenir te le dira.
Et puis elle te parle de choses si futiles, comparées à ça, que tu ne veux pas l'écouter, juste l'ignorer. Mais tu n'as pas le choix, alors tu redresse la tête, quand elle décrit ce qu'elle voit, ce qu'elle penserait ressentir. Et tu trouve ça idiot, parce qu'on ne peut jamais totalement savoir sans avoir vécu. Tu la laisse parler, observe son comportement toujours aussi enfantin, mais tu ne souris plus, comme si tu repensais à ce qu'elle t'as dévoilé quelques secondes plus tôt. Tu vois son sourire. Elle sourit. Sourit. Alors qu'elle vient de te remémorer tout ça. Alors qu'elle a électrisé cette vieille blessure. Et ses lèvres, tu as envie de les découper, de les arracher avec les dents, d'effacer à tout jamais chaque sourire, de faire devenir ces derniers des souvenirs remplis d'envie. Mais tu ne peux pas, alors tu la regarde, avec un éclat de passion dans le regard. La scène, c'est ce qu'il te reste encore de ton ancienne vie. Celle où tu n'avais pas besoin de mentir tout le temps. Celle où tu avais une soeur. Celle que tu sais révolue. Tu ne lui réponds pas de suite, regarde avec un oeil morne cette provocation dans son regard. Gamine. C'est ce que tu pense -parce que la mort n'est plus un jeu quand le souffle quitte définitivement le corps. Parce que Mei ne mérite pas pareille insulte. Et tu rajoute ses yeux à la liste des choses à lui arracher.
Avant que tu ne puisse réaliser, elle te passe devant, ne te laisse pas le temps de réagir. Tu ne cherches pas non plus à la retenir. Les secondes s'écoulent, et une mélodie remplit l'air. Elle est douce. Et, en même temps, énergique. Tellement simple. Elle te met un peu de glace sur les braise de ta haine, enfouit de nouveau tes blessures sous la peau. Et tu te rapproche du piano, t'assoie à même le parquet, t'adosses à un des pieds de l'instrument, apprécie jusqu'à la dernière note le répit que t'offre la distraction, avant que ne recommence le jeu des ombres et des masques. Le silence revient, et tu le brise de ton applaudissement.
    Grisant. C'est le mot. Ce qu'on aime, sur la scène, c'est être égoïstement reconnu pour une qualité que les autres envient. Que les autres admire. J'ai été sous les projecteurs, avant.
Avant. Ça te semble si loin. Si bien.
    Et j'ai arrêté de vouloir jouer la comédie quand elle est devenue mon quotidien. Mais vous devez savoir tout ça, non ? Vous semblez en connaître tant à mon sujet.
Tu regardes tes pieds, comme un enfant déboussolé. Un enfant en costume et avec des gants de cuir. Et puis, tu relèves l'oeil vers elle, tu la regarde avec un air froid. Un gamin, vraiment, Andras ? Non, ça fait bien trop longtemps que tu as abandonné tes rêves.
    Et moi, je ne sais rien de vous. C'est injuste, non ? Peu importe. Au moins, je n'ai plus à afficher ces sourires en toc.
Tes lèvres s'étirent, sourire en coin, un brin ironique mais surtout mélancolique, mais sincère. Aussitôt, ton attention se reporte sur la salle vide, avec ces nappes rouges solitaires et l’ambiance tamisée des lampes.
C'est ainsi que commença la vraie bataille.




[HRP ▬ La musique, aha *^*]
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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Mar 17 Juil - 13:02


Il s’est glissé non loin. Elle a senti sa présence, mais n’y a pas répondu jusqu’à ce qu’il applaudisse nonchalemment et parle. Sans vraiment se déplacer, elle se rappoche quand même un peu et l’observe sans se retourner réellement. Perplexe de découvrir une nouvelle attitude chez son hôte.
    ▬ « Ah bon ? C’est vraiment ainsi ? Cela ne se résume pas qu’à cela quand même ? » Elle marque une pause comme sur une partition préréglée. « J’aurais pensé qu’il y avait aussi autre chose. Mmmh… Comment l’expliquer ? Vous savez ce sentiment quand les gens comprennent instinctivement ce que vous cherchez à transmettre et y répondent naturellement. Toutes ces choses que les artistes confient à leurs œuvres et qu’ils nous autorisent à éprouver, certainement parce qu’eux aussi ont besoin de ne pas se sentir seuls. Une volonté de communion avec le plus grand nombre peut-être ? … Mmh, ça semble ridicule dis comme ça. » Nouvelle pause, marqué par un léger rire. « C’est vrai que cela dépend de la sensibilité de chacun. Mais pouvoir insuffler une nouvelle énergie, une émotion aux gens, seulement avec quelques notes de musique, une voix ou quelques pas de danse, je pense que ça aussi c’est euphorisant pour un artiste. Enfin moi c’est comme ça que je le ressens en tant que public. Parfois, ça peut être très inspirant. » Nullement besoin de voir son visage, sa voix sourit, pleinement. Elle a même appuyé ses dires en musique… Juste quelques notes ici… Et là. « Et même si la prestation est unique ou ne se fait que quelques soirs, aussi éphémère puisse-t-elle être dans toute une carrière, si on y est réceptif, on ne l’oubliera pas. »

Elle n’attend pas à ce qu’il réponde quoique ce soit, faisant juste part de son opinion. Même si elle semble l’imposer. Alors qu’en réalité, c’est lui qui prend les rennes. Elle le sent. Il frappe un nouveau rythme, joue une autre scène. Volontaire, elle se laisse entraîner. Ses mots percutent doucement la jeune femme tandis que certains font simplement écho à une autre réalité.

Et pendant un instant, son sourire s’efface et son regard se fait plus incisif. Elle le toise, hautaine. Irritée, l’envie soudaine de le voir s’écrouler un peu plus s’élève. Elle le ferait bien chuter elle-même. Frapper, secouer, réveiller l’être qui semble anesthésié. Mais la violente sensation s’estompe. Et même si elle le voit toujours en train d’étouffer, le calme impassible assure à nouveau son rôle. L’indifférente abnégation voile son visage sévère.
    ▬ « On dirait un gamin, insatisfait de son jouet. »

Puis elle s’adoucit un peu et se penche au-dessus de lui.
    ▬ « C’est faux. Ce que je sais de vous, c’est ce que je perçois, tout simplement. Et je suis certaine que vous en savez tout autant sur moi, si ce n’est plus. Ne serait-ce que mes habitudes ici, ou encore… Pour qui je travaille. Après tout ce n’est un secret pour personne. »

Leigh se redresse un peu, balaye la salle vide d’un regard furtif et en profite pour glisser une mèche de cheveux derrière son oreille. Mais, comme une pensée, instantannée, elle se repenche au-dessus d’Andras pour le fixer directement. Sans gêne, elle tente de captiver son attention. Parce que la curiosité est toujours là, railleuse. Présence incessante. Elle s’agrippe, prête à délicatement tout déchirer sur son passage. Elle avance vers lui qui lui a ouvert une brèche. Féline, elle s’y faufile, pour mieux l’attirer. Et elle lui tend aussi la perche, laisse une ouverture, un possible. À lui de s’en saisir si il le souhaite. La jeune femme le teste, tout comme elle se met elle-même à l’épreuve.
    ▬ « Mais, à mon avis je suis plus âgée, donc… Peut-être est-ce parce que j’ai plus d’expérience que vous ? Alors qu’est-ce que vous voulez savoir ? Je ferai mon possible pour répondre à vos questions. »

Les occasions s’emboîtent telles d’antiques matriochkas. Les lignes de la partition se mêlent et s’entremêlent, peut-être bien plus qu’elle ne l’imagine. Et le doute plane sur son réel intérêt. Mais elle accepte, elle aussi, puisqu’elle joue son jeu sans connaître ses règles. Mouvements à l’aveugle. Leigh ignore où elle met les pieds. Mais le risque devient addictif. Au fond, elle y prend goût… Comme toujours. L’équilibre est précaire…



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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Jeu 19 Juil - 22:51


D'espoir à illusion, il n'y a qu'un pas.

    Vous ne voyez que le positif. Certes, il est là, indéniablement, mais peu d'artistes non reconnus connaîtront un jour pleinement ces sentiments. L'euphorie du public, ouvrir une issue dans ce monde de brutes, d'ombres, juste le temps de s'échapper. Tous ceux qui montent sur scène en rêvent, la première fois. Et tu laisse échapper un petit rire du fond de ta gorge. Tu y as cru aussi, Andras. Mais toi, c'était différent. Mais aucun ne s'attend à la jungle du monde du spectacle. La réussite va de moitié au talent, de quart aux relations et du reste à la chance. Tu la fixe dans l'oeil. Elle sait sûrement ce que tu raconte, mais tu veux lui faire ressentir la dureté de la chose. Le public est une chose, la réussite en est une autre et, malheureusement, l'un ne va pas sans l'autre. La reconnaissance vient quand on est sûr d'avoir quelque chose à montrer, quand on est assez osé pour dire que l'on vaut mieux qu'un autre. Quand on devient égoïste et mélomane, au fond de nous, sans même s'en rendre vraiment compte, parce qu'on a une peur dissimulée d'être oublié. Mais j'imagine que chacun a son propre avis, mmh ? Et il est vrai que, parfois, il y des perles qui ne se font pas happer, telles que vous venez de les décrire, magiques. Cependant, un artiste restera toujours seul, au fond de lui. Après tout, c'est ce qui fait de lui un artiste, non ? Quelqu'un qui s'exprime par son art car autrement il ne se fait que trop peu comprendre. Et qui nous fascine par son univers, qui nous fait rêver, quand on veut essayer de l'atteindre.
Et tu soupire, toujours adossé contre ce pied de piano. On ne peut pas vraiment définir une vie d'artiste, parce qu'ils sont tous trop différents. Trop éphémères, trop compliqué, trop torturés, trop décalés, trop. C'est ça, à la fin, ils sont juste trop, mais c'est ce qui plaît. Et tu vois une frêle jeune fille trop douce, accrochée aux zébrures du piano comme si sa vie en dépendait, avec cette voix cassée tellement émouvante et agréable. Tu t'imagine aussi Alixia, s'imposant sur la scène par cette présence inimitable, avec ses tenues dénudées et ses flammes dans ses yeux, fières, éclatées au grand jour le temps d'une danse au rythme effréné. Ils te fascinent. Et puis, tu te demande comment est-ce qu'on te voyait, toi, avant. Tu devais sûrement être le petit jeune, naïf à souhait, la tête tellement pleine de rêves qu'elle les communiquait aux autres, avec cet air trop sérieux lorsqu'on parlait de monter sur scène. Le genre de garçon qui fait rire par sa spontanéité malgré le manque d'expérience. Mais ce n'était pas pour toi, tu le sais, alors tu cligne de l'oeil, histoire d'effacer cette vision. Alors, Andras, est-ce que tu es encore cet enfant ?
    L'insatisfaction est ce qui fait l'Homme, non ? C'est ce qui nous pousse à aller toujours plus loin. Plus haut.
Ton allusion n'est pas masquée, puisque tu ne veux pas qu'elle le soit. Est-ce un compliment ou une critique ? Qui sait. Mais elle, elle ose te dire insatisfait ? Et qui est-elle pour te juger, cette sombre ignorante ? Malgré ça, ton visage reste froid, ne répond pas à sa provocation, et quand elle se penche, tu ne la regarde pas, parce que tu ne veux plus rentrer dans son jeu, parce que tu veux prendre les rênes.
    Je connais votre travail autant que vous connaissiez le mien - seulement de surface. Maintenant, le cabaret vous dissimule un peu moins de ses secrets et nous retombons dans cette inégalité. Quant à vos habitudes, je les connais car c'est mon devoir, mais à force de venir, vous devez savoir certains de mes artifices, non ? Sans parler des différentes rumeurs qui pourraient circuler à mon sujet ... Tenez-vous toujours à dire que « c'est faux » ?
Tu chasse une saleté inexistante sur ton pantalon noir, frottement du cuir sur le tissu. Tu viens de sortir un ramassis de mensonges et pourtant, ta face reste aussi inexpressive que qu'auparavant. Et ça t'amuse, horriblement. Non, en réalité, elle t'amuse. Reste à savoir combien de temps est-ce que ça durera. Quand elle se rapproche, tu sens l'envie qu'elle a de te fasciner, mais cette fois, tu refuses encore de te soumettre à son jeu, alors tu ne la regarde pas, reste focalisé sur un pli de ton pantalon. Ainsi, Andras serait moins expérimenté que toi, poupée aux cheveux rouges ? Peut-être êtes-vous à égalité, mais, à vrai dire, ce n'est sûrement pas vrai. Mais tu ne te rends pas compte qu'il se joue de toi, Leigh ? Comme c'est dommage. Et, d'un coup, il détache son oeil du tissu, t’attrape le cou et t'attire à lui, avant de te murmurer quatre mots. « Je voudrais tout savoir. » Ah, Andras. Ce que tu t'amuse. Bien sûr que oui, tu aimerai tout savoir, mais cette phrase a tant de sous-entendus. Le pire, dans ton cas, c'est qu'ils sont tous valables.
    Mais connaître votre âge serait un bon début, Mademoiselle Leigh.
Et, pour ponctuer la légère pique de fin, tu te permet de balancer ta tête vers l'arrière, la regardant avec un petit air de défi.


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MessageSujet: Re: Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh Mar 24 Juil - 10:51


Juste un haussement de sourcil en l'écoutant dévoiler sa vision des choses... Bien plus noires qu'elle aurait pu l'imaginer si elle s'était prêtée à l'exercice.
    ▬ « Je dois le reconnaître. Vous êtes bien plus mature et attentif que beaucoup d’autres personnes. Tous âges confondus. »

Un léger rire s’échappe de sa bouche, un tantinet moqueur.
    ▬ « C’est certains que pour les non-initiés comme moi, il est toujours plus facile de ne voir que le positif de la vie d’artiste. Même si je ne parlais pas forcément de la conquête et de la reconnaissance d’un public entier et unanime. Si les choses étaient faciles à obtenir, est-ce que cela en vaudrait vraiment la peine ? Et puis parfois une seule personne suffit… Mais après tout n’est pas noir ou blanc, bien ou mal. Tout se nuance. Et comme vous l’avez si bien dit, l’Homme est avide. Ca peut le pousser à donner le meilleur pour réussir, comme le faire sombrer plus profondément… »

Sa phrase se suspend, sa voix se brise un peu, intentionnellement. Et elle n’en dit pas plus, jugeant ses mots assez explicites pour qu’il saisisse la position qu’elle tient.
Andras semble plus résistant qu’avant, elle le sent et ça l’amuse un peu. Le propriétaire du Cerasis Flore devient plus intéressant, surtout lorsque ses sourires disparaissent. Et il s’attache encore à ce mot « inégalité ». Allant au-delà de la simple curiosité, il désire plus d’informations. Elle le perçoit comme tel et ne comprend pas pourquoi il y tient tant. Aurait-elle dit quelque chose à l’origine de ce caprice ? Tout en essayant de se rappeler, son regard reste fiexer sur lui et s’enveloppe dans le silence. Du moins jusqu’à ce qu’il l’attire brusquement un peu plus, manquant de la faire chavirer. Le jeu se poursuit et il deviendrait presque entreprenant. Si seulement il n’avait pas prononcé ces deux derniers mots… Ceux que cet adolescent attentionné utilisait pour l’appeler. L’illusion de la terre, de son passé, du visage de Lucas apparaît pour la déchirer un instant. Elle se glace brièvement, plus stoïque que jamais, puis se dégage de l’emprise du jeune homme.
    ▬ « Vous voulez me faire tomber, on dirait… »

Leigh abandonne ses talons hauts sous le piano, tourne sur elle-même, sort ses jambes de l’autre côté pour glisser jusqu’au sol et s’asseoir tout près de lui. Bouger, se mouvoir, agir même pour ne rien produire d’important lui permet toujours de mieux enfouir en elle ses sentiments incertains, cette vulnérabilité qu’elle refuse d’admettre.
    ▬ « Puisque je dois vous dire mon âge, Leigh suffira… J’ai 26 ans. Mais je ne vous autorise aucun commentaire. Déjà que demander cela à une femme est impoli, il ne manquerait plus que vous fassiez une remarque… »

Le sourire faussement maladroit, le haussement d’épaule ingénu pour détourner et attirer le regard ailleurs que sur son visage… Et elle fuit volontairement son regard, préférant perdre le sien dans la salle obscure, jusqu’à ce que sa voix suave ne remplisse à nouveau l’air.
    ▬ « Mmh… D’accord, à partir de ce soir, je veux bien admettre que j’en sais un peu plus sur vous, ou du moins sur le cabaret. Quant aux rumeurs, disons que ça ne m’intéresse pas. Peu importe ce que j’ai pu entendre, je l’ai déjà oublié. Si cela doit arriver et si j’en ai l’occasion, je préfère découvrir les choses par moi-même. »

Une main joueuse vient se perdre dans ses longs cheveux. Une mèche de cheveux s’enroule autour d’un doigt et le chiffre 8 se dessine frénétiquement pendant quelques secondes avant qu’elle ne le libère.
    ▬ « Et pour vos artifices… Effectivement, j’ai pu en repérer quelques uns. Mais tout le monde en utilise, non ? En tout cas, nous en avons au moins un en commun. N’est-ce pas ? »

Elle se tourne à nouveau vers lui et de ce même doigt, elle se tapote légèrement les lèvres qui s’étirent avec charme et habitude. Un rire pétillant et parfaitement contrôlé s’y glisse. Puis il s’estompe dans un petit hochement de tête.
    ▬ « Même si… « vous voulez tout savoir », je ne sais pas ce que je pourrais bien vous dire. Je n’ai rien de bien intéressant. Je suppose que vous connaissez déjà mes goûts en matière de boissons et mes préférences artistiques. Mmh… Je suis arrivée à Antalis il y a onze ans. Cela fait cinq ans que je m’occupe du recrutement et des inscriptions au programme Phoenix. J’aime mon métier et le contact avec les citoyens. Euh, il n’y a rien d’autre à raconter, je dirais. »

Entre mimiques séductrices et réactions sincères, tout se confond et se marie sans accroc. Après tout, elle pratique depuis longtemps, si loin qu’elle ne se souvient plus quand elle a commencé. Mais certainement que tout a germé depuis la terre. Et si elle était véritablement ce mélange, ce cocktail naturel serait-il si mauvais qu’il peut le paraître ?
    ▬ « Mais n’hésitez pas. Posez vos questions. »

Regard serein et maigre sourire. Elle ne changera pas et ne ressent même pas le besoin de le faire. Même ce soir.




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Fourmille et scintille, l'éclat de nos sourires liés à la nuit ▬ PV ;; Leigh

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