Partagez|

We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
EN QUETE DE REUSSITE
avatar EN QUETE DE REUSSITE

√ Age : 20
√ Messages : 434

MessageSujet: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Lun 2 Juil - 15:14



JE NE VEUX PAS T'IMPRESSIONNER
mais je t'en prie, essaye de m'admirer.



Longues tresses, petite robe vichy et limonade, décidément le mois de juillet était bien entamé. La jeune femme soupira et saisit son éventail. Malgré le fait que les étés soient beaucoup moins étouffants à Antalis que sur Terre et plus que supportables, Ethel n’avait jamais apprécié la chaleur qui sévissait en cette période de l’année. Ce qui la dérangeait le plus lorsque la température atteignait des sommets c’était cette tendance à se laisser aller à un sommeil profond, tandis que la lassitude s’installait peu à peu. Elle s’étira comme un chat afin de chasser cette envie de dormir et se replongea dans le seul livre qui lui procurait un souffle de fraicheur : celui de la légende de la Femme des neiges. C’était une histoire triste, contrastant avec l’habituelle gaieté d’Ethel, mais c’était de loin celle qu’elle préférait. Et puis c’était tellement vrai. Elle, petite libraire qui n’avait jamais connu l’amour, avait l’impression de vivre les mêmes choses que cette jeune femme blessée, de ressentir les mêmes émotions que ce cœur brisé. À chaque fois, en lectrice appliquée, elle lâchait une larme pour ce couple maudit, victime avant tout de la jalousie de cette part de l’humanité qu’elle avait toujours détestée. Tous les hivers, comme si de rien n’était, la jeune femme faisait un détour près de la fontaine des lamentations, espérant en secret que la Femme des neiges décide d’apparaître. Car Ethel croyait dur comme faire, maudissant ceux qui se moquaient d’elle en disant que maintenant qu’elle avait dix-huit ans, elle ferait bien de cesser de croire à ces contes pour enfants.

Bien que n’ayant pas fini, Ethel posa son livre sur le comptoir. En cette belle journée, elle n’avait pas le courage d’assister une nouvelle fois au destin funeste de cette jeune femme aux longs cheveux d’argent. Il lui fallait quelque chose de plus joyeux, de plus léger. Mais rien ne lui venait à l’esprit. Alors elle se leva et tout en s’éventant parcouru du regard les étagères pleines à craquer de livres, cherchant quelque chose de plus joyeux à se mettre sous la dent. Mais ses recherches furent infructueuses. Décidément, elle avait lu chacun des livres qui se trouvaient ici, il ne lui restait plus qu’à attendre en silence un client qui ne viendra sans doute jamais. Mais elle ne se laissa pas abattre, vidant d’un trait son verre de limonade, elle entreprit de faire la liste des choses qu’elle avait à acheter lorsqu’elle aura fermé la librairie, histoire de ne pas perdre son temps inutilement. Car s’il y avait bien une chose qu’elle détestait, c’était perdre son temps. Ethel était toujours la première à se réveiller et la dernière à se coucher lorsqu’elle était à l’orphelinat, et ça n’a pas changé depuis son arrivée à Antalis. Très vite elle avait compris que le temps était précieux et que quoi qu’on en dise, la vie s’écoulait rapidement. Mais durant un instant elle laissa son esprit vagabonder aux côtés des enfants qui couraient sans doute sur le Champ de Mars et des couples heureux profitant de l’ombre bienvenue des saules du parc des illusions. Rapidement elle se reprit, attrapa un carnet et un stylo et fit une liste de courses. De la salade, des tomates, de la lessive, des pommes (un peu), du chocolat (beaucoup) etc. Elle se rappela d’ailleurs qu’elle avait promis d’acheter des sachets de thé pour ses voisins. La jeune femme sourit en pensant à eux. C’était un couple de personne âgée, des gens simples qui se plaisait porte d’Athéna et n’avait pas comme Ethel, l’ambition de monter aux niveaux supérieurs. D’ailleurs, cela les amusait beaucoup de l’entendre dire qu’un jour elle sera une personne haut placée car durant plusieurs années, ils avaient eu à leurs côtés quelqu’un tenant les mêmes propos. Un jeune homme né comme Ethel sur Terre et qu’on leur avait confié le temps qu’il puisse se débrouiller seul. À présent, il occupait un poste important et œuvrait pour le bien de la cité. La classe quoi. D’ailleurs c’était lui qui avait permis au couple d’atteindre la porte d’Athéna.
C’est ainsi que dans l’esprit de la jeune femme, Kaze Hazama était représenté comme un garçon très gentil et soucieux des autres. Quelqu’un qui lui ressemblait quoi. Elle aurait aimé le rencontrer, ne serait-ce que par simple curiosité, mais s’il était aussi important qu’on le disait, il ne devait pas avoir le temps. Un jour peut-être, lorsqu’elle aussi siègera porte d’Héra et fera quelque chose d’utile pour Antalis.

Sans s’en rendre compte, elle avait appuyé sa tête sur le comptoir et s’apprêtait à s’endormir. Il y a un certain désavantage à vouloir vivre sa vie à fond, celui que la fatigue peut vous saisir à tout moment. C’est la clochette qui annonçait la venue d’un client qui la sortie de sa douce torpeur. Un jeune homme brun, grand. Très grand comparé à Ethel qui déjà petite de taille se sentait tout à coup minuscule. Néanmoins elle afficha son plus beau sourire, heureuse de ne pas avoir attendu pour rien et tout en replaçant derrière ses oreilles, quelqu'une de ces mèches folles, dit :

« Bonjour, je peux vous aider ? »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Invité
avatar Invité


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Mar 3 Juil - 10:28





« Quelque chose te préoccupes Saggitarius ? »

Lentement ses yeux suivent la silhouette assise devant lui. Son regard planté dans les deux soleils lumineux sans parvenir à diminuer la douce chaleur qui s'en échappe. Pas un mot, pas un sourire. Il déteste pour cela les enfants. Les rires et les pleures qui se heurtent contre cette carapace, la caresse de leurs airs pleins de candeur sans jamais croire y semer le trouble au moment importun.

Alors on évite d'aller arracher trop tôt les rêves et les espoirs chez les plus jeunes. A chaque étape son lot d'erreur...

Le son d'un clochette teinte aux oreilles, main écrasante sur la poignée, le battant de la porte poussé avec nonchalance. Il cherche du regard l’effervescence d'une foule, une source de bruit, légère nuisance couvrant ses mots accompagnant cet air taciturne. Parmi les rayons, les ouvrages encombrants le lieu vide de toute âme, surgit une voix claire, le champ de vision se rétrécit alors, se pose sur ses frêles épaules, détaille la chevelure ondoyante autour de son visage, en silence.

Il doit s'agir de cette personne dont ils lui ont parlé hâtivement à son dernier passage. Les voix chantantes, les mots accueillants et louanges qui suivent incontestablement leur discours. L'appréhension veille en retrait, n'a pas quitté son jugement. Il s'avance, imperturbable, laisse cette lueur glacée émaner dans son regard, autour de son corps, elle s'échappe à chaque mouvement opéré. La distance une fois rompue, il la détaille patiemment, souligne l'aspect fragile, l'innocence qui peut s'en extraire. Ses pensées n'amusent que lui, dans un sourire aigre écrasé sous la façade inexpressive.

«  Je cherche quelque chose sur... les migrations de la population japonaise durant le conflit des années 2260, opposant les Forces des Unions Libératrices à celles du Pacte des Nations Conservatrices ... »

Satisfait par la demande émise, l'intrus en ce lieu, fixe la libraire. S'esquisse sur ses traits, un sourire repentant, servi avec délicatesse, où le défi de réaliser pareille réclamation se cache habilement sous l'air faussement aimable d'un client désireux qu'on accède à sa requête le plus rapidement possible. Il la laisse donc faire, accomplir cette mission. Au bout de quelques minutes, voyant la jeune femme à l'ouvrage, il finit par lui demander de manière désinvolte en s’asseyant  :

«   Alors comme ça...vous étiez aussi sur Terre ? »

Ce qu'il avait retenu avant tout. Le passage salvateur tendu à cette enfant. Ce sont des souvenirs encore récents même si les années se sont écoulées précipitamment. La véritable question demeure en retrait ; un pourquoi qui se demande tantôt les critères de cette sélection, cette porte qui s'ouvre à certains exclusivement. Si il y a autant de points communs, qui amènent à éprouver des sentiments réciproques pour cette étape accomplie. Mais pour le moment, dans l'attente, il se tait, guette la réaction.

« Vous avez su vous fabriquer un charmant endroit. »

Son regard se perd dans la pièce, contemple cet univers. Le masque trompeur vient se mettre en place. L’aisance dans le ton, la flatterie facile pour attirer sa proie. Qu'elle en révèle plus, qu'il puisse savoir comment œuvrer. Malgré l'âge, la fougue jeunesse aussi inconsciente soit elle n'a pas de limite. Il n'est jamais trop tard pour accomplir de grandes choses, retenir de ses chutes. Enfant, les erreurs sont encore autorisées, cependant quand on atterrit dans le royaume complexe des adultes, les fautes sont moins pardonnées, les regards plus durs et impitoyables contre les échecs commis.

Invitation incongrue dans son univers, il voudrait les chasser. Les faire partir, avant qu'elles ne tombent, elles aussi, ces âmes pures...



Dernière édition par Kaze Hazama le Dim 8 Juil - 14:57, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
EN QUETE DE REUSSITE
avatar EN QUETE DE REUSSITE

√ Age : 20
√ Messages : 434

MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Mar 3 Juil - 15:28



SI TU TIENS TANT À REGARDER VERS LE PASSÉ
fait en sorte que ce soit celui là, où nous sommes tout les deux.


Décidément, tout lui filait entre les doigts aujourd’hui. Le temps, la patience, les livres. Elle avait beau se hisser sur la pointe des pieds telle une danseuse et tendre le bras aussi haut que possible la jeune femme n’arrivait pas à atteindre l’ouvrage demandé. C’était déjà un miracle qu’elle le vende. Pour Éthel, un livre peut-être un témoignage du passé, mais seulement d’un passé heureux. Les migrations de la population japonaise durant la guerre n’étaient en rien un évènement heureux. Qu’avaient donc les gens à toujours vouloir regarder en arrière, se plonger dans les erreurs passées soi-disant pour ne pas les commettre à nouveau. Était-elle donc la seule à avancer en regardant vers l’avant, droit vers le ciel ? N’était-ce pas ce que promettait Antalis, un avenir meilleur, loin de tout ce qui rongeait la Terre ? La jeune femme était toujours réticente à commander ce genre de récit, mais une bonne librairie se doit de proposer des livres traitant sur toutes sortes de sujets, afin de satisfaire tout le monde. Tant pis, ce n’est pas aujourd’hui qu’elle vendra un livre de conte.

Les gestes de la blondinette étaient maladroits, elle sentait le regard du jeune homme sur elle. Pas qu’Ethel soit timide, mais ça la stressait un peu. Il devait bien s’amuser à la voir tenter d’atteindre désespérément la partie supérieure de l’étagère. Elle essaya une dernière fois de prendre une dizaine centimètre seulement en non décidément c’était bien trop haut pour elle. Peut-être qu’il pourrait l’attraper. Et puis résonna dans le calme plat de la pièce une question. Juste une question, lâchée sur un ton badin, comme lorsque l’on demande à combien est le pain ou si c’est réellement l’anniversaire d’une lointaine connaissance. Une question vite masquée par un compliment sur ce qu’elle avait bâti. Elle oublie un instant qu’il attend surement sa réponse et affiche un petit sourire de fierté. Oui, elle avait su faire un charmant endroit. Les murs blancs sentaient encore la peinture, quelques livres reposaient sur des cartons, faute de table mais elle pouvait être fière. Du haut de ses dix-huit ans, elle avait fait quelque chose de bien, seule dans un univers d’adulte qui au premier abord n’est pas le sien. Mais lorsque tous les matins, elle mettait la clé dans la serrure pour ouvrir la boutique, la jeune femme se sent enfin chez elle à Antalis.

Et puis elle se dit qu’elle ferait mieux de répondre, pour éviter un silence gênant qui en dirait long. Mais dans le fond, que peut-elle dire, comment répondre alors qu’elle n’a pas envie d’en parler. Ce n’était pas la question en elle-même qui dérangeait Éthel. Elle n'avait pas de mal à se remémorer de son passé sur Terre. Mais le problème c’était, qu’il y avait toujours ce petit pincement au cœur qui revenait. Au bout de cinq ans on fait avec, on évite de dire en public qu’on est triste, de montrer que parfois ça nous donne envie de pleurer. Sur le moment, elle fait semblant, mais toujours après revient ce sentiment de culpabilité. Mais il ne faut pas qu’elle cède maintenant à d'anciens démons. Plus tard, il faut qu’elle soit forte en présence des autres, c’est un de ses principes. Alors la jeune femme reprend se voie la plus gaie, affiche un sourire joyeux, comme à son habitude, comme si ces dernières pensées n’avaient jamais frôlé son esprit et répond :

« Merci, c’est encore un peu poussiéreux à cause des travaux et l’éclairage est à refaire mais je suis assez fière de moi. Ça me fait plaisir que vous l’ayez remarqué. Un nouveau sourire chaleureux, pour prouver sa sincérité. Sinon, j’ai effectivement emménagé à Antalis il y a cinq ans. Vous êtes-vous aussi né sur Terre ? Questionna la jeune femme. Mais je vous connais ? Ce n’est pas comme si je criais mes origines sur les toits.»

C’était peut-être ce qui l’interloquait le plus chez le jeune homme. Ce sentiment qu'elle le connaissait, qu'il la connaissait, mais il y avait une sorte de voile qui les séparait. Mais s'ils c'étaient déjà croisé, Ethel s'en serait souvenu. Elle avait une bonne mémoire en ce qui concernait les visages et les noms. Et elle aurait au moins retenu le regard d’un bleu profond du jeune homme. On n’oublie pas un regard comme ça. La jeune femme rougit un peu se disant qu’elle ferait mieux de ne pas le dévisager ainsi. Ethel détourna le regard et pointant du doigt l’étagère qu’elle n’arrivait pas à atteindre, dit d’une voix un peu moins assurée :

« Il y a trois ouvrages qui pourraient vous intéresser là-haut. Mais je suis trop… petite pour les atteindre. »

Voilà c’était dit, elle était petite et n’aimait pas l’admettre. Tant pis, ça lui apprendra à mettre des sandalettes de gamine.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Invité
avatar Invité


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Mar 3 Juil - 19:18






Derrière l'apparence flegmatique, le souhait de rester en retrait, un sourire vient casser l'expression de marbre forgée. Il l'aurait oublié, quelques instants, mis sur le bas de la porte, cette vivacité à interagir auprès de ces protagonistes différents.

Sans les machinations, les arrières pensées. Des réflexes soutenus qui s'égarent, étrangers.

L'élu se relève, campé auprès du corps chétif tant la main vers son dû, sans se tourner vers cette dernière. La comédie aurait pu être coupée nette à ce moment précis. Parler sans rôder autour de la cible, mais il poursuit sur cette lancée, résiste encore un peu, à sa propre curiosité. Ses doigts effleurent alors la couverture des autres ouvrages et sa voix crève l'air, le ton éternellement placide, sans faille malgré l’amertume qui se glisse sournoisement dans ses paroles.

«  En effet... J'ai connu cet ancien endroit, comme vous et beaucoup d'autres personnes. Mais je n'y suis pas resté suffisamment longtemps pour m'en souvenir.»

Il n'était qu'un gamin. Un gamin rempli d'orgueil. Pourrait-il replacer un nom, des signes particuliers sur tous ces visages ? Il ne se rappelait même plus du timbre de voix de son paternel. Les autres membres de sa famille, telles des ombres dansantes qui ondulaient autour de lui sans jamais l'atteindre. Néanmoins de part les événements vécus, les drames perpétués, impossible de les nier, de les étouffer dans le fond de sa mémoire. Perfides, ils revenaient en fantômes persécuteurs, comme des damnées hurlant, provoquant la folie dans les pensées de l'esprit serein. La déchéance de ce monde aliéné ravivait la flamme rancunière enfouie sous le tombeau des émotions endormies. Pour Antalis, il avait tout quitté sans se retourner, sans rien regretter, leur crachant sa hargne à la figure, l'air fier et décidé. Conformé à leur envie, multiples lubies détestables, il avait tout saccagé, détruit pour n'aspirer qu'à un refus à l'encontre des décisions irrévocables de ses aînés cupides. Ces puissants, à la soif de conquêtes insatiables, vers la gloire, le pouvoir et la reconnaissance de leurs paires. Écraser les plus faibles, les pousser pour être au sommet, y rester, c'est ce à quoi on le destinait. Il ne pouvait leur souhaiter que du mal, une malédiction, encore aujourd'hui.

«  J'ai entendu parler de vous. De votre motivation pour gravir ses fameuses portes... Ethel. »

Il lui tendit les livres, évita tout contact avec ses doigts dans cette action. Le bleu glacé rivé sur la tête blonde, les traits délicats. Offrant alors une sensation désagréable, une gêne inavouable. Il n'a jamais échoué, reculer devant ses objectifs. Toucher le but ou bien le dévier, éviter d'aller sur des chemins tortueux, choix inévitable, il s'y conformerait, comme toujours. Chacun de ses secrets sur ce passé, sur la Terre n'appartienne qu'à cet écrin gardé jalousement, n'offrant aucune révélation. Ouvert une fois seulement pour une personne ayant su faire ses preuves, le reste se heurte aux nombreux visages esquissés, aux mensonges élégants, à l'expression intraitable de cet homme intouchable.

« En une année c'est cela ? Alors que pour certaines fratries il faut au moins une décennie pour gravir un échelon. On pourrait presque croire que c'est l’œuvre d'un prodige. Ou bien autre chose... »

La voix dissimule la moquerie, feint le respect pour cet exploit, une hypocrisie si bien exprimée. L'esprit alarmé, suspicieux à souhait. Un miracle accompli par une drogue. L'E.A.N.N.T. vile conspiratrice, semeuse de discorde. L'oreille attentive de Hypnos ayant saisit brusquement ces paroles, visiblement choqué par cette révélation. L'Elu pensait s'être confronté de nouveau à un de ses complices. Au contraire, si absence de preuves concrètes, se serait une cible de choix pour ce groupuscule. Cruel dilemme. Une jeune femme flirtant avec l'illégalité qui plongerait tête la première dans leur complot. Elle deviendrait une de ces marionnettes, veillant à l'accomplissement de cette vengeance en quête de finition.

Enfant aveugle qui ne peut voir le danger qui se profile, la haine subtilement insufflée dans ses sentiments. La rancune grossit, la dévore allègrement. Et il regarde une nouvelle horreur naître, impuissant. Admirant sa déchéance, personne pour la rattraper la soutenir, les dos tournés, méprisants.

«  Etes-vous pleinement satisfaite de votre position actuelle ou bien vos ambitions sont-elles encore plus grandes ? »



Dernière édition par Kaze Hazama le Dim 8 Juil - 10:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
EN QUETE DE REUSSITE
avatar EN QUETE DE REUSSITE

√ Age : 20
√ Messages : 434

MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Jeu 5 Juil - 12:53



OUI JE VEUX BIEN DANSER
mais alors arrête, arrête de me marcher sur les pieds.



La jeune femme lâcha un faible « merci » lorsqu’il lui tendit les livres et contenu de leur poids, se retourna pour les poser sur le comptoir. Décidément elle était bien faible. Cette pensée la fit sourire. Non, elle n’avait rien d’une faible finalement. Seulement l’apparence et la masse musculaire. Côté mental elle tenait le coup. Enfin plus ou moins. Mais elle n’avait pas envie de penser à ça. Aller hop, à la poubelle pensée négative, place aux arcs-en-ciel et à la joie de vivre.

Elle s’apprêtait à louer les avantages de telle édition ou de tel ouvrage lorsqu’elle entendit son prénom. Bien entendu elle avait écouté le jeune homme lorsqu’il lui disait qu’il avait vécu sur Terre mais qu’il y avait passé trop peu de temps pour s’en souvenir. D’ailleurs elle avait failli lancer un « vous n’avez rien manqué » sur le ton de la plaisanterie, mais bon, il était assez perturbant tout de même. Qu’il dise avoir entendu parler de son envie de se faire sa petite place tout en haut de la société d’Antalis passait encore. Ce n’était un secret pour personne et elle n’avait aucune raison de le cacher après tout. Mais qu’il balance son prénom comme ça en fin de phrase, c’était franchement… étrange mais intriguant. Un « Mlle Primevère » l’aurait moins étonné, mais son prénom, chapeau. Cinq ans qu’elle était à Antalis sans avoir été trop bavarde, mais en montrant tout de même une envie de pouvoir se balader porte d’Héra. Elle devenait majeure, et par cet évènement une adulte reconnue et tout à coup, n’importe quel inconnu dans la rue connaît son prénom. Flippant. Et déplaisant, puisque cela signifiait que lorsqu’elle était encore qu’une adolescente on ne la prenait pas en compte. Même à Antalis les gens avaient l’esprit si étroit. Ah, qu’elle aurait voulu avoir 16 ans pour tous leur prouver que la valeur n’attend pas le nombre d’années. Néanmoins elle se tu es continué d’écouter en silence tout ce que le jeune homme disait, avec cette fois un air soucieux sur le visage.

Sa première pensée face à cet interrogatoire fut que le jeune homme s’exprimait d’une façon étrange. Trop complexe, trop mystérieuse. Pourquoi ne pas dire exactement ce qu’il voulait. La blondinette n’aimait pas cette façon de parler, de tourner autour du pot. Mais chacun des mots éveillait son attention et elle admirait la capacité de l’élu à répondre à sa question « qui êtes-vous ? » par une autre question. Pourtant ça restait trop sournois pour elle. Elle avait deux choix. Le menacer avec « encyclopédie de la faune et la flore sous-marine » pour qu’il lui dise enfin ce qu’il voulait, ou bien rentrer dans son jeu. Soit, elle se fera moins brute que d’habitude et essayera de jouer aussi bien que lui avec les mots. Dans tous les cas, elle parviendra à lui tirer les vers du nez. Qui était-il ? Que voulait-il ? Pas les livres qu’il venait de lui demander en tout cas, c’est à peine s'il leur avait accordé un regard. Bien, en tout cas, ce petit jeu pouvait durer un certain temps. Elle prit un tabouret et le soulagea de la pile de livres qu’il supportait avant de la poser sur une table proche qui semblait prête à s’effondrer. Ethel installa donc les deux tabourets à côté, s’assit sur un et tapotant l’autre dit au jeune homme :

« Ne restez pas debout, venez. »

Bien maintenant, à l’attaque. D’abord on coopère, on joue la gentille blonde qui ne se doute de rien. Armée de son plus beau sourire et de son air le plus innocent possible.

« Donc vous connaissez mon prénom . Et vous savez aussi que je suis très ambitieuse . Je ne savais pas que c’était un exploit de gravir aussi vite une porte, je pensais que c’était normal dit Éthel avec un petit rire »

Faux. Tu sais que tu as commis quelque chose d’incroyable, que rare sont ceux qui ont réussi aussi rapidement que toi. Mais tu le mérites ce succès, tu ne dois ta réussite à aucun artifice. Ni à la puce, ni à une quelconque aide extérieure. Par ce que ton objectif à toi c’est de monter plus haut, plus rapidement, très rapidement et leur prouver que malgré ta jeunesse, tu sais faire de grandes choses. Qu’ils prennent ça dans leurs dents, ceux qui se moquent de toi qui as toujours cru que tu n’y arriverais jamais puisque eux-mêmes ont mis des dizaines d’années à atteindre leur objectif. Sauf que toi, si tu veux monter, ce n’est pas pour avoir ton petit coin confortable tout en haut. Tu es une fille du peuple Éthel et aussi pompeux que cela puisse paraître, tu veux te battre pour le peuple.

« C’est vrai que j’aimerai biens gravir les échelons rapidement continua-t-elle avec un air un peu moins niais. Ce n’est pas que je ne me plais pas ici, c’est juste que je ne me sens pas très utile dit-elle en haussant les épaules. Mais qui êtes-vous exactement, je suis jeune, pas stupide. Ne vous attendez pas à ce que je réponde à vos questions habilement dissimulées comme ça, juste parce que vous êtes aussi né sur Terre. »

Bon subtilité zéro. En plus elle lui avait dit tout ce qu’il voulait entendre. Mais il n’en saura pas plus temps qu’il n’aura pas répondu à sa question. Et clairement cette fois. Au pire, elle avait son encyclopédie sous la main.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Invité
avatar Invité


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Dim 8 Juil - 14:53





La crainte qui s'infiltrait inopinément n'en devenait que plus palpable. En quelques secondes l'attitude paisible avait laisser la place à quelque chose de plus tourmenté, silencieusement inquiet devant l'air jovial et inconscient de la jeune femme. Il faut malencontreusement que dans un moment pareil, il se perde, s'écarte des échanges bancales et superficiels. Qu'il souligne cette part trop malléable, friable d'une nature véritable mais méprisée. Un caractère ambitieux qui malgré les cassures qu'il engendre ne peut s'empêcher d'être à l'écoute de ces voix qui l'entourent. Assis prêt de la jeune libraire, l'expression hautaine de l'inconnu se dessine, la toise sans éviter de piétiner son discours :

« Etre utile. A votre âge on n'y a pas suffisamment réfléchi pour comprendre et estimer exactement le poids d'une telle décision. Certaines personnes auront beau être au sommet, elles ne feront jamais rien. »

Parce qu'on les bridera, on brisera leurs rêves et ambitions. Les trésors offerts corrompront leurs esprits, les aveugleront et à leur tour ils tomberont dans ce piège vicieux. Oisiveté, envie, manipulation deviendront les maîtres mots. D'autres noyés dans les désillusions sombrent un peu plus, perdus. Ils se raccrochent à d'autres espoirs fallacieux aussi, adoptent leurs propres idéaux, pensent le système actuel comme aliéné et pourri, décident de le détruire pour apaiser leur conscience bafouée. Et la renaissance, destruction se perpétue, le serpent qui se mord sans cesse la queue, les vies éphémères qui disparaissent au prix des terribles sacrifices. D'autres cherchent encore de la lumière dans cette vague de noirceur, d'autres ne sont que des spectateurs désœuvrés par toute cette folie humaine.

« Avant de vouloir aider les autres, il faut d'abord savoir nager tout seul. »

L'éclat froid et tranchant au fond des yeux. Regard désapprobateur. Hypnos reste fidèle à lui-même, n'a cure de paraître désagréable dans sa manière de rétorquer. Aspect borné devant la stupéfaction ou l'indignation, il passe devant, cette toile d'indifférence frappant ainsi les esprits choqués par son attitude. Il n'a jamais su faire preuve de modération et de douceur, pas devant quelqu'un qui ignore tout, qui ne peut voir le revers terni de cette médaille. Parce qu'il n'y a rien à sauver, rien à récupérer, c'est inutile désormais. La réalité est toute autre même dans cette citée, la différence terriblement litigieuse car inexistante.

Un froissement de tissu, il se relève, écoute passivement ce qu'elle pourrait répondre face aux propos abruptes de son interlocuteur. Ses yeux se posent sur les ouvrages répandus sur les étagères, tables. Pas un mot ne s'invite entre eux, étouffé par un silence dont il dispose à sa guise.

« Il y a une chose dont je suis sûr c'est peu importe la place qu'on occupe, on sera toujours utile à quelque chose, même si c'est pour un entourage restreint, même si c'est dérisoire. A chaque niveau on peut donner un peu de soi. Mais il y a toujours des idiots qui voudront la reconnaissance de leur paire...plus encore... »

Une ambition écrasante qui a tout emporté dans sa soif insatiable de conquête, vers ces portes prestigieuses, loin des plus modestes. Alors qu'il est persuadé de tout posséder dans ce monde infini, à défaut de tout avoir, il en a oublié l'essentiel, ce qui peut provoquer le bonheur chez chaque individu. De ceux qui n'arrivent pas à se contenter du minimum, ont besoin d'ouverture dans leur espace restreint et confiné, il n'a que ce manteau dépourvu de tout éclat, pauvre à souhait.

A nouveau plongé dans le regard vert, l'air impudique de l'Elu qui en dit long, bouleverse les convictions étrangères aux siennes :

« Je suis du genre antipathique à l'égard, de ceux qui me font perdre leur temps en se trompant de route....et bien sûr...vous pouvez m'appeler Kaze, si cela vous rassure de pouvoir inscrire un nom sur ce visage qui vous fait face.»


Revenir en haut Aller en bas
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
EN QUETE DE REUSSITE
avatar EN QUETE DE REUSSITE

√ Age : 20
√ Messages : 434

MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Mer 11 Juil - 19:07




LAISSE-MOI DONC TE PROUVER
ma valeur, ma douleur, c'est triste à t'en crever le cœur.



Habituellement Ethel sait conserver son calme. Tout du moins, elle essaye. Là elle n’avait même pas envie de faire un effort. Toujours et encore ce même reproche : « tu es trop jeune ». Pourquoi trop jeune, pourquoi fallait-il attendre ? Oui elle n’a que dix-huit ans, mais elle comprend quand on lui parle, elle est totalement indépendante, a pris sa vie en main, fait ses propres choix. La puce, elle avait craché dessus pour prouver qu’elle pouvait arriver à tout faire seule, sans la moindre aide. Et elle avait réussi. Alors pourquoi on continuait de la traiter comme une enfant ? Ou plutôt pourquoi continuait-on de traiter ainsi les enfants. La libraire serra les poings afin de ne pas se saisir du dictionnaire le plus proche pour le lâcher sur les pieds de son interlocuteur. Ah qu’il l’énervait à jouer les philosophes ! Chacun est utile à la place qu’il occupe et blablabla. Dans le même genre Ethel pouvait se mettre debout sur son tabouret et sortir des phrases dignes du plus piètre héros de bouquin de bas-étage du style « L’union fait la force » ou « L’amour et le bien triomphent toujours ». Elle était jeune, positive et blonde mais pas débile et naïve. Kaze Hazama, il est temps d'arrêter les clichés et les feuilletons pour adolescents.

Oui le monde n’est pas parfait, parfois cruel pour les jeunes femmes comme elles, même à Antalis. Inutile de lui rabâcher sans cesse. Elle le sait, l’a compris mais fait avec. Quand on a vécu sur Terre on n’a vraiment conscience de la chance qu’on a à Antalis et on veut faire de son mieux pour que tout ce passe bien. Ethel veut aider à ce que l’erreur « Planète Terre » ne se reproduise pas et ce n’est pas dans sa petite librairie porte d’Athéna qu’elle va y aider. Certes elle est heureuse d’être ici, mais ce n’était pas son but ultime. La lecture la passionnait mais passer sa vie seule ici ne lui suffirait pas, il fallait l’avouer.
Il dit s’appeler Kaze. La mémoire d’une photo sur un cadre de fenêtre la fait sourire. Kaze Hazama. Dire qu’elle voulait le rencontrer plus tôt, maintenant elle a plus envie de crever ses yeux bleus qui la regardent d’un air sévère comme si elle était comme tous ceux qui ont soif de pouvoir pour des fins personnelles. Il ne lui reste plus qu’à lui prouver le contraire.

« Kaze ? Je pense ne pas me tromper en avançant que votre nom de famille est Hazama. »

Beurk, elle se mettait à s’exprimer comme lui maintenant. Et pourquoi elle se montrait si polie, il venait de l’insulter non ? Enfin quasiment. Ou peut-être pas. Elle ne comprenait plus rien, il lui était si dur que ça de s’exprimer clairement ?

« Je sais à présent comment vous me connaissez mais il aurait été plus simple de me le dire directement. Votre famille d’accueil est très charmante… Plus que vous en tout cas. Je tiens à vous prévenir tout de suite : oui je suis jeune, mais je sais ce que je fais. Épargnez-moi vos discours de vieux sage vous n’avez pas l’air bien plus âgé que moi. Dix ans à peine c’est ça ? On m’a dit que vous occupez un poste important aujourd’hui. Vous avez commencé porte de Déméter comme moi n’est-ce pas ? Si vous êtes arrivé là-haut pourquoi pas moi ? Je vais être franche. Oui j’ai mis un an à peine pour en arriver ici et je sais que c’est incroyable. Mais c’est parce que je me donne du mal, que j’ai passé une année entière à l’usine à travailler sans relâche. Et vous pensez réellement que je fais tout ça pour mon confort personnel ? Et bien vous vous trompez. Je fais ça parce que moi je me souviens de la Terre telle que vous avez eu la chance de l'oublier. Alors cessez donc de me prendre pour une enfant qui ne sait pas ce qu’elle veut, une ignorante qui n’a rien compris. Cessez donc de me d’essayer de me détourner de ce chemin que vous pensez ne pas être fait pour moi. Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas poursuivre mon objectif.»

Voilà, elle lui avait balancé tout ce qu’elle avait sur le cœur, de but en blanc. Maintenant elle avait presque envie de pleurer de rage, car il ne la prendrait certainement pas au sérieux. Il continuera de se moquer d’elle. Mais elle n’y fera pas attention, elle leur prouvera à tous et quand elle sera au-dessus d’eux les traitera comme ils le font maintenant. Et d’ailleurs elle allait commencer par convaincre ce Kaze Hazama qu’elle valait autant que lui, malgré la différence d’âge. Comment ? Elle n’en avait aucune idée.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Invité
avatar Invité


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Mer 11 Juil - 20:51





Suffisamment agacé. Assez troublé pour se revêtir de ce masque impassible, d'une froideur constante. Du pareil au-même. L'expression feignant l'agacement et l'austérité, il se rapproche alors de l'impertinente demoiselle. Si elle savait, mais il n'est pas encore trop tard pour retarder la fougue qui l'envahit, la tumulte qui s'empare de son corps et laisse sa bouche bien loquace réfuter férocement et sans recul. Une main attrape un livre, ne s'attarde pas sur la couverture, seule l'épaisseur et le poids retiennent son attention. Sourire grandissant aux lèvres, il assène doucement un coup sur la tête de son interlocutrice.

« Quand ses ainés parlent on se tait et on écoute. »

Il ne les aime pas. Ces personnes insolentes et inattentives, aux oeillères indestructibles qui se rebellent contre ces mots excessifs, baignant dans la suffisance. Il n'a rien d'avisé ou bien de sage, mais l'Elu bienveillant craint, redoute sans cesse les évolutions brusques, les complications dans cette quiétude aussi instable qu’éphémère.

« Tu as raison...la Terre était un endroit odieux, on ne pouvait rien changer là-bas...rien et accepter tout en fermant les yeux, notre avenir incertain... »

Vague de rancœur, d'une nostalgie écœurante. Cri qui transcende l'âme. D'innombrables raisons existaient, laquelle désigner, la pire pour dégoûter l'enfant vulnérable ?

Soudain, il esquisse un pas habile, retourne se balader entre les livres, tournoie paisiblement auprès de la jeune femme, s'exalte de la verve suscitée. Ton modifié, assaut différent. Un rapprochement dangereux, une limite rompue. Il ne peut tenir ce rôle qui en surprend certains quand sa stratégie est rapidement démasquée. Même forcé à l'avouer, il mentirait outrageusement. Un honneur mal placé, une volonté sans faille. L'élu s'obstinera à user de cet étrange et curieux paradoxe qui anime son intégrité, aux nuances subtiles et indécelables.

«Jusqu'où es-tu prête à aller pour mener à bien tes objectifs Ethel ? Pourrais-tu te salir les mains, vendre ton âme  pour gravir ces portes ? »

Abandonner ce calme tant recherché, aller vers ces autres moins accueillants, les sourires hypocrites, les manigances perpétuées. Il bouillit intérieurement, garde contenance. Puis, un soupire en compagnie d'un sourire moqueur se peint sur les traits de l'homme. Un murmure glacial qui emporte tout, les infimes espérances, la force qu'on porte en soi, exterminée sans relâche par l'univers macabre d'une réalité suffocante. Brusquement l'air narquois est rudoyé par une expression inhospitalière servie à la jeune Ethel. Ce monde a beau se dessiner tel un jeu, il a des conséquences irréversibles, une image tronquée à laquelle on s'accroche, mais qui finit par devenir ordinaire, sans saveur.

«  Ce qui nous différencie c'est l'expérience. Si tu veux un conseil, évite d'approcher de trop prêt l’organisation qui s'occupe de Phoenix : l'A.O.C.H.S.... à la limite si cela t'amuse de vouloir monter, devient dirigeante ou ce que tu voudras pour améliorer la vie de ce microcosme. Montre donc ta valeur...je ne t'en empêcherais pas... »

Interdiction de révéler aux paliers inférieurs la vérité, qu'ils continuent à imaginer le sublime, la grandeur de ces hauteurs intouchables et convoitées. Du chiqué par paquet, des morceaux dispersés, une splendeur fade, une vie blême sous les effets devenus des hardes luxueuses. Et il en rit, désespérément, émotions fragiles maintenant déchirées. La fierté en place n'offrant alors plus que sa hargne, l'aigreur de ses sentiments, à ceux qui n'ont pas reçu ce coup désarçonnant.

« Cela m'est complètement égal mais ne vient pas mettre les pieds autre part, ne t'aventure pas chez eux où tu le regretteras.»

Le premier à frapper, attaquer sournoisement tout ceux qui s'approcheront de cette porte qu'il garde désormais. L'entrée de cet enfer infernal, celui qui a entraîné sa perte, qui poursuit ses desseins épouvantables, dont les effets néfastes apparaissent progressivement, et réclame son dû à chaque passage.

Bien entendu, l'Elu décide toujours lorsque prend fin son discours, quand il décide d'insuffler sa volonté aux autres, d'apaiser la querelle volontairement provoquée. Attitude outrageante, expression insondable.

« Je sais me montrer agréable quand il le faut. Même si c'est difficile à croire, tout dépend du sujet.... Mais j'imagine que si ces deux personnes m'ont parlé d'une certaine miss Primevère, c'est qu'ils espèrent de manière implicite que je saurais garder un oeil, dessus...

Guère enchanté devant cette perspective, une moue blasée qui s'éternise sur le visage du concerné.

Et l'oisillon qui veut prendre son envol hors du nid. Un baptême différé. Décidément irrécupérable...vraiment.



Dernière édition par Kaze Hazama le Mer 15 Aoû - 23:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
EN QUETE DE REUSSITE
avatar EN QUETE DE REUSSITE

√ Age : 20
√ Messages : 434

MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Sam 14 Juil - 0:08




MARRE DE ME CACHER
révèle moi tout, même une fausse vérité.



Un petit soupir agacé s’échappe de sa bouche lorsque le plat du livre heurte le sommet de son crâne et qu’un sourire moqueur se dessine sur ses lèvres à lui. Ses aînés, l’expérience. Juste avoir dit ces quelques mots, même sur ce qui semblait être le ton de la plaisanterie, l’agaçait. Peut-être était-ce un agacement de circonstance, pas vraiment réel, comme quand un grand frère attentionné vous prend en faute. Sauf que là c’était plutôt un sale type qui commençait à sérieusement lui miner le moral. Certes il ne pouvait pas savoir, mais juste le fait d’entendre dire que la Terre est irrécupérable fait un mal fou à Ethel. Elle ne sourira plus, ne se montrera même pas faussement enjouée, ou tout du moins beaucoup moins. Uniquement dégoûtée par cette énième condamnation de sa terre natale, qu’elle a pourtant elle-même préféré quitter. Sensation qui ne laisse qu’un goût âpre dans la bouche que rien ne parviendra à effacer avant longtemps. Elle écoute encore une fois jusqu’au bout, essaye de se maintenir, de ne pas exploser tel un volcan trop longtemps endormi comme la dernière fois. Le ton employé est différent, pour elle, les propos sont les mêmes. Il a beau dire le contraire ce sentiment qu’on la croit inférieure subsiste, qu’on la pense incapable de se débrouiller, la jeune femme le sait, c’est quelque chose qu’elle a appris à voir et contre lequel elle ne cherche finalement plus vraiment à lutter. Il ne lui reste plus qu’à espérer qu’elle ne saura jamais ainsi. Étrangement, elle se sent mal en présence de cet homme, sans pour autant souhaiter qu’il parte. Il lui tourne autour, pose des questions déguisées et quand elle essaye de les contourner, immanquablement elle tombe dans le panneau. Toujours à se cacher par différents moyens, mais avec pourtant parfois une touche de sincérité. Habile.


C’est à son tour d’afficher un sourire moqueur. Pourquoi tant de comédie, il ne se rend donc pas compte qu’elle n’en a rien à faire depuis le début. Rien ne la détournera de là où elle veut aller, surtout pas les conseils de quelqu’un comme lui. Il est bien vain d’espérer la raisonner, cette volonté de grimper, c’est tout ce qu’il lui reste à Ethel. Ou en serait-elle sans cela ? Une jeune femme perdue, meurtrie et rongée quelque part porte de Déméter. Pire, sans cela elle aurait suivi le chemin de sa mère, restant fidèle à cette tradition chez les Primevères qu’est de mourir avant l’âge, quand tout espoir les a quitté. Qu’il s’estime donc heureux ce Kaze Hazama d’entendre parler d’Ethel comme une charmante jeune femme bien en vie et non comme un cadavre anonyme dans les faits divers du journal. Cette fois le sourire moqueur s’élargit. Elle vient d’entendre le mot agréable. Même lui avoue que c’est difficile à croire. Pour la libraire, ce n’est pas difficile à croire c’est tout simplement impensable, vu l’atmosphère qui règne dans la pièce. Alors comme ça, il veut garder un œil sur elle ? Parfait, il ne lui manquait plus que ça, un type désagréable collé à ses baskets alors qu’elle vient d’obtenir son indépendance. Youhou, mais c’est Noël en plein mois de juillet dis donc !

« Et bien franchement mon cher Kaze, tu dis ça sur un ton tellement enjoué que j’ai peur de te décevoir en affirmant que je n’ai nullement besoin que tu ne veilles sur moi. Néanmoins si ça peut te rassurer, je n’ai pas l’intention de pactiser avec le diable pour gravir les portes. Avec Phoenix encore moins. Je ne cherche pas la facilité qu’offre la puce. Je les entends déjà au loin : « Ah mais si la jeune Ethel a réussi tout cela, c’est grâce à Phoenix ! ». Exactement le contraire de ce que je veux prouver.»

La jeune femme marque une pause, parcourant du regard pour la énième fois l’étalage devant elle. Ah tiens, elle avait oublié celui-là. Un autre ouvrage qui pourrait lui convenir. Enfin s’il tenait vraiment à les acheter ces livres. Nonchalamment elle se relève et caresse du bout des doigts la reliure de cuir. C’est un beau livre, un de comme ceux on en fait plus assez. Elle l’attrape et le lui donne, sans sourire chaleureux cette fois, ni rien. Elle veut juste savoir où il veut en venir, avec ces mises en garde. Mais depuis longtemps elle a compris le stratagème, c’est donnant-donnant. Elle parle en premier et il daigne ensuite à lui donner quelques informations. Ce qu’elle ne sait pas c’est qu’il la mène du bout du nez depuis le début. Elle aurait bien aimé lui parler convenablement, gentiment, comme avec un ami, mais c’est au-dessus de ses forces, il ne pense pas comme elle. Chacun essaye de raisonner l’autre, mais aucun n’y parvient. Il tente peut-être de la mettre en garde contre les hautes sphères d’Antalis, ce qu’il ne sait pas c’est qu’elle mettra les deux pieds dedans quoi qu’il arrive.

« C’est bête que tu ne comprennes pas tout de même, que tu t’acharnes ainsi. Elle esquisse un sourire désolé, mais sincère. On dirait que tu n’arrives pas à saisir le fait que je ne trouve pas ça drôle le moins du monde, et que je suis sérieuse quand je dis que je veux me rendre utile. Je n’ai pas besoin de ta formidable expérience qui apparemment te rend supérieur à moi pour savoir que le monde n’est pas un jeu. Tout ce que je sais, c’est que moi, je suis déçue par ce qu’il y a en bas et que si personne ne fait quelque chose ça ne changera pas. Et quand je dis en bas, je ne pense pas forcément à la Terre, je pense à ce qui peut se passer aussi à Antalis. Kaze, ne fais pas semblant de ne pas savoir de quoi je parle. Je suis sûre qu’on a pensé à la même chose au départ. Si on se ressemble autant que certaines personnes se prêtent à le dire, ça signifie que toi aussi tu vois les choses qui ne vont pas et que toi aussi quand tu étais à mon niveau, tu te sentais impuissant. C’est pour ça que je veux et c’est pour ça que tu voulais monter là-haut. En fait, si on ne s’entend pas, c’est pour une seule raison, c’est parce que je suis franche et pas toi. Alors soit gentil et dis-moi exactement ce que je dois craindre si je persiste dans cette voie. Après tout, c’est le rôle des aînés d’enseigner au moins âgés.»

Kaze Hazama, vous êtes coincé. La jeune femme lui fait un grand sourire. Elle se sent un peu bête de tout déballer comme ça, à un presque inconnu. Mais étrangement ça lui fait du bien et elle ne se sent pas si loin de la vérité que ça. Elle lui laisse une dernière chance d’être franc, avant de le jeter dehors et de ne plus jamais vouloir en entendre parler.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Invité
avatar Invité


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Sam 14 Juil - 14:55





Étouffant au fond de leur ennui, pensaient-ils en descendant ici, pouvoir s'acheter...une existence.

« Je n'ai jamais eu l'intention d'accéder à cette requête. Cela m'importe peu d'accorder ma protection au premier inconnu présenté, qui ne pourrait être responsable de ses actes. Je préfère m'éviter un travail supplémentaire et trop pesant.»

Sincérité. Une voix dans le lointain. Sincérité, mot inconnu remplacé par une intarissable mauvaise foi. Sauvegarde indispensable de cet honneur monstrueux, ne rien avouer, ne rien décider seul. Chacun ses pertes, ses secrets imprononçables. Parce qu'il n'est pas trop tard, les regrets ne s'invitent pas. Pas encore en lui pour mieux tirer sur son âme morcelée, aux lambeaux défraîchis. Ame corrompue. Il a déjà assez d'un rôle contradictoire à assumer, deux seraient le contraindre à accepter une nature qu'il renie constamment. Il n'a jamais autant effleuré cette impasse sans parvenir à s'en échapper. Son immense prison dans laquelle il tournoie, les barreaux se resserrent lentement, restreignent sa progression à chaque tissu de mensonge accumulé.

« Vois combien il m'est impossible de te parler d'un monde dont tu es pour le moment étrangère. »

Mépris esquissé, indifférence palpable. Une honte liée à une colère contrôlée. Si longtemps portée par la volonté d'espérer une évolution. Elle ne vient pas, tuée entre les mains aussi perfides qu'avides de ces hommes et femmes assis au sommet. Ceux qui refusent toutes modifications dans leur bel édifice. Ce monde tournera selon leur bon vouloir, leur bon droit. Il ne peut qu'espérer préserver un peu de cette tranquillité pour les âmes éloignées, qu'elles ne s'y confrontent pas dans ces luttes acharnées. Silence amer. Il ne peut avouer, responsable en parti, créateur du malheur qui s'abat, l'orgueil broie toute franchise qu'il n'a jamais formulé pour quiconque.

« Je pense avoir été suffisamment clair pour te laisser entrevoir des pistes. Je ne peux m'exprimer sur certains points, cela m'oblige à mêler mon point de vue personnel en parallèle de la mission qui m'incombe. »

Entacher le jugement des autres est une tâche ingrate.. Pour le bien, oui de tous, de ces personnes. Il s'obstine, s'aveugle, car devenue sa seule échappatoire dans ce monde désarticulé, rouille solidement fixée qui l'immobilise à son tour. Ses mouvements imprécis, indistincts. Une mort lente assurée, inutile de dire quels seront ses prochains projets, objectifs...

Mais ils sont semblables, cela sonnerait comme une évidence, lui arracherait l'ombre d'un sourire. Rien ne s'y prête. Carapace indestructible, sentiments enfermés. Vérité néanmoins présente pour celui qui voulait apporter une pierre dans cette construction. Se relever seul et les apparenter ces nombreux niveaux. Mais il a échoué. Céder à la facilité finalement, tenter par ces artifices sublimes, les voix mielleuses avec lesquelles il s'est tant mélangé, perdu au point d'endosser trop de rôles devenues incontrôlables. Avec qui être sincère désormais ? Cela lui serait-il encore utile à présent ? Plus aucune croyance en ces choix sans préjugés, ne pourrait le soutenir, lui l'Elu qui observe d'en haut, la vie d'en bas, avec jalousie parfois, avec réticence autrement. Il le sait, son attitude est égoïste, insupportable, mais l'admettre reste contraignant, écrasé sous tant de prétention.

«  Je te laisse donc rejoindre ces cieux, et peut-être aurons-nous le droit de nous entendre sur la manière de changer cette cité sans qu'elle ne suive un chemin identique à cette terre déchue. »

Tant qu'elle n'ouvrira pas les yeux, rien ne sera différent, chacun bloqué sur ses positions aux limites infranchissables. Il n'en fait rien, reviendra au moment propice, le temps d'un nouvel épanouissement. Ses doigts se resserrent sur le livre que la jeune femme lui a tendu précédemment. Au moins que sa visite indésirable accompagnée de mots peu avenants n'ait pas été vaine pour cet homme.

« Je te remercie pour les livres... »


Revenir en haut Aller en bas
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
EN QUETE DE REUSSITE
avatar EN QUETE DE REUSSITE

√ Age : 20
√ Messages : 434

MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Jeu 19 Juil - 20:35



J'AI ENCORE BEAUCOUP DE DOUTES
quant à ton identité, ta façon de m'aimer.



Elle hocha la tête, mais avec toujours cet air pensif. Un petit « Je comprends » s’échappa de ses fines lèvres. C’était tout bête, mais tout à coup elle avait l’impression qu’une chose avait changé, une chose qui faisait qu’elle le considérait moins comme un imbécile. Peut-on réellement changer d’avis sur une personne aussi vite ? Quand on s’appelle Ethel Primevère on le peut. La jeune femme sait lorsqu’elle fait une erreur de jugement. Ce Kaze Hazama n’était peut-être pas aussi froid, méchant et terriblement agaçant qu’il n’en avait l’air au premier abord. Tout du moins elle espérait qu’il en avait seulement l’attitude et qu’un bon fond résultait. Ça lui ferait mal en fait de se dire que c’était définitivement un sale type, après tout le bien qu’elle avait entendu de lui.

Au moins ils avaient tous les deux trouvé un moyen de ne pas se fritter de nouveau sur l’ambition d’Ethel. Arrêter d’en discuter. Le sujet était clos pour le moment, inutile d’insister. Mais quelque chose lui disait qu’ils se remettraient à en parler tôt ou tard. Peut-être quand la jeune femme sera arrivée en haut et pourra constater par elle-même ce dont il essayait de la protéger. Elle espérait tout simplement ne pas lui donner une raison de le laisser dire « je t’avais prévenu ».
Machinalement elle jeta un coup d’œil à l’horloge accrochée en haut du rayon « mythologie ». C’était déjà l’heure de fermer, ça avait été une journée bien morne. Morte même, mit à part sa visite qui avait eu au moins l’avantage de permettre à notre blondinette en sandalette de tuer le temps.

« Je t’offre les livres, pour te remercier de… Je n’irai pas jusqu’à dire de ta gentillesse mais de ton attention peut-être, ajouta-t-elle avec un de ses rires légers qui font tout son charme. »

Oui, c’était vraiment ça en fait. Elle était contente que quelqu’un ai pensé un instant soit peu à elle-même si c’était avec cette indifférence dont il masquait ses propos. Mais peut-être n’avait-il pas tort. Peut-être que cette envie qu’on se préoccupe d’elle était le début d’une ascension uniquement pour la gloire. Cette simple idée d’être comme eux la fit frissonner. Non elle ne sera pas comme ça, c’était différent si elle était heureuse qu’on s’intéresse à elle. C’était juste qu’elle n’avait jamais connu ça, l’attention, l’amour. C’était normal qu’elle veuille s’en imprégner, comme pour combler un vide, un blanc dans sa vie. Elle effleura la poche de sa robe. Pourquoi ne pouvait-elle, six ans plus tard s’en séparer ? Pourquoi se balader avec partout, au risque de la perdre, de se la faire voler ? Pourquoi ne pas la brûler, oublier, fermer les yeux, tourner la page à jamais. Peut-être que finalement ça la rassurait, de lire ces mots, de savoir que finalement sa mère l’avait aimé. Ah il était fort ce Kaze pour lui rappeler des souvenirs douloureux sans dire un mot. Très fort.

« Bon, dans tous les cas je dois fermer, il est vraiment rare d’avoir des clients aussi tard de toutes les façons. »

Elle hésitait à en parler. Et puis zut, au point où elle en était.

« Je dois rendre visite à ta famille d’accueil ensuite, j’ai promis de leur apporter du thé comme je dois aller faire les courses. Et comme je suppose que tu n’es pas uniquement descendu pour ces livres ou même moi, on risque surement de s’y revoir, non ? »

Elle ne savait pas vraiment si elle espérait une réponse positive ou négative. Elle voulait juste savoir, comme ça. Bravo Ethel, cinq ans à Antalis et tu deviens sociale.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Invité
avatar Invité


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END. Mar 24 Juil - 18:36






L'outrage commis blesse, puis se meurt quand s'annonce la distance, impossible à parcourir.

De la tendresse, c'est ce qu'elle aurait pu lire dans son regard en mentionnant son point d'ancrage. Fugace échange, flegme indétrônable de l'Elu pour demeurer inflexible jusqu'au bout. Veiller à ce que rien ne craquelle, ne se fendille par-dessus le masque. Toute fracture dissimulée au moindre faux pas. L'idée d'une seconde rencontre, d'une nouvelle confrontation reste envisageable, pourtant il ne l'espère pas, ne la guette point avec impatience, tant qu'il sait que le même refrain sera entonné de sa part. Mélodie dissonante, au rythme lassant.

« C'est probable, mais il vaut mieux que je ne vienne pas trop les importuner, ils n'ont pas besoin d'être dérangé en ce moment... »

Elle suppose, et elle le fait bien mais mal. Il n'était là que dans ce but, venu lui arracher un peu de cette passion enivrante, de cette folie passagère qui peut l'habiter. Descendre des nuages et fouler le sol de cette Terre. Là-haut, il n'y a rien si ce n'est d'obscurs nuages, un temps maussade, agressant le soleil. Et même à son contact on se brûle, s'écorche la vue. Il leurs en voudrait, à ces personnes qui réfléchissent sans prendre de recul, des idées saugrenues plein la tête. Se détache aussitôt les brides d'affection. Sans présentation d'excuses pour ces personnes respectables. Tant appréciées. Elles comprendraient, qu'il les évite ces derniers temps, pour des raisons qu'il ne donne jamais. Préservation de l'ordre établi, tranquillité assurée par ses actions. Il ne renoncerait pas. Personne n'insiste pour imposer ses choix, sinon la gêne se crée, en devient inévitable. Alors, avec lui ils évitent toujours de l'incommoder, sinon il se braque, enferme la vivacité, la spontanéité qui peut émaner dans des conversations occasionnelles et imprévues. Si calme, qui refuse de se reposer trop longtemps quand on l'aborde. Vent en mouvement perpétuel, chaque mouvement incertain empêche de le saisir.

Un pas en avant puis deux. Arrêt sur image. Il sourit. Expression moqueuse, regard froid. Il n'allait pas oublié ce détail. Ces sourires si légers qui ne feront qu'effleurer sans toucher puis attraper la main dédaigneuse tantôt tendue qui se rétracte à chaque échange.

« La générosité ne tient pas toujours lieu de solution. »

Facile. Ça l'était, effectivement. Pour celui qui n'allait pas attendre quelque chose en retour et de quiconque ; Ce qu'il aurait aimé dire quelques années auparavant. Avant l'heure, la dernière seconde où tout à pris fin, s'est soudainement arrêté. L'élu ne veut rien de sa part, même si le temps est précieux. Au moins en l'écoutant, elle paye le tribut, qu'il n'exige pas. Ainsi il n'hésite pas à retirer quelques billets d'une de ses poches, les laisse chuter négligemment d'une main lasse sur le comptoir. Et retourner là où est sa place.

Chacun sa fierté,sa manière d'avancer dans ce monde et il déteste qu'on effleure les marches qu'il convoite.

Revenir en haut Aller en bas
MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
❝Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END.

Revenir en haut Aller en bas

We prefer past happiness to future uncertainty [Kaze] { END.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Kaze-Panda . Panda Mouillé de Cercle 74 ~~ Sumens
» mon future panda feu
» They say "Evil". We prefer the term "Alternative System of Morality".
» Les future travaux
» thibault25 future nécron

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: Commerces-