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ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes

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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Croquemitaine
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MessageSujet: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Ven 17 Aoû - 12:38


ARC I : Entracte : l'aventure commence ici & ici & ici & ici

ARC I : Chapitre 2 : l'aventure commence ici







Que la vérité naisse ;

de vos mensonges éhonés



Il les voit de loin, les misérables vers qui essaient d’organiser le joyeux chaos qu’il a créé. Son corps est encore endolori des coups de cette gamine mais ce n’est rien, rien, face à la haine qui l’embrase en pensant à ce qu’on lui a fait. Aujourd’hui sera le jour où il rétablira la vérité. Aujourd’hui est le jour où le vase a débordé, où il sera prêt à sacrifier son silence, avec l’espoir que, peut-être, si d’autres savent, il tombera plus facilement.

Le monstre, le vrai.

Il en rit d’avance et sous sa cagoule qui cache soigneusement son visage, il voit des journalistes tenter d’épier les recherches.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

« Chef, on a peut-être quelque chose ici ! »

On se dépêche, on se mêle à la foule, on essaie vainement de tirer quelque chose des décombres. Depuis la destruction d’une bonne partie du Colisée, on n’a pas tellement osé en approcher les ruines. On sait que le Croquemitaine a été vu, rôdeur, toujours inquiétant. On a peur, surement, qu’il y ait encore une mauvaise surprise.

Mais pourquoi aujourd’hui ?

« Cherchez bien… S’il a encore laissé un piège aujourd’hui… Je ne veux plus qu’il y ait de victimes. S’il est sorti de sa tanière, il ne risque pas d’y entrer à nouveau après un simple enlèvement. »

Son subordonné acquiesce.
Depuis l’explosion, les habitants sont devenus plus méfiants. Tout s’est fait à la barbe des Elus et quelques accusations rôdent, mauvaises, rumeurs qu’on a bien du mal à éteindre. On se demande comment il est possible que de telles choses aient lieu. On se demande pourquoi les recherches sont lancées aujourd’hui, pourquoi le monstre peut si facilement enlever des jeunes filles innocents sans être puni par les autorités.

C’est bien pour cela que les journalistes les surveillent. A l’affût de la moindre information.

La confiance en Antalis s’ébrèche peu à peu. Il suffit maintenant de mots, de petits doutes et tout enfle, la paranoïa des foules devient un vrai cri de détresse. Les accidents, les massacres, tout s’accroit et la peur devient le moteur de ces gens qui espéraient trouver le paradis.

Une sombre ère commence, non ?

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

« Monsieur, pouvez-vous nous dire quelques mots, pour rassurer la population ? Le mystère du Colisée n’a toujours pas été résolu. Pourquoi entamer des recherches aujourd’hui ? »

L’officier fixe la jeune journaliste, imperturbable. Son regard observe son visage curieux et il soupire, las. Il sait que tant que le peuple n’aura pas de réponse à ses questions, la crainte subsistera. Et ils doivent endormir la méfiance, donner un peu de vérité. Pour que les gens qu’ils protègent puissent à nouveau croire en leur justice. Pour qu’ils ne pensent pas que la corruption ait eu raison d’eux. Pour qu’ils ne pensent pas être les victimes d’un complot.

Mais pourtant, pourtant…

« Je pense que cela a assez duré, Mademoiselle. Je vais vous faire une annonce. Mais il faudra que vous me promettiez que les journalistes quitteront les lieux, après cela. »

Elle esquisse un sourire gêné, secoue la tête et murmure qu’elle ne peut pas commander les autres. C’était prévu, prévisible et il ne s’en offusque pas. Il sait que la transparence va devoir devenir une donnée certaine pour que la confiance soit regagnée. Pour que la peur s’anéantisse. Alors autant dire la vérité.

« Très bien. Nous pensions que le Croquemitaine a un lien avec tout cela. Son apparition aujourd’hui pourrait créer de nouveaux problèmes et nous vérifions simplement qu’il n’ait pas laissé de… cadeau par ici. »

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Il ricane, bien caché, les observe grouiller, comme des insectes rampants. Ils ne peuvent rien faire, c’est déjà trop tard. Et la presse est là.
Il n’a plus qu’à monter sur son piédestal pour attirer à lui son appât.

Oui, l’objectif de tout cela. Le seul. Confrontation, enfin, après tant d’années.

« Vous êtes ici… »

Tout s’interrompt. Un silence de plomb s’installe quand sa haute silhouette les surplombe dessous. Debout sur les ruines, il laisse tomber son masque et les cris s’étranglent dans les poitrines. Grimaçant, ricanant, il observe les visages surpris, haineux, choqués, excités, qui lui font face. Des habitants se sont mêlés à l’attroupement et c’est encore mieux, oui…

« Jolis efforts que vous faites pour rassurer la population. Mais ne serait-ce pas plus simple de leur dire qui est exactement à l’origine de tout cela ? »

On murmure, certains pâlissent et il se réjouit d’avance.

Vengeance, vengeance. Il est largement temps de créer le vrai chaos.

« Car tout se lie. Pourquoi vos proches meurent ? Pourquoi tout est mensonge, ici ? N’y avez-vous pas pensé ? Cette idée ne vous a-t-elle pas effleurés ? N’avez-vous jamais connu des personnes qui ont brusquement disparu ? N’avez-vous jamais été tenté de savoir pourquoi toutes les morts, tous les sacrifices, n’étaient liées qu’à une seule chose ? »

Le silence lui répond et un policier sort discrètement son appareil de communication, murmure quelques mots. De l’aide, de l’aide. Car le monstre s’est éveillé.

Il n’a pas besoin d’en dire plus. La rumeur enfle, le mot commence à glisser sur toutes les lèvres. Et dans un éclat de rire, il le répète.

« Phoenix. Le poison ! »

Il s’arrête, surpris, baisse les yeux sur l’impact de balle logée dans sa poitrine. Et un sourire, dément, illumine ses traits.

« Les puces. Pouvez-vous vaincre un immortel ? »

La panique les gagne, les certitudes s’éteignent. Le monstre n’en est pas vraiment un.

Le vent de la révolte soufflera.





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Jaehyuk Kang
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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Mar 21 Aoû - 17:40



Son rôle d'appât sembla fonctionner correctement. La foule avait hurlée en voyant Jaekyuk esquiver les deux coups d'épées d'une manière si... Incroyable mais surtout: incompréhensible. Heureusement pour le jeune homme, son pouvoir avait fonctionné au bon moment. Normal direz vous et pourtant... Son don ne fonctionnait pas toujours quand il le souhaitait. Des fois, il se déclenchait sans son avis et d'autre fois, il ne s'enclenchait pas du tout. il était même déjà arrivé que son don fonctionne mais l'envoie au mauvais endroit. C'était donc un joli coup de chance que tout ce soit bien passé. Son compagnon était passé derrière l'un des ennemis et il donna un puissant coup de sa lame pour lui trancher le ventre. L'homme, le clone ou quoiqu'il puisse être, parvint à éviter le coup. L'ennemi contre-attaque mais l'allie de Jae parvint à le désarmer en lui arrachant plusieurs phalanges avec le bout de sa lame. Ce type, il était fort et doué, il avait l'habitude de se battre, c'était une chose que Jaehyuk était sure à présent. S'en suivit un coup en traitre: du sable jeté dans les yeux et enfin le coup de la victoire qui arracha le masque à cet homme.

La foule hurlait dans tout le Colisée, en délire c'était une sensation étrange d'être là, au milieu de tout ces cris qui vous acclame. L'homme dont le masque venait d'être retiré disparut alors comme il était apparut un peu plus tôt. La victoire leurs revenaient, ils avaient gagné dans cette arène alors qu'ils n'avaient pas choisit d'y venir. Souriant sous son masque le jeune musicien était satisfait de lui. Maintenant, il avait avoir un peu de répit, enfin il le croyait...

Une puissante explosion secoua tout le bâtiment qui semblait sur le point de s'écrouler. Des jets de flammes jaillirent du sol pour s'élever dans le ciel. Le sol du Colisée sembla s'écrouler sous son propre poids. Quelqu'un venait de déclencher l'explosion, quelqu'un voulait raser cet endroit, cela ne faisait aucun doute. Une loge venait de voler en éclats et les gravats tombaient sur le foule en dessous. Jaehyuk resta là, contemplant la scène sans trop comprendre ce qu'il se passait. Il serait temps que tu partes non? Il retira alors son masque et le jeta sur le sable. Il voyait mieux sans et avec la cohue générale, personne ne ferait attention à lui. Normalement... Une seconde explosion résonna, le sol entier de l'arène vibra avant de s'écrouler pour de bon. Alors qu'il perdait l'équilibre, il chercha des yeux son compagnon d'infortune. Il ne pouvait le laisser périr ici et comme ça. Jouer les bons samaritains à présent? Sa ne te ressemble guère... D'autres jets de flammes, beaucoup de fumée et les cries doublèrent d'intensité. On put entendre la voix de la sécurité qui disait de rejoindre la sortie, de quitter les lieux pour survivre, pour protéger sa misérable existence dans ce monde bâtie sur le mensonge et la manipulation. Durant un instant, le jeune homme se sentait si épanouis, si heureux dans ce brasier qu'il aurait voulu que cela dure à tout jamais.

Alors que sa plateforme de sable et de roche s'effondrait, il avait levé les bras au cil et hurlait de rire. La folie... Elle était en lui, elle agissait à son bon vouloir, elle faisait de lui un nouvel être tout en piétinant les restes de ce qu'il fut jadis. La violence et la mort te scie à ravir mon cher. Mais il serait temps de bouger non? Reprends tes esprits! Il cessa alors de rire, son regard de démence avait cessé, la lueur de folie avait disparut et il était redevenu lui même. Pour combien de temps? Il l'ignorait. Le sol se déroba sous ses pieds mais il ne s'en soucia pas un instant. Il disparut dans un nuage de fumée pour se retrouver quelques mètres plus loin. Marchant tranquillement au milieu des flammes et de la fumée. Il regardait autour de lui cherchant, son compagnon, cherchant des survivants à ce massacre. Sors d'ici! Tout commença à s'effondrer, l'endroit devenait un tombeau pour ceux qui ne parviendraient à en sortir. Une autre explosion raisonna et balaya le jeune homme qui eut juste le temps d'utiliser son don une fois de plus...


Ensuite, Jaehyuk avait disparut des lieux. Il s'était caché encore et encore durant des jours, des semaines. Il avait du voler des médicaments, des bandages et des produits pour soigner ses brûlures. Tout avait été si vite... Il s'était demandé qui avait fait ça et pourquoi. Mais quelle importance? Tu es vivant! Le reste, on s'en moque!!

"Oui... Mais beaucoup y sont morts..."

Il parlait encore tout seul, pour changer. Sa folie ne semblait pas pire que d'habitude, pas plus que ce fameux jour où au milieu des flammes il s'était mit à rire et à apprécier ce massacre. Il semblait même un peu plus stable, un peu plus calme. Installé dans un petit restaurant, il mangeait tranquillement un sandwich dans son coin, parlant à mi-voix pour ne pas être entendu des autres. Depuis l'explosion, il s'était demandé ce qu'il aurait pu gagner avec son compagnon ce jour là vue qu'ils avaient remporté la victoire. Un mystère qui ne sera jamais éclaircit, ce qui est bien dommage. Une voix le sortit alors de ses pensées.

« Monsieur, pouvez-vous nous dire quelques mots, pour rassurer la population ? Le mystère du Colisée n’a toujours pas été résolu. Pourquoi entamer des recherches aujourd’hui ?
-Je pense que cela a assez duré, Mademoiselle. Je vais vous faire une annonce. Mais il faudra que vous me promettiez que les journalistes quitteront les lieux, après cela. »

La télévision passait les informations. Jaekyuk leva les yeux pour regarder. On parlait justement du Colisée, des fouilles pour comprendre ce qu'il s'y était passé. Le jeune homme mangea un autre morceau de son sandwich en contemplant le grand écran d'un air très intéressé.

« Très bien. Nous pensions que le Croquemitaine a un lien avec tout cela. Son apparition aujourd’hui pourrait créer de nouveaux problèmes et nous vérifions simplement qu’il n’ait pas laissé de… cadeau par ici. »

Le Croquemitaine? Ce nom existait depuis longtemps, il en avait entendu parler sur terre, c'était un monstre, un conte pour enfant. Qu'est-ce que ce type racontait encore comme mensonge? Beaucoup de gens dans le restaurant étaient autant que lui intéressés par ce qu'il passait à la télévision. Surtout ce qui suivit: un homme venait de surgir des décombres, surplombant tous les autres. Il retira son masque pour laisser voir son visage, mais à la télé, il n'était pas bien aisé de le voir correctement. C'était donc lui le Croquemitaine? L'inconnu commença un long monologue, apparemment heureux d'être devant tant de gens. Il parla alors de mensonges, de gens qui disparaissant, de sacrifice. Des gens qui disparaissent, il a bien dit ça, tu as bien entendu? Jaehyuk s'était leva, sandwich à la main. Ce type savait des choses, des choses que lui même voulait découvrir. Peut-être savait-il ce qu'il advenait des gens qui disparaissaient, peut-être savait-il où était sa fiancée. Oui, encore et toujours elle... Le Croquemitaine dit que la raison de tout ça, c'était Phoenix. Le jeune homme fit un sourire, il avait surement raison... Il ne pouvait pas vraiment dire le contraire, lui même sombrait dans la folie à cause de cette puce, à cause de ce poison qui s’immisçait un peu plus en lui chaque jours.

On avait tiré sur ce type étrange, la balle avait traversé sa poitrine, mais il tenait toujours debout, il demandait même si les puces pouvaient vaincre un immortel. Jaehyuk laissa tomber son casse-croute, avant même que le sandwich touche le sol, il disparut dans un nuage de fumée.

Retour au Colisée, où ce qu'il en restait. Il était apparut tout en haut, loin derrière le Croquemitaine. Depuis les caméras, on pouvait le voir en petit, très loin derrière. Entrée pas trop remarquée, quoique... Un homme qui apparait comme par magie, ça passe rarement inaperçu. Il sauta alors dans le vide, les mains en avant pour disparaitre de nouveau. Il se retrouva alors face à cet immortel, le saisissant par les épaules pour l'emporter dans son élan et le faire tomber des décombres. Les deux roulèrent dans les gravats avant de s'arrêter en bas, sur le sol froid. Loin des caméras, loin de la sécurité, il pourrait lui parler, lui poser des questions. Si cet être étrange acceptait bien de lui répondre... C'était surement la pire idée qu'il avait jamais eut, mais c'était trop tard pour changer d'avis. Pas de retour possible, à toi de poursuivre à présent. En espérant te voir souffrir et mourir.

"J'ai plusieurs questions... Ceux qui ont disparut. Que deviennent-ils? Où sont-ils? Sont-ils encore en vie?"

Ses battements de cœur s'accélérèrent, il savait que le Croquemitaine avait surement les réponses à ses questions, que cet être pourrait lui dire où la trouver, savoir si elle était toujours en vie ou non... Ce monstre aux yeux de tous était en fait sa seule lueur d'espoir de la retrouver.



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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Sam 15 Sep - 19:43


Quelques jours auparavant, au seuil d'une tranquillité ravagée par la main destructrice du chaos naissant.

« Vous y croyez vous ? Le Croquemitaine serait l'investigateur de ce foutoir ? »

Ses yeux se braquent, dans une expression mauvaise. Il crache sur les suppositions esquissées, arrache la peur lisible dans leur appréhension étouffante, elle déborde de leur visage à la stupeur ineffaçable. Silencieusement reviennent ses débordements de rage, insondables. Son univers honteusement ébranlé par les créatures rampantes et visqueuses aux mouvements latents, coup décisif dans le combat aux vies humaines emportées. Des rires rauques sortant d'un grain râpeux, sur le ton amer de leur folie titanesque. Les doigts furieux agrippent le vide tout autour, et s'échouent le long d'un corps désabusé. En vain à courir après leur ombre, et n'attraper qu'un fil dans la course folle ; retenu au masque de chair et de sang.

Comme ils le disaient si bien : Gros bordel, immense foutoir, capharnaüm de pistes et d'idées délaissées. Vicieusement les chiens de la justice s'excitent à la recherche du parfait coupable. Et l'ordre est envoyé en l'air, quand les détracteurs attendent hargneux et affamés à la sortie les explications, feignant d'apaiser l'inquiétude polluante d'une foule aux bords de l'emportement incontrôlable.

Son masque faussaire de perfection se craquelle au profit d'une bête assoiffée d'idéaux, assassin des divergences et des actes irréparables pour reconstruire ce qui s’effondre dans les luttes faites de douleur et de désastre.

Inscrites par des lettres de feu, les mots se consument ardemment. L'ancienne nomination effacée, disparue sous la main purificatrice et résolue. Car le crime prend une forme montreuse. L’ineffable demeure en place. Pourtant le silence admis s'échoue contre les parois, s'engorge de colère les poumons prisonniers, l'air infâme entre, ressort, craché et distillé pour prononcer l’ultime sentence de ces mots imprononçables.. Terroristes. Mieux que les autres, ces aveugles guidés, ses sourds emmenés, dans la tourmente d'une souveraineté bienfaitrice des Elus pavanés dans leur siège de velours, lui considère l'existence de cette rébellion comme le fléau responsable dont l'éradication est de plus en plus scandée par un désir agressif de vengeance.

L'homme grand et impérieux pénètre dans le cercle, subjugué par la violence de l'acte, l'absolu est destruction attrapé en plein vol. Quel esprit torturé a commandité l’assaut ? Quand les yeux tournés sur le spectacle, la distraction première englobant les esprits et les soumettant à son dogme, les arrache de cette frivolité, sous une pluie d'étincelles mortelles ? L'échec du puissant, il le rejette comme sa main époussetant son uniforme d'une crasse invisible, réajustant la cravate sans pli, constamment impeccable. Mais tout ceci pue le leurre et la négation d'une défaite mal essuyée. Sa tête qu'il secoue, ses yeux en quête des agents de sécurité perdus dans les décombres, le massacre s'agrandit dans son avancée, son âme hurle blessée et détruite comme ce qu'il reste de l’édifice à peine debout.

L'ombre s'étend, saisit ses poignets et l’entraîne, vigueur instantanée d'un Elu, d'une vérité en éclosion, sur des sentiers impraticables. Il oscille dangereusement, se confond entre les ténèbres et la claeté du jour. Des parasites virevoltent autour en quête d'un festin. Festin des cadavres auparavant dégagés, le sang sauvagement étalé, mélangé à la sueur et aux résidus de cendres tenaces. Même si l'acharnement persévère à tout effacer, rendre secondaire l''événement, la cicatrice d'une mémoire collective s'efforcera à concilier l'horreur, les bruits des détonations, des cris au goût de canons acclamant les plaintes et le désespoir.

« Car tout se lie. Pourquoi vos proches meurent ? Pourquoi tout est mensonge, ici ? N’y avez-vous pas pensé ? Cette idée ne vous a-t-elle pas effleurés ? N’avez-vous jamais connu des personnes qui ont brusquement disparu ? N’avez-vous jamais été tenté de savoir pourquoi toutes les morts, tous les sacrifices, n’étaient liées qu’à une seule chose ? »

La méfiance éclate en murmures diffusés, répandus aux oreilles avoisinantes. L'élu plonge dans la foule, d'un bras vigoureux écarte les indésirables innocents agglutinés, avides des réponses mal-échafaudées. Il a brisé les éclats élevant la vérité et la confiance invisible qu'ils lui avaient confié. Dans un gouffre se sont retrouvés, effondrés toutes les convictions et l'obstination jamais éteinte. Car son seul désir égoïste consiste aujourd'hui à maîtriser les bouleversements d'un monde idéalisé, dans ses paysages surfaits où sa vie n'est qu'abnégation de soi, au profit de l'ensemble et du pouvoir. Et ils disent adieu à l'enfant qui a cessé, arrêté de croire et de déverser devant eux ses larges sourires pourris par trop d'arrogance.

«  Vous fichez quoi ?! Arrêtez immédiatement ce type ! »

Le regard indicible des officiers se tient devant lui. Sa voix a craché l'ordre furieux dans une intervention insoupçonnée, pour que soit stoppé sur le champ le détracté présent sur scène, devenu acteur primordial de cette désastreuse farce.

« Pourquoi feraient-ils ça ? Vous êtes de L 'A.O.C.H.S ? Ce qu'il dit est vrai à propos des puces ? Vous pouvez expliquer cela comment ?  Qui est vraiment cet homme ? »

Ses yeux sont froids, plus aiguisés que jamais et pourfendent d'une colère ostensible, le journaliste. Le ton plus sec et tranchant qu'une lame acérée découle du Sagittaire excédé. Sa main lacère sa chemise, l'incite à ne pas détourner son regard du sien, pour savourer le souffle ardent de sa susceptibilité dirigée contre lui.

 «  N'inversez pas les rôles et foutez-moi le camp ! »

Trop tard Kaze. Ils se retournent pour voir le coupable se faire soudainement emporter. Le compte a rebours a sonné avant que la peur ruisselante ne tombe et s'empare de cette foule.
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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Ethel Primevère
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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Lun 17 Sep - 21:40



ET AU MILIEU DE CE BORDEL PENSANT
une seule question subsiste, depuis quand y'a-t-il des ninjas en ville ?



Elle c’était montrée très sage durant toute la durée de son hospitalisation. Elle n’avait pas gémi quand on lui avait soigné ses brûlures, elle n’avait même pas protesté lorsque l’on lui avait annoncé qu’ils allaient devoir lui opérer les deux chevilles si elle voulait les retrouver en un seul morceau un jour. Elle n’avait pas montré le moindre signe de tristesse quand on lui avait dit qu’elle allait certainement devoir passer les deux prochains mois en fauteuil roulant. Juste un tout petit « Ah bon ? C’est con ça. ». Et puis elle s’était murée dans le silence en contemplant ses deux chevilles maintenues immobiles dans leur plâtre. À quoi bon protester . À quoi bon hurler . Elle ne pouvait même pas s’enfuir à toutes jambes de ce lieu maudit, alors pourquoi opposer la moindre résistance ? Tant qu’elle sortait au plus vite de cet endroit horrible, de cette chambre aux murs blancs entre lesquels elle se sentait oppressée, sur le point d’étouffer. Durant ses dernières journées d’hospitalisation, elle avait été complètement absente. Son esprit vagabondait entre les rires des orphelins, la Terre, les flammes du Colisée… le bloc surgit de nulle part qui lui avait broyé les deux chevilles.

L’accident avait eu lieu il y a quelques semaines, et on venait tout juste de la laisser quitter la citadelle verte. Et pourtant, elle se sentait toujours prisonnière. C’était une sensation étrange, elle n’avait même pas envie de mettre des mots dessus. Durant deux bonnes semaines, elle resta cloîtrer chez elle à lire, écrire et surtout ruminer ses idées noires sur l’accident, l’homme au masque. Mais elle ne se plaignait toujours pas. Bah, deux mois ce n’était rien après tout. Surtout si elle considérait que sur Terre, son rétablissement aurait pris un temps fou et aurait certainement été plus douloureux. A Antalis il lui suffisait d’avaler un petit cachet par jour et la douleur s’envolait. Ses jambes lui semblaient presque légères. Nombre de fois elle avait tenté de se relever, oubliant pourquoi elle rester cloué sur sa chaise, avant de se rappeler que ses jambes n’étaient pas prête de la porter à nouveau.

Finalement, elle était sortie de chez elle, prenant son courage à deux mains. Tant bien que mal elle affrontait le regard des autres, qui avait connu, ne serait-ce que de vue, la jeune femme sur ces deux jambes qu’elle avait été. Et si elle ne pouvait plus marcher ? Ethel n’avait jamais accordé sa confiance aux médecins. Ils mentaient pour la rassurer, ou pire, pour la ménager. À tous les coups, dans deux mois elle ne sera toujours pas capable de marcher. Rageuse de se sentir aussi impuissante, elle accéléra, et continua son chemin vers le colisée. Ethel voulait revoir de ses propres yeux cet endroit où elle avait été blessée, comme pour chercher une réponse à une question qu’elle ne s’était pas encore posé. Plus que la simple envie d’y aller, c’était un véritable besoin qu’elle devait assouvir.

Une fois sur place, elle trouva mieux que sa réponse, elle trouva le responsable. L’homme au masque. Celui qui avait agressé un des dirigeants de la cité sous ses yeux, celui qui avait fait exploser la loge, celui qui lui avait pris ses chevilles. Le Croquemitaine Elle n’avait pas peur. Juste une envie irrépressible de hurler. De se lever, de lui mettre son poing dans la figure. La jeune femme ne faisait même plus attention à lui, il fallait qu’elle trouve Leigh, lui dire que c’est lui qui avait fait le coup, lui l’agresseur. Peut-être qu’elle avait plus peur qu’elle ne voulait l’admettre, la dernière fois elle avait ses jambes pour courir, plus maintenant. Alors elle cherchait la figure de protection que lui avait offerte l’Élue la dernière fois. Mais elle avait beau chercher du regard la chevelure reconnaissable de Leigh, celle-ci restait invisible. Un ordre sec retentit. Ce n’est pas le ton détaché et moqueur que son propriétaire employait habituellement, mais la jeune femme reconnu sans mal la voix de Kaze. Aussi vite qu’elle le pouvait, elle se dirigea vers celui-ci, mais les journalistes lui bloquèrent la route. Pas étonnant, qu’est-ce qu’une salle gamine handicapée comme elle aurait à dire à un Élu ? Mais après tout c’était vrai non, que lui dirait-elle ? « Salut, je viens me mettre dans tes pattes alors que tu as certainement bien mieux à faire. Euh sinon comme tu as pu le deviner cet homme au masque c’est le même qui a tenté d’assassiner un Elu la semaine dernière donc fait gaffe à toi surtout. » Bon sang, pour une fois qu’elle voulait et pouvait se rendre utile, justement elle ne pouvait rien faire. Des cris concentrèrent à nouveau son attention sur le sommet des ruines, juste à temps pour qu’elle voit un jeune homme surgir de nulle part et se jeter sur le Croquemitaine. Depuis quand y'avait-il des ninjas en ville ? Et si ce n'en était pas un, les services de sécurité d’Antalis étaient un peu à la ramasse si n’importe quel citoyen les devançait.

Ethel remarqua alors cet officier qui lui avait prêté sa veste la dernière fois. Doucement elle lui tira la manche, à défaut de lui taper sur l’épaule ou de savoir son nom et en espérant qu’il la reconnaisse, lui demanda :

« Excusez-moi, vous savez si Mlle Raven est dans les parages ? C’est important. »

Et puis elle repensa aux derniers mots qu’avait laissé échapper le Croquemitaine avant de se faire capturer. Phoenix. Le poison. Et s’il avait raison ?


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MORPHÉE TROUVE QUE C'EST CLASSE DE S'APPELER
Erebus Stratos [Liam C.]
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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Dim 23 Sep - 14:09

L’explosion. Les cris de terreur. Le sang.

He stared in disbelief : burned, rotten flesh flying all around him, blood-stained rubbles crashing in the sand, people screaming out loud, as if it could help them staying alive a few more seconds… Was it real ? Or has one of his wildest fantasies just popped up in front of his eyes, dragging him in the dephts of his disturbed mind ? He couldn’t help but feel alive, surrounded by two whimsical children, Despair and Death.

L’odeur de la mort planait dans les lieux. Les flammes s’élevaient gaiement, brûlant les ruines, menaçant les spectateurs. La mort entraine la mort. Juste retour des choses, mine de rien : ils venaient contempler la mort apprivoisée par les autorités. Qu’ils goûtent à présent aux joies de la danse sauvage engagée par la Faucheuse.

Le souffle de l’explosion l’avait projeté à terre. Il avait mal, chacun de ses mouvements envoyait une onde douloureuse à travers son corps. Mais il ne pouvait s’empêcher de sourire, un rictus cruel qui attestait son extase. Il était ivre de la douleur des spectateurs, du sang des innocents, de la peur des citoyens et même de la méfiance des habitants. Il se sentait fort dans son impuissance. Lui, l’Oublié, le fantôme errant de corps en corps, venait de prouver qu’il méritait de vivre. Si cela n’avait pas été le cas, aurait-il survécu face au gladiateur ? Aurait-il échappé quasi miraculeusement aux éclats de roches volant autour de lui ? Voilà bien la preuve qu’il avait raison.

Il se releva douloureusement. Il ne parvenait pas à distinguer quoique ce soit autour de lui, aveuglé par le sable qui jaillissait sous chaque impact de débris et par son masque. Mais le masque, il ne pouvait pas le retirer. Pas encore. Même si personne ne faisait attention à lui, tous obnubilé par leur petite vie. Comme s’ils importaient un tant soit peu à Antalis. Il éclata de rire, tant l’idée lui paraissait risible. Comment des pauvres vermisseaux pourraient avoir un quelconque pouvoir ? Il jeta un regard autour de lui : où était son compagnon d’infortune ? Avait-il réussi à s’en tirer ? Probablement. De toute façon, ça ne le concernait pas. Ils s’étaient alliés par pure nécessité, mais il n’aurait pas hésité à le trahir si le besoin s’en était fait ressentir.

Et il partit, d’un pas qu’il voulait assuré, mais qui au final, n’était rien de plus qu’un boitillement douloureux.


Les jours, les semaines passèrent. Et l’euphorie initiale retomba. Il se mura dans un mutisme sombre, profond, ne parlant que dans son musée. Et encore, uniquement pour donner les directives indispensables au bon fonctionnement de l’endroit. Il ne prenait plus le temps de discuter avec les visiteurs, ni avec ses employés. Même son corps d’emprunt évitait de trop s’agiter face à son humeur violente et taciturne. Et pour cause, Erebus était dans une colère noire. Il remarquait de plus en plus que les citoyens se méfiaient des Elus, qu’ils chuchotaient leur mécontentement, leur agacement… Ils n’avaient rien pu faire pour les protéger. Le Colisée avait explosé, de nombreuses personnes avaient été blessées, une jeune fille avait été enlevée et eux… Eux restaient silencieux, ne laissant filtrer aucune information. On disait même que les Elus pataugeaient. Cela aurait dû le remplir de joie. Oui… mais non. Au contraire.

Il aurait dû être celui qui avait fait vaciller la ville. Lui et lui seul avait le droit de faire tomber l’AOCHS et Antalis. Lui et pas un parfait inconnu.

Il sortait beaucoup plus souvent qu’auparavant. Non pas qu’il ait pris goût aux chemins de balade disséminés astucieusement dans les différentes portes, mais parce qu’il aimait se mêler à la foule et surprendre des bribes de conversations. Il voulait voir à quel point les citoyens se méfiaient. Parfois même, il allait s’installer dans un bar et engageait une conversation à voix forte avec un de ses voisins de comptoir. Attirant l’attention des autres clients, les poussant même à prendre part à la discussion. Distillant la peur dans les cœurs. Discrètement, sans attirer l’attention. En passant, juste comme ça, disparaissant tout de suite après. Et aujourd’hui ne faisait pas exception à la règle. Ses pas le menèrent près du Colisée. Là où tout avait débuté.

Les lieux étaient envahis par les journalistes. Que se passait-il ? Il s’approcha, curieux de voir ce qui provoquait toute cette agitation. Ah les recherches d’indices enfouies dans les ruines d’un lieu qui concentrait toute la barbarie de la ville. Evidemment, comment avait-il pu oublier ? Il s’approcha le plus possible, tentant de grappiller des miettes d’information. Il entendit des murmures, des paroles prononcées par une personne, censée faire partie des autorités compétentes. « Croquemitaine »

Etaient-ils sérieux ? Croyaient-ils vraiment que ce personnage de contes de fées existait ? Et surtout qu’il s’amusait à kidnapper et à tuer des innocents ? Balivernes.

Et il apparut. Le Croquemitaine. Homme masqué qui se dévoile face aux caméras, savourant son triomphe. Alors comme ça, c’était vrai ? Il tourna son attention vers le nouvel arrivant, la curiosité évidente dans son regard.

« Jolis efforts que vous faites pour rassurer la population. Mais ne serait-ce pas plus simple de leur dire qui est exactement à l’origine de tout cela ? Car tout se lie. Pourquoi vos proches meurent ? Pourquoi tout est mensonge, ici ? N’y avez-vous pas pensé ? Cette idée ne vous a-t-elle pas effleurés ? N’avez-vous jamais connu des personnes qui ont brusquement disparu ? N’avez-vous jamais été tenté de savoir pourquoi toutes les morts, tous les sacrifices, n’étaient liées qu’à une seule chose ? Phoenix. Le poison ! Les puces. Pouvez-vous vaincre un immortel ? »

Les mots le frappèrent de plein fouet. Il tourna les talons, ne faisant pas attention à la foule de badauds qu’il bousculait, se retournant juste en entendant la clameur qui s’élevait de la foule : il avait disparu, emporté par un individu, qui semblait avoir surgi de nulle part. Il s’isola dans une impasse. Passant une main agitée dans ses cheveux, il tenta vainement de se calmer. S’il voulait réfléchir correctement…

Hébétude. Rage. Frustration

Il frappa le mur de son poing, de colère et d’impuissance. Merde, ce n’était pas possible ! Le Croquemitaine, ou peu importe son nom, cet immortel, venait de lui voler son rôle. C’était à lui de révéler que la puce était le poison qui gangrenait Antalis. Il se sentait comme un gamin dans une pâtisserie, faisant la queue pour acheter sa friandise préférée et se rendant compte qu’elle venait d’être prise par son pire ennemi. Ennemi qui ne se privait pas pour manger ostensiblement ladite friandise sous ses yeux. Mais il n’était plus un gamin. Il ne se laisserait pas avoir par un type qui avait fait lui-même son malheur, d’après les rumeurs qui circulaient. Nouveau coup dans le mur. Il répliquerait ; violemment. Il le tuerait. Il ne savait pas encore comment, mais il s’arrangerait pour qu’il souffre et qu’il regrette amèrement de lui avoir damner le pion sous le nez.

Il mit les mains dans les poches, de frustration encore une fois et s’apprêtait à rentrer chez lui, lorsqu’il sentit ses doigts s’emmêler à du cuir. Son masque de gladiateur, que faisait-il là ? Il le déplia lentement, observant le tissu grossièrement cousu à l’aide d’une épaisse ficelle. Autant le jeter, il ne lui servirait plus… Toutefois, une idée, totalement démente lui traversa l’esprit. Pourquoi ne pas profiter des remous provoqués par l’Immortel pour déstabiliser un peu plus la Cité ? Pourquoi se battre à la loyale, après tout ? Tout ce qui compte, c’est le résultat. Il ajusta le masque sur son visage, recouvrant par la même occasion sa chevelure blanche, si reconnaissable. C’était complètement fou, il prenait des risques inconsidérés, mais il ne pouvait rester sur une défaite pareille. Il sortit de l’impasse et revint devant le Colisée, attirant les regards quelque peu apeurés de la populace. Le prenait-il pour un complice du Croquemitaine ? Peu importait, au fond. Il se dirigea droit sur les journalistes et prit un des micros, attirant par là leur attention. Les caméras se braquèrent sur lui, les questoins fusèrent. D'un regard, il les fit se taire, avant de prendre la parole. Voix claire et assurée, même si elle leur parvenait quelque peu étouffée.

« Quelle bande de joyeux naïfs vous faites, tout de même ! Avez-vous la moindre once d’intelligente ? Vous acceptez Phoenix, comme cela, les yeux fermés, pour assouvir vos soifs d’ambition et de gloire, sans même vous interroger sur son origine… Ah, j’envie les autorités d’avoir affaire à une bande de moutons dans votre genre. Suivre les instructions les yeux fermés, pas d’esprit critique, rien. Phoenix est le venin qui causera votre perte. Ne croyez pas que ça soit inoffensif. Rien ne l’est ici. Je n’ai qu’une chose à vous dire : vous êtes responsables de votre malheur. Demandez des comptes à l’AOCHS. Ils vous doivent bien cela, après tout. »

Sur ces mots, il lança son micro à son propriétaire, tourna les talons, remarquant au passage la présence de Kaze – le reconnaitrait-il ? – et partit en courant. Passant par les ruelles peu fréquentées, changeant de direction le plus souvent possible, il finit par arriver dans une ruelle vide de tout citoyen. Il reprit son souffle, l’oreille aux aguets. Personne ne l’avait suivi, ou du moins, il était parvenu à les semer. Il enleva d’un geste fébrile son masque et sa veste et les fit brûler. Une fois les cendres éteintes, il les prit et les mis dans sa poche, ne laissant aucune trace de passage. Il reprit ensuite sa route, entra dans le premier bar qu’il rencontra et s’installa au comptoir.

« Un thé au citron, s’il vous plait ! commanda Erebus, calmement.
- Vous avez vu cela ? Vous croyez qu’il dit vrai ? demanda une femme installée non loin de lui.
- Allons, des illuminés, il y en a partout, ma bonne dame. Faut pas croire tout ce qu’on vous raconte ! cria un homme, ayant apparemment un peu forcé sur la bouteille
- Certes, mais là, ça fait beaucoup de coïncidences, quand même… reprit-elle, en tremblant légèrement. Le Croquemitaine, puis le type qui surgit de nulle part et qui l’emmène et l’homme masqué qui parle de la puce… Je suis contente de ne pas m’être fait posée cette saleté !
- Et vous, vous en pensez quoi ? lui demanda le barman, en posant une tasse devant lui. Après tout, ce sont des accusations assez graves contre la puce. Peut-être qu’il n'a pas tort et qu’on devrait manifester. »

Erebus sourit aimablement, but une gorgée de thé et soupira de satisfaction. Objectif atteint.
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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Dim 23 Sep - 17:48






Le gris presque noir. L’incapacité à respirer à pleins poumons. Ce poids sur son dos. Et cette chaleur qu’elle sent passer juste à côté de son épaule. C’est vif et rapide. Comme si l’air était le guide de ce qu’elle perçoit enfin clairement comme des flammes. Et malgré ce picotement qui assaille ces yeux, elle voit où elle est : au bord d’un précipice, véritable brasier alimenté par l’appel d’air. Au cœur de cette danse rougeoyante, elle reconnaît les gradins qu’ils surplombaient fièrement il y a quelques secondes. Ou bien était-ce il y a quelques minutes ? Quelques heures ? Non, impossible. Mais le sol s’effrite sous son bras et elle veut se lever, mais c’est encore impossible. Ce poids qui respire est bien trop lourd. Elle tourne la tête et aperçoit la jeune fille blonde, inerte, les jambes ensevelies.

    Hé ! Vous m’entendez ? Réveillez-vous !


Le grognement est perçu comme le réveil de l’agent. Et son dos s’allège finalement, lui permettant de se relever.

    Crétin ! Ce n’était pas moi qu’il fallait protéger, mais elle ! Je vous l’ai pourtant déjà dit. Si vous ne savez pas obéir, vous n’avez rien à faire dans cette organisation !


L’énervement accélère l’étranglement, la suffocation. Et au final, elle se rend compte elle-même qu’elle s’acharne pour rien, simplement confuse par cette situation trop improbable. Même l’agent ne rétorque rien.
Et tous deux prennent enfin conscience de leurs blessures.
Lui, ses côtes fêlées et son poignet brisé. Elle, les brûlures qui courent de son épaule à son avant-bras gauche et la pointe en bois enfoncée dans sa cuisse droite. Un morceau de décor arrivé d’on-ne-sait-où qu’elle arrache difficilement, avant d’improviser un garrot.
Et tous deux toussent à nouveau, manquant d’air pur.

Leigh ne peut retenir les tremblements intempestifs de son corps qui la fait souffrir. Mais elle ne dit plus rien, attendant que l’agent confirme… Oui, elle respire encore. Le témoin. Celle qui n’aurait jamais dû être là. Ethel est encore en vie. Et d’un commun accord, ils s’attèlent à la tâche. La sortir de là et d’abord, dégager ses jambes…
Les gestes sont lents, mais efficaces. Plus aucun mot n’est échangé, pas même lorsque l’Élue se demande si il sera en mesure de portant la jeune fille. L’homme se contente d’endurer et transportant l’enfant si innocente jusque-là.
Et la progression vers l’extérieur est tout aussi lente. Dire que si elle n’avait pas eu sa puce, ils n’auraient jamais pu franchir la porte blindée qui les avait pris au piège dans cette loge. Utilisation primaire du don « électromagnétique » de Scorpius, leur tombeau infernal s’ouvre avant de disparaître dans les abîmes du brasier incandescent.

Et l’échappée se fait ainsi. Le spectacle des gens effrayés qui se piétinent les uns les autres la bouscule. Et la lumière de l’extérieur du Colisée l’aveugle.

Il fait noir. Elle vient de tomber.
La texture du tapis entre ses doigts. Elle lève les yeux immédiatement. L’Élue aperçoit « 04h23 » sur la table de chevet. Encore ce rêve. Comme si l’avoir vécu ne suffisait pas, elle revit ces instants en rêve. Et en tombe du lit à chaque fois. Elle se redresse péniblement pour s’asseoir et s’empare du verre d’eau qui l’attend comme toutes les nuits à cette même heure. Soupir blasé, une main s’échoue sur le bandage de sa cuisse qui l’incommode toujours autant. Même chose pour ce bras engoncé dans un bandage similaire. Son épaule est encore douloureuse parfois, certainement parce qu’elle a arrêté le traitement médicamenteux un peu tôt. Mais qu’importe. L’Élue se lève et se prépare déjà pour le travail qu’elle abattra, plus redoutable que jamais. Surtout qu’aujourd’hui, on l’autorise enfin à retourner sur place…

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Toujours ces élégantes tenues, à une exception près cette fois : les talons haut ont été abandonnés au profit de bottes de chantier qu’on lui a fournit pour les circonstances. Et même si pour l’instant, elle se contente de lire les rapports qu’on lui transmet au compte-goutte depuis la tente des officiers, elle ne tarde pas à fouler ces décombres… l’oreille attirée par ce « Chef, on a peut-être quelque chose ici ! »

Mais entre les « vous ne devriez pas trop vous aventurer en dehors de la zone sécurisée » et les regards compatissants qui glissent sur ses bandages, L’Élue les ignore tous et passe le barrage des subordonnés zélés… Trop occupés à la traiter avec des pincettes au lieu de s’affairer à leur tâche.

Elle s’apprête à rejoindre l’officier qui s’adresse aux journalistes, mais la traversée est chaotique, glissante. Et l’acteur principal fait son apparition, la stoppant dans son élan. Discours théâtral qu’elle a en horreur. Infamies intolérables. Il parle, effraie et profite des craintes étouffées, de la méfiance qui naît dans la population. Mais au final, il n’a aucune preuve à montrer. Ridicule et abjecte !
La balle tirée. Sa provocation. Elle tend le bras vers lui et se dit qu’il n’ira nul part. Qu’il soit immortel ou non, il peut être enfermé éternellement. Et malgré la distance, le plomb en lui assure de pouvoir l’attirer jusqu’à elle et les autres officiers qui se précipitent dans son sillage. Mais non. Il part en fumée, enlever par un autre. Sa cible disparaît et l’agacement se transforme en colère qu’elle a du mal à renfrogner.
Les hommes qui se sont arrêtés à sa hauteur, pris par surprise, semblent trop immobiles à son goût. Et une voix qu’elle reconnaît résonne depuis la foule. Et elle l’appuie, sans élever la sienne.

    Vous avez entendu Sagittarius ? Alors obéissez. Ne nous faites pas répéter.


Les ordres sont intégrés et les officiers se mettent en mouvement.
L’altercation entre son collègue et un journaliste ne passe pas inaperçu. Hypnos si froid et calme d’ordinaire ne semble plus répondre de lui. Une autre facette de sa personnalité qui se dévoile ? Ou bien est-ce là une réaction normale ? Une réaction qu’elle devrait avoir ? Bien qu’elle aurait certainement cédé à la violence si elle avait réussi à attraper ce Croquemitaine hideux… Leigh se dresse plus distante que jamais avec ses sentiments.
Mais rejoindre son acolyte est une évidence et elle préfère faire le tour de cette horde de gens suspicieux. Pendant son lent détour, la vision de ces deux personnes l’ébranle un peu. Mais immanquablement, elle s’en approche. Les prunelles brunes et tendres s’égarent rapidement sur l’homme qui semble complétement rétabli… puis s’échouent plus bas.

    Bonjour Ethel... Tu as l’air… amaigri. Est-ce que tes soins se sont bien passés ? Je pensais avoir fait le nécessaire pour qu’on prenne soin de toi. Tu avais mon numéro, tu aurais pu m’appeler.


Une main tombe sur la tête de la jeune fille, douce consolation. Puis l’Élue remonte sa jupe pour mieux se plier à sa hauteur et lui murmurer quelques mots loin des oreilles distraites qui ont reconnues Scorpius. Elle ne cherche qu’une confirmation à l’évidence. Alors elle demande quand même.

    Cet homme... Le Croquemitaine. Est-ce que c’est…
    Quelle bande de joyeux naïfs vous faites, tout de même ! Avez-vous la moindre once d’intelligente ? Vous acceptez Phoenix, comme cela, les yeux fermés, pour assouvir vos soifs d’ambition et de gloire, sans même vous interroger sur son origine… Ah, j’envie les autorités d’avoir affaire à une bande de moutons dans votre genre. Suivre les instructions les yeux fermés, pas d’esprit critique, rien. Phoenix est le venin qui causera votre perte. Ne croyez pas que ça soit inoffensif. Rien ne l’est ici. Je n’ai qu’une chose à vous dire : vous êtes responsables de votre malheur. Demandez des comptes à l’AOCHS. Ils vous doivent bien cela, après tout.


Interruption désobligeante. Elle n’en tolère pas plus. Et ce nouvel affront semble tout aussi intolérable pour les officiers qui n’attendent même pas les ordres pour une fois. Une nouvelle poursuite engagée. Les effectifs se dispersent, alors que Scorpius se rapproche. Abandonnant le témoin à la garde de l’agent, à nouveau sans un seul mot… Du moins jusqu’à atteindre Hypnos et forcer le passage entre le journaliste et lui.

    Effectivement. … Peut-être que nous avons une part de responsabilités dans ce qu’il s’est passé. Oui. Peut-être devrions-nous revoir le système d’inscription au programme Phoenix et ne plus laisser quiconque le désirant obtenir cette puce. Peut-être devrions-nous revenir sur cet aspect… Où nous traitions tout le monde avec égalité et respect, en vous donnant -peut-être naïvement- la liberté de faire votre propre choix. Car oui. Tout le monde, sans exception peut obtenir la puce puisque nous avons pleinement confiance en chacun de vous.


Discours non-autorisé. Quitte à en découdre avec ses supérieurs et à ne plus être acceptée par les siens. Elle ne regrette pas cette prise de parole. Et même si elle ne force pas sa voix pour que tous entendent, elle continue.

    Mais peut-être que nous devrions faire des sélections. S’ingérer dans votre vie et celles de vos proches pour vérifier votre santé mentale, mais aussi… afin d’éviter que les esprits malades ne se fragilisent un peu plus sous l’effet d’une capacité, d’un don qui ne leur conviendrait pas. Oui, nous devons être plus prévenant et attentionné. Et pour que cet acte terroriste, volontairement et injustement violent, ne se produise plus jamais, nous devrons revoir certaines choses. C’est évident. Mais n’oubliez pas qu’au cours de cette tragédie, des vies ont été sauvées grâce à Phoenix. Tuer puis accuser sans preuve, c’est trop facile…


L’amertume se glisse au fond de sa gorge et plus aucun mot n’est lâché, bloqué. Elle ne peut plus parlé, n’a rien d’autre à ajouter et souhaite qu’un autre la libère de ce poids qu’elle s’est incombé. Le cœur tressaille, mais le visage déterminé s’affiche, rassurant et timidement souriant. A-t-elle apaisé les esprits ? Elle en doute encore, puisque le sien tremble toujours.





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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Dim 30 Sep - 20:37





Les heures défilent sur le fil ;

acéré d'un marionnettiste invisible.






Voici le nouvel Elu, le désigné qui prononcera la sentence finale. Le commencement de cette fin prévue depuis le début. Il n'a pas la fierté de ces imbéciles pour s'encrer dans cette stupide appellation. Son sourire s'étire démentiel, s'accroche à ce ciel devenu effrayant qui menace de s'abattre sur leurs têtes interloquées.
Ce terrible spectacle prend en ampleur, sous les expressions abasourdies, terrifiées et silencieuses. Attrapé sans scrupule par le désespoir ayant noyé quelques malheurs, là où la folie impatience les attendant au tournant, prête à les assouvir. Son visage difforme et dévasté par son désir insatiable de revanche se confronte au malheureux mis sur sa route.

Il n'espérait pas pareil rebondissement, attaque, l'immortel lui adresse se sourire fourbe, sans lui répondre pointe les ruines du doigt, aucune personne dans les alentours.

« Là-bas regarde bien. J'y ai laissé un petit cadeau. »

Sa main caresse sa blessure. Voilà qu'il rit doucement, sans sentir cette douleur à la poitrine, le démon de fer enfoncé dans ses entrailles. Son regard moqueur qui ne trahit rien. Si c'était le cas, c'était passager, car il était maudit, le temps s'était arrêté pour lui et il ne restait rien, si ce n'est ce flot d’amertume le pourrissant pour n'avoir jamais eu d'autres choix que de se laisser guider vers une route sans issue. Maudite... Mais, leur joug dégringole à ses pieds.

« Tu trouveras ce que tu cherches, la porte qui les retient prisonniers.. »

Le nécessaire requis pour les faire avancer. Document confidentiel ; la carte qui les mènerait aux tombeaux des condamnés, des proies de Phoenix. Nyx cette prison qui les enfermait depuis une éternité, pendant qu'ils attendaient. Oubliés.

« Maintenant, pousse toi de là.»

Son partenaire surement à l'affût de l'indice dissimulé dans les ruines, il sent l'étreinte moins ferme au-dessus de son corps. D'une main féroce, repousse l'assaillant en arrière pour s'en éloigner à nouveau debout sur ses jambes. Le monstre si longuement désigné, ne lui souhaite pas du courage pour s'entretenir avec l'enfer qui s'ouvre à ses pieds...

Il tient un objet étrange sortit d'une de ses poches. Un nuage de fumée se forme au moment où il le laisse tomber à terre, pour ainsi disparaître hors de portée de l'inconnu et des prochains protagonistes à l'oeuvre. Satisfait, il avait accompli sa tâche pour cette partie. Il ne lui restait plus qu'à observer. Leur tour s’annonçait. La révolte devait s'abattre sur ceux qui avaient gardés trop longtemps en main les fils et les faisaient impitoyablement danser, jusqu'à l’épuisement, jusqu'à ce qu'ils n'aient plus rien à donner, si ce n'est un souffle, la vie en échange d'une citée éternelle et prospère. Mensonge qu'il lui fallait détruire.
Et il attendait maintenant, parmi tout ce chaos, l'organisateur...l'unique objet de sa vengeance.

...Viens donc.

Gemini.



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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Lun 1 Oct - 14:26






Je construis; vous détruisez.

Gardez vos âmes loin de ma rancœur



Votre monde est à feu et à sang, vos préceptes s’envolent ; Je suis l’ordre, je suis le monde. Prosternez-vous devant ma toute puissance.


Son royaume s’effondre, sous ses yeux à la fois éberlués et curieux. Ses marionnettes bougent de plus en plus sous les fils, les tranchent de mots coupants, les brisent de gestes déplacés. Il sent la tension qui s’accumule, explose et les libère et ses poings se serrent. Dans son trône de fer et d’airain, dans son esprit cloisonné à ses seuls objectifs, Gemini ne peut que revendiquer une faute commise dans sa précipitation à changer les choses.

Ses chères poupées se rebellent, montrent les crocs et n’attendent rien d’autre que sa punition divine pour se plier à nouveau, ployer, sans relâche, sous ses coups ravageurs.

C’est pour le bien du monde, pour l’espoir de tous. Ils doivent chercher, trouver. La terrible bataille, les luttes à venir. Pour que s’ouvre à eux l’éternité.

« Allons-y. Le peuple n’a que trop été blessé par les vérités. Soignons-les, une fois de plus. »

Sa voix est un murmure lent, qu’on s’adresse à soi-même. Il se sent incomplet parce qu’il l’est, en un sens. Mais Antalis n’attend pas.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Quelques mots, murmurés à son oreille. Il s’est introduit avec calme dans les labyrinthes pour se glisser en hauteur, pour être certain qu’une fois qu’il sera visible aux yeux de tous, la lumière l’éclairera, lui seul. Un compte rendu rapide, sa tête hochée, ses dents qui se serrent.

Il aurait été mieux d’écraser ces insectes rampants, ces fauteurs de troubles aux allures d’humains. Monstrueux, jusqu’au bout. Ils poussent à la vérité, à la ruine, alors qu’ils ont fait leurs propres choix. N’y a-t-il que les monstres qu’ils créent eux-mêmes pour les arrêter ? N’y a-t-il que les voix futiles de ceux qui croient savoir mais qui se leurrent, toujours.

Lumières.

« Vous troublez le repos de ma cité. »

Sa voix résonne, amplifiée. Dans le silence qui se fait progressivement, tous peuvent voir la longue silhouette, habillée d’un bleu azur, le visage dissimulé. Seule sa bouche semble visible, incurvée en un sourire amer. Il semble ressentir la souffrance de ce désordre, regarder tout ce bau monde réuni avec la douleur de quelqu’un qui assiste à leur déchéance. C’est vrai, en un sens et ses yeux perçants, cachés à leurs regards, parcourent toutes les têtes qui se sont tournées vers lui. Confuses. En attente de réponses.

Gemini est là pour leur répondre, après tout.

« Je suis Gemini. Je suis celui à cause de qui tout a commencé. Je suis donc celui qui mettra fin à tout ce désordre. »

Il s’empêche de tourner la tête vers les responsables. Il les connaît, trop bien. Il se sent comme un auteur dont les personnages échappent au contrôle, qui regarde les écrits se faire seul, noircir les pages et les ensanglanter. Sa propre œuvre. Qu’il se fera un plaisir de briser.

« Vous confondez miracles et sacrifices. Vous nous tenez responsables de vos malheurs quand ils arrivent mais vous refusez de reconnaître notre aide quand vous êtes heureux. Si Antalis existe, c’est pour ses élus. Si Antalis vit, c’est grâce à eux. Si vous êtes réunis, là, aujourd’hui, si vous pouvez encore vous abreuvez d’un souffle de vie, c’est grâce à Phoenix. Ainsi, vous êtes prêts à croire ceux qui se terrent, qui ne se manifestent que pour cracher leurs venins, alors que chaque jour, nous vus ouvrons les portes du pouvoir ? » Il secoue la tête, las, émet un rire. Sec, amer. « Il implique des conséquences. Des responsabilités. Toute victoire implique des sacrifices. Et toute perte de contrôle implique une exagération. Ceux qui se sont brûlé les ailes ont outrepassé leur statut d’humain. Ne pouvez-vous pas l’accepter ? »

Sa voix se fait plus puissante. La colère en lui est glacée, contrôlée. C’est la vision d’un homme qui n’en est plus vraiment un, qui regarde ses plans contrariés par la bêtise humaine. Mais il est temps, encore, toujours. Son sourire s’agrandit. Cruel.

« Vous devrez le faire. Antalis n’aura d’autre choix que de se soumettre à Phoenix. Vous êtes là pour cela, tous, sans exception. Acceptez-la en votre sein. Il ne tient qu’à vous d’en contrer les effets, d’en prendre le meilleur pour vous empêcher de sombrer. »

Il s’incline, légèrement, glisse quelques mots avant de s’effacer, loin du tumulte.

« Je suis Gemini. Et je suis là pour graver en vous le renouveau. Votre destruction ne dépend que de vous, l’A.O.C.H.S. vous offre simplement les moyens de gagner. »

Et de sombrer. De laisser le néant se repaître de leurs corps, de leurs esprits. Pour que s’ouvrent les portes.






EXPLICATION; Ce post marque la dernière intervention "officielle". Les membres peuvent poster à la suite pour conclure leur investissement personnel dans celui-ci. L'objet obtenu grâce au Croquemitaine devra rester secret pour cet arc mais prendra une importance capitale par la suite. Merci donc de vous contenter d'en parler et de ne rien tenter à ce sujet!

Et rendez-vous pour la suite ♫
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Jaehyuk Kang
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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Mar 2 Oct - 23:17



Le Croquemitaine souriait, content d'avoir obtenu les questions qu'il voulait qu'on lui pose. Du moins, c'est ce que pensait Jaehyuk, mais il n'était pas dans sa tête et ne pouvait deviner ses intentions. Le monstre, l'immortel, leva la main et pointa du doigt un endroit quelconque pour dire que tout était là bas, qu'il y avait laissé un cadeau. Un piège ou la vérité? Devait-il l'écouter? Le jeune homme l'ignorait... Puis le monstre continua, disant qu'il trouverait ce qu'il cherche, la porte qui les retient prisonnier! Ainsi, elle était bien prisonnière, elle était bien toujours en vie et ici, cachée des yeux du monde! Il sentit une bouffée de chaleur monter en lui, il sentait l'espoir et le bonheur revenir dans son être alors qu'il avait crut avoir perdu la possibilité de sentir de tels émotions depuis des années. Le Croquemitaine le repoussa alors sans ménagement, mais le jeune homme se moquait bien du reste. Obnubilé, je ne vois pas quoi dire d'autre. Sans attendre, il avança vers les décombres, cherchant ce cadeau, cette porte ou le moindre indice. Mais il ne voyait rien, il ne trouvait pas ce qu'avait sous entendu le monstre.

Une voix s'éleva alors dans tout le bâtiment. Une voix étrange à faire froid dans le dos. Encore un autre monstre si tu veux mon avis. Gemini, un être qui à l'écouter se prenait pour dieu, une créature qui disait que tout avait commencé par lui et se terminerait avec lui. S'il voulait mourir et emporter tout le monde avec lui, qu'il fasse, cela n'empêcherait pas Jaehyuk de continuer de chercher sans répit, qu'importe les dangers, il les affronterait et survivrait! Il parlait de victoire, de sacrifice, disant que si les gens vivaient encore c'était grâce aux élus et pour les élus, comme cette cité existait uniquement pour eux. Mais qui étaient vraiment les élus? Lors de sa vie sur terre, il avait reçu une invitation de ce monde, Antalis, lui disant qu'il avait été choisit ainsi que elle, à aller vivre ici dans cette cité. Ainsi, ils étaient eux aussi des élus choisit pour venir à Antalis mais les élus n'étaient pas plutôt ces monstres, ces soldats qui faisaient régner la lois ici? Les membres de l'A.O.C.H.S.? Justement, ce Gemini parlait de ce groupe, disant qu'ils offraient le moyen de gagner. Gagner quoi? Et surtout: contre qui?

Alors qu'il soulevait des gravats pour trouver un indice, il entendu des bruits de pas derrière lui. Le Croquemitaine revenait vers lui? Mécontent de voir que Jaehyuk ne trouvait rien à cause de ses énigmes? Le jeune homme se tourna lentement et là, il vit des soldats qui le menacèrent de leurs armes. Tu pourrais commencer par gagner contre eux non? Après tout, "Phoenix est là pour vous sauver" alors utilise ce don incroyable dont l'A.O.C.H.S. a bien voulu t'offrir. Cette voix dans sa tête... Elle semblait encore plus cynique et excitée que d'habitude, mais qu'importe, il devait réagir. L'un des gardes arma son fusil et tira. La balle ricocha contre la pierre après avoir traversée un nuage de fumée. Un coup du tranchant de la main assomma le garde, lui arrachant son arme des mains dans la foulée alors qu'un autre garde lui tira dessus. Jaehyuk disparut de nouveau, réapparaissait ici puis là, se contentant d'apparaitre, de tirer avec le fusil et de disparaitre ou simplement d'attirer un garde. Des rafales de coups de feu résonnèrent, les gardes s'étaient entretués ou simplement fait tués et Jaehyuk était au centre de ce massacre, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Alors? Que ressens-tu? Il passa le revers de sa main sur ses lèvres pour essuyer l'écume qui y coulait.

"Tuer une innocente dans un moment de folie... Est bien pire que de tuer pour protéger sa vie... Je n'ai plus le temps pour les remords. Que la folie me consume je m'en moque du moment que je la retrouve! Et je te prierai de bien vouloir la fermer pour ne pas me déconcentrer!"

Comme tu voudras, mais sache que je serai toujours là, au fond de toi, prête à te donner conseil ou simplement à commenter tes erreurs. Il jeta l'arme au sol et se tourna pour retourner à l'endroit où le Croquemitaine avait pointé le doigt. Il ni avait rien! Il sentait la frustration et l'agacement, il voulait retrouver cet immortel et le frapper jusqu'à ce qu'il avoue tout ce qu'il savait. A part un chemin qui menait dans les restes du Colisée, il ni avait rien! Et ce chemin ne le mènerait surement pas à sa fiancée... Il soupira une fois encore puis s'engouffra dans les ruines en espérant y trouver un indice même s'il n'y croyait pas vraiment... Malgré tout, il était persuadé que le Croquemitaine lui avait indiqué ce qu'il cherchait et où chercher... Il devait donc le trouver avant les gardes et avant les élus mais surtout: pouvoir s'enfuir une fois ce qu'il cherchait trouvé.

Alors qu'il courait dans un couloir sombre, il entendait des bruits de pas au dehors; d'autres gardes arrivèrent et ils avaient dut trouver leurs collègues morts. Il se colla au mur, la respiration saccadée pour reprendre son souffle et surtout écouter. A peine plus loin, le couloir s'était effondré laissant une large pièce à ciel ouvert. Il s'y déplaça lentement l'oreille aux aguets. La, il trouva sur le sol un bout de papier délicatement plié et laissé ici bien en évidence. C'était donc ça le cadeau? C'était donc ça ce qu'il avait laissé ici? Sans chercher d'avantage, il se rua sur le papier au sol, le ramassa et fit volte face. Un garde avait surgit du couloir et avait déjà levé son arme vers lui alors qu'il mettait le papier dans sa poche.

Un coup de feu retentit. Jaehyuk recula, se tenant le ventre en grimaçant. Il n'avait pas réussit à se téléporter, son don faisait encore un caprice, une fois de plus. Le soldat visa de nouveau avec l'objectif de mettre une balle entre les deux yeux au fugitif. Le regard du jeune homme se fit plus dur, plus froid. Sa mâchoire se contracta, son esprit était résolu à utiliser son don, à vivre. Un second coup de feu résonna dans le Colisée. Cette fois-ci, la balle traversa de la fumée. Deux mains agrippèrent, une sur la mâchoire du soldat, l'autre sur le coté de sa tête. L'une des mains était couverte de sang. D'un geste brusque, le musicien ou du moins ce qu'il en restait, brisa la nuque du soldat, laissant son corps tomber sur le sol dans un bruit sourd. Il leva alors les yeux au ciel.

"Le Croquemitaine... Gemini et maintenant ce papier... Mais ne t'en fais pas, j'arrive..."

Elle ne t'entend pas Jae et tu le sais. Il baissa la tête, ne chercha même pas à contredire cette voix dans son esprit. Il disparut alors dans un autre nuage de fumée.



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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes Jeu 4 Oct - 18:18

Kaze Hazama est là, ne sait pas, ne sait plus. Quand sous ses yeux se dessine l'entité indispensable de la citée. A mieux s'arrêter, stopper ces élans répressifs, contre lui et ceux qui s'y opposent, réclament vengeance et profèrent des blasphèmes sur l'Elite à la fois respectée et cause d'appréhension. Son atienne demeure intacte, immobile face au consensus des mots psalmodiés.

Par-dessus cette demeure imprenable aux multiples brèches subsiste l’immunité obtenue. La croyance immuable contre les déchéances et proclamations vociférant, proclame la détention, le gage d’une protection, rang qui le rend intouchable. La vérité éclate en portion d’oripeaux laissés à la vue des avides et ambitieux, recouvrant le tombeau des pâles espérances. Il ne reste des somptueuses draperies que les haillons ternes, au visage, la mine défraîchie et les joues blêmes.

Violences sonores des spectres remontés à la surface confrontés aux éminences, elles descendues du haut de ces colonnes de glace émergeant, cœurs insondables et souffle coupé, écrasé sous le poids du jugement, silencieuse infamie des lois affables, dont l'empressement pèse sur les consciences, piqûre épidermique et puissant anesthésiant. Calmez votre rage, calmez vos passions. Rompez à présent.

La pluie de marbre se repend sur les terres abattues, brûlées et décimées où retrouvées au rang de pourriture et chair à canon, ces courageuses ; la nécessité et l'altruisme couplées à l'utilité agonisent proprement dans la flaque sanglante de leur propre sacrifice, et murmurent un dernier râle en signe de rédemption.

Et il attrape l'outil maudit, débute par des gestes monotones et indifférents le labeur servile et soumis, celui qui consiste à murer toute les tentatives rebelles jusqu'aux marques de bonté et d'empathie, au fond de leur caveau, il annonce leurs tristes funérailles, ferme et scelle définitivement la plaque dont les ombres inquiétantes ne se dérobent plus sous ses pas vaporeux.

« Puisque qu'il en est ainsi... »

Dans ce décor chaotique, il croit s'adresser au premier allié des environs. La chevelure aux tons carmins, couleur chaude et accueillante souligne à nouveau le contraste de cette froideur éternelle peinte sur ce minois mutin. Tous factieux protagonistes lui compris cessent d’interagir, repus par leur trouble, la peur engorge leur pensée, restreintes devant les paroles caustiques des révélations glacées.

Il cesse immédiatement d'être humain. L'automate commandé réajuste ses membres, se redresse lentement. Hypnos recouvre la place, observe visage fermé, avant de s'éteindre puis s'éveiller au moment de leur convocation.
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MessageSujet: Re: ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes

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ACTE II ; A mes pieds s'écraseront vos certitudes

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